‹ Les moines d'OccidentChapitre 36 sur 113 · Wherea lurret's airy head · texte numérisé non relu

Wherea lurret's airy head

O'erlook'd, darkMull! thy mighty souna, When thwarting tides, with raingled roar, Part thy swarth hills from Morven's shore.

Walteb Scott, Lord ofthe Iules, I, 7.

2. Cette colline, la plus haute de l'île, n'a que trois cent vingt pieds d'élévation au-dessus du niveau de la mer.

elles il faut signaler S ta (Ta, si célèbre par la grotte de Fingall, qui n'a été signalée que depuis un siècle et qui, au temps de Columba, surgissait, dans sa majesté solitaire et inconnue, au sein de cet archipel des Hébrides, sillonné aujourd'hui par tant de curieux admirateurs de ces rives échancrées des Highlands et de ces châteaux ruinés de la féodalité écossaise que le grand barde de notre siècle a enchassés dans l'auréole de sa poésie1.

L anse où Columba prit terre s'appelle encore la Baie de la Barque d'osier, Port9 a Churraich; et

1 . On trouvera dans l'Appendice de ce volume les beaux vers deWalter Scott sur la grotte de Staffa. Dans le poëme intitulé : The lard of the lsles, dont la scène s'ouvre dans l'île la plus voisine d'Iona, Scott a tracé un itinéraire poétique de tout l'archipel si longtemps fréquenté par saint Columba; il le fait parcourir par le roi Robert Bruce quand, accompagné de Ronald, le seigneur des îles, il quitte sa retraite insulaire de Skye pour aller délivrer l'Ecosse du joug des Anglais :

With Bruce and Ronald bides the taie To favoring winds they give the sail Till Mull's dark head lands scarce they knew And Ardnamurchan's hills were blue...

... Merrily, merrily bounds the bark,

She bounds before the gale...

The shores of Mull on the eastward lay And Uiva dark and Colonsay, And ail the group of islt-ts gay

That guard fanied Staffa round...

They left Loch-Tua on their lee, And th^y waken'd the men of the wild Tirée,

And the chief of the sandy Coll.

They pause not at Columba's isle, Though peal'd the bells from the holy pile

With long and measured toll...

And verdant Islay call'd her host.

And the clans or Jura's rugged coat

Lord Ronald's call obey, And Scarba's isle, whose tortnred shore

Premier

établissement

du

nouveau

monastère.

l'on y montre un monticule allongé qui représente les dimensions de cette barque, laquelle avait soixante pieds de long. L'émigré ne s'arrêta point dans cette anse, située au midi de l'île; il remonta plus haut, et pour être un peu à l'abri des grands vents de l'Océan, il choisit pour demeure la plage orientale, en face de la grande île de Mull, qui n'est séparée d'iona que par un étroit canal d'un mille de largeur, et dont les plus hautes montagnes1, situées plus à l'est, se rapprochent et se confondent avec les sommets du Morven toujours voilés de nuages.

Ce fut là que les émigrés se construisirent des huttes de branchages, car l'île n'était point encore déboisée comme aujourd'hui8. Lorsque Columba eut résolu d'y créer pour lui et les siens un établissement définitif, les édifices du monastère naissant conservèrent une grande simplicité.

Slill rings to Gorriewreken's roar.

And lonely Colonsay.

Walter Scott, Lord ofthe Mes, cant. vi.

Les puissants dynastes celtiques qui, sous le nom de Seigneurs des îles, régnèrent pendant tout le moyen âge sur les Hébrides, étaient du clan de Macdcnald; leur domination s'étendait sur le district de Morven, qui est le plus voisin d'iona sur la terre ferme.

i. La plus haute montagne de Mull a trois mille cent soixante-dixhuit pieds, tandis que la partie la plus élevée d'iona ne s'élève pas ù plus de trois cent trente pieds.

2. Il est dit que Columba se retirait in saltibus pour y prier. Aujourd'hui les habitants d'iona n'ont pas d'autre bois que celui provenant des bâtiments naufragés que la mer jette sur la plage. — Voir dans l'Appendice n° 1 quelques notes sur l'état actuel d'iona.

Comme dans toutes les constructions celtiques, des claies d'osier ou de roseaux, soutenues par des pieux allongés, en formaient l'élément principal. Les plantes grimpantes, le lierre surtout, en s'entrelaçant dans les interstices des roseaux, ornaient et consolidaient à la fois le modeste abri des missionnaires1, lies Irlandais ne construisaient point d'églises en pierre et conservèrent jusqu'au douzième siècle, comme le témoigne saint Bernard, l'usage de construire leurs églises en bois. Mais ce ne fut que quelques années après leur premier établissement que les religieux d'Iona s'accordèrent le luxe d'un édifice en bois, et alors il fallut faire venir des terres voisines les grands chênes que ne pouvait produire le sol stérile et toujours battu des vents de leur îlot*.

Ainsi naquit, il y a quinze siècles, la capitale monastique de l'Ecosse et le foyer de la civilisation chrétienne dans le nord de la Grande-Bretagne. Quelques ruines d'une date beaucoup plus récente que l'époque de Golumba, bien que fort anciennes, eutremêlées à quelques chaumières éparses le long de la plage, en indiquent aujourd'hui le site.

1 . Virgarum fasciculos ad hospitium construendum... Binales sudes. Alun*., II, 3 à 7. — Le docteur Reeves a rapproché divers textes sur les matériaux des chapelles et églises en Bretagne et Cambrie. — Yirgis torquatis muros perficientes... musco sihrestri solum et hedera» nexibusadornato... Yirgas et fenum ad materiam cellœ construendae.. .

2. Cumroborese...duodecim currucis congregatis, materi» ad nostrum renovandum traherentur monasterium.

152 SAINT COLUMBÀ,

« Voici donc, » disait en plein dix-huitième siècle le célèbre Johnson, qui, le premier, rappela l'attention du public britannique sur ce sanctuaire profané, « voici que nous foulons le sol de cette île illustre qui fut naguère la lumière de la Calédonie, et d'où rayonna la religion avec la science sur les clans sauvages et les barbares vagabonds. Celui qui voudrait n'être pas ému d'un tel souvenir ne le pourrait, et celui qui le pourrait ne serait qu'un sot. Tout ce qui nous dérobe à l'empire des sens, tout ce qui fait prévaloir le passé ou l'avenir sur le présent, accroît en nous la dignité de notre âme. Loin de moi, loin de ceux que j'aime toute philosophie qui nous laisserait indifférents et insensibles sur des sites ennoblis par la sagesse, le courage et la vertu! Il faut plaindre l'homme qui ne sentirait pas son patriotisme s'enflammer sur la plaine de Marathon et sa piété se rallumer au milieu des ruines d'Iona1. »

Columba, initié, comme tous les moines de son temps, aux souvenirs classiques, avait sans doute entendu parler de Marathon, mais ne se doutait certes pas qu'un jour viendrait où un descendant de ceux qu'il allait convertir mettrait sur la même ligne son humble abri et le plus glorieux champ de bataille de l'histoire hellénique.

Loin de prévoir les gloires d'Iona, son âme était encore dominée par un sentiment qui ne

Page 1