‹ Les moines d'OccidentChapitre 15 sur 113 · Numqtiid more boum plaustra gestare valemus · texte numérisé non relu

Numqtiid more boum plaustra gestare valemus

sainte avec celles des auteurs anciens et des gloses plus récentes.

Parmi les nombreux élèves qui s'y pressaient, les uns pour y suivre pendant le reste de leurs jours la vie cénobitique, les autres pour y faire seulement leur première éducation, se trouvait maint fils de chef ou de roi, comme l'était Cadoc lui-même. C'est à eux qu'il adressait des instructions spéciales, résumées dans ces deux paroles, qu'un prince du nord de la Cambrie se rappelait, longtemps après, avoir entendues de sa bouche : « Souviens-toi que tu es un homme. . . « Il n'y a de roi que celui qui est roi de lui-même1. »

C'était principalement sous la forme de sentences en vers, d'aphorismes poétiques, que Cadoc aimait Aphorismes à résumer les enseignements donnés aux élèves du de cadoc. cloître de Llancarvan. On lui en attribue un grand nombre, restés dans la mémoire des Gallois et rc- . mis en lumière par l'érudition moderne. En voici quelques-uns qui, pour avoir été enfantés dans un cloître breton du sixième siècle, sous le coup des invasions saxonnes, et si loin des sources de la sagesse et de la beauté classique, n'en sont pas moins faits pour intéresser et toucher :

La vérité est la fille aînée de Dieu.

Sans lumière rien de bien.

Sans lumière pas de piété. Sans lumière pas de religion.

Là Vil, TE M ARQUÉ, p. 18 i.

DES ILES BKI1 A.VNMJlfcS. 01

Sans lumière pas de foi .

11 n'y a pas de lumière sans voir Dieu.

Voici la même pensée sous une autre forine :

Sans science pas de puissance.

Sans science pas de sagesse.

Sans science pas de liberté.

Sans science pas de beauté.

Sans science pas de noblesse.

Sans science pas de victoire.

Sans science pas d'honneur.

Sans science pas de Dieu.

La meilleure des attitudes est l'humilité.

La meilleure des occupations, le travail.

Le meilleur des sentiments, la pitié.

Le meilleur des soucis, la justice.

La meilleure des peines, celle qu'on se donne

pour faire la paix entre des ennemis.

Le meilleur des chagrins, le chagrin d'avoir

péché.

Le meilleur des caractères, la générosité.

Le poëte s'y retrouve à côté du théologien et du moraliste :

Nul n'est tils de la science, s'il n'est fils de

la poésie.

Nul n'aime la poésie sans aimer la lumière; Ni la lumière sans aimer la vérit é;

Ni la vérité sans aimer la justice ;

Ni la justice sans aimer Dieu :

Nul n'aime Dieu sans être heureux.

L'amour de Dieu était donc le but suprême de son enseignement comme de sa vie. Gomme un disciple lui en demandait la définition, il lui dit :

— L'amour, c'est le ciel.

— Et la haine? reprit le disciple.

— La haine, c'est l'enfer.

— Et la conscience?

— C'est l'œil de Dieu dans 1 âme de l'homme1.

Gadoc ne demandait rien aux postulants qui venaient prendre l'habit dans son monastère. Tout au contraire, pour obtenir l'admission, il fallait se dépouiller de tout, même de son dernier vêtement, et être reçu nu comme un naufragé, selon l'expression précise de la règle8. Cela lui était d'autant plus facile, qu'il possédait de Irès-grandes richesses provenant des donations territoriales qui lui avaient été faites par son père* et son grand-père maternel, pénitence Cadoc avait eu le bonheur de contribuer à la

de son père

et , conversion de son père avant d'en hériter. Au fond

a mère. *

de sa mère.

1 . J'emprunte ces citations à celles tirées par H. Waiter et M. de. ia Villemarqué de la collection intitulée : Myvyrian Archeology ofWales, London, 1801-1807, 3 vol. in-8°.

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