‹ Les moines d'OccidentChapitre 11 sur 113 · Tome H, livre vu, chap · texte numérisé non relu

Tome H, livre vu, chap

célèbres d'entre ces missionnaires, Tugdual, Samson, Malo, Paul Àurélien, s'étaient formés dans les monastères cambriens, d'où étaient sortis aussi pour les accompagner au delà des mers l'historien Gildas et le barde Taliesin. L'Irlande avait recueilli dès les premiers jours de sa conversion une émigration semblable. La plupart de ces pieux et intrépides missionnaires revenaient, une fois au moins dans leur vie, revoir le pays d'où ils étaient sortis, et ils y amenaient des disciples nés dans les autres pays celtiques, mais avides de reporter aux foyers si chers et si menacés de la Bretagne insulaire la lumière et la ferveur qu'ils en avaient reçues1. De là cette singulière conformité de noms propres, de traditions, de miracles, d'anecdotes, entre les légendes des trois pays, conformité qui a souvent dégénéré en inextricable confusion.

Ce qui, du reste, imprime un caractère uniforme p^,^ • et très-reconnaissable à tous les saints moines d'ori- m0inesœuiques gine celtique, c'est leur goût effréné pour les ies™£g«*. voyages lointains et fréquents, et c'est un des points par lesquels les Anglais modernes leur ressemblent le plus. À celte époque reculée, au milieu des invasions barbares et de la désorganisation locale du monde romain, par conséquent en présence d'ob-

1 . Sicut hiemale alvearium , arridente vere, animos extollens. .. atiud foras emittit examen, ut alibi mellificet, ita Ix.avia (vieux nom de rArmorique),accrescente"serenitate re!igionis,catervam sanctorum ad origrinem unde exiemnt, transmitlit... Vit. S. Pjterni, ap. Rees, Cambro-BrUish saints.

Légendes identiques

des trois ptys.

Kentigern

fondateur

de

Saint-Asaph.

stacles dont rien dans notre Europe actuelle ne peut donner la plus légère idée, on les voit franchir des distances immenses et, à peine revenus d'un pèlerinage laborieux, le recommencer ou en entreprendre un nouveau. Le voyage de Rome ou même de Jérusalem, qui se retrouve dans la légende de presque tous ces saints cambriens ou irlandais, semble n'avoir été pour eux qu'un jeu. Saint Kentigern alla jusqu'à sept fois de suite à Rome1.

Ce Kentigern, que nous retrouverons plus loin évêque .missionnaire chez les Scots et les Pietés méridionaux, passe pour être né d'une de ces unions irrégulières qui signalent les désordres domestiques ou les abus de la force chez les chefs et les grands du pays, et que Ton retrouve si souvent dans les annales de l'hagiographie celtique*. Il n'en fut pas moins un des principaux personnages monastiques de la Cambrie, où il fonda, au confluent de la Cluyd8 et de l'Elwy, un immense monastère, peuplé de neuf cent soixante-cinq moines, dont trois cents illettrés cultivaient les champs, trois

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