‹ Les moines d'OccidentChapitre 44 sur 113 · Walter Scott, History of Scotland, c · texte numérisé non relu

Walter Scott, History of Scotland, c

ISO SAINT COLUMBA,

met aux navires de passer d'une mer à l'autre sans faire le détour des îles Orcades. Il y a quinze siècles, la religion pouvait seule entreprendre la conquête de ces âpres et pittoresques régions qu'une population peu nombreuse, mais soupçonneuse et féroce, disputait aux forêts de pins et aux immenses tapis de bruyères et de fougères qu'on y retrouve encore.

Le premier regard jeté par l'histoire sur celte route maritime y découvre les prédications et les miracles de Golumba. Il navigua le premier dans un frêle esquif sur le Loch-Ness et sur le fleuve qui en sort; il pénétra ainsi, après un long et pénible trajet, jusqu'à la forteresse principale du roi des Pietés, dont on montre aujourd'hui l'emplacement, placée sur un rocher au nord de la ville actuelle d'Inverness. Ce roi puissant et redouté, qui s'appelait Bruidh ou Brude, u résistance gjs <je Malcolm, ne lit d'abord au missionnaire irlanroi Bruidh. jajs qU'un accueil inhospitalier. Enorgueilli, selon le récit des compagnons du saint, par le faste royal de sa forteresse, il défendit de lui en ouvrir les portes. Il n'y avait point là de quoi intimider Columba. Il s'avance jusqu'au portail, imprime le signe de la croix sur les deux vantaux, puis les frappe du poing. Aussitôt les barres et les verrous reculent, les portes roulent sur leurs gonds et s'ouvrent toutes grandes. Columba entre en vainqueur. Le roi, bien qu'entouré de son conseil, où siégeaient à coup sûr ses pontifes païens, fut tout saisi de frayeur ; il alla au-devant du missionnaire, et lui adressa des paroles pacifiques

sut munie

et encourageantes, et à partir de ce jour lui rendit toute sorte d'honneurs *: On ne dit pas que Bruidh se fit chrétien, mais pendant tout le reste de sa vie il demeura l'ami et le protecteur de Golumba. Il lui confirma notamment la possession d'Ion a, dont il semble avoir disputé la suzeraineté à son rival, le roi des Scols dalriadiens, et notre exilé vit ainsi sa nouvelle fondation placée sous la double garantie des deux souverainetés qui'se partageaient la CalédonieV

Mais la faVeur du roi n'entraînait pas celle des mues prêtres païens, signalés par les auteurs chrétiens les'inLes sous le nom de Druides ou de Mages, et qui oppo- dans teuïdcmiei sèrent une résistance énergique et persévérante au reug* nouvel apôtre. Ces prêtres semblent n'avoir point enseigné ou pratiqué le culte des idoles, mais bien

1. Bridio rege potentissimo. Bede, III, 4. — In prima sancti fatigatione itineris ad regem Brudeum... ex fastu elatus regio munitionis suse superbe agens... homo Dei, cum comitibus, ad val vas portarum accedens... tune manum pulsans contra ostia, quse continuo sponte, rétro retrusis fortiter seris, cum omni celeritate aperta sunt. Rex cum senatu valde pertimescunt. Adamn., I, c. 35. — On croit que cette forteresse royale des Pietés occupait l'emplacement du fort vifrifié de Craig Pharriek, situé sur un rocher, à 1,200 pieds au-dessus de la Ness et près de son embouchure dans le golfe de Murray. Les murs vitrifiés, c'est-à-dire dont les pierres sont noyées, en guise de ciment, dans une substance vitreuse produite par l'action d'un feu violent, se retrouvent dans quelques localités de la Bretagne et du Maine, et sont partout attribués à l'époque celtique.

2. Quae videlicet insula ad jus quidem Britanniae pertinet, sed donatione Pictorum qui illas Britanniae plagas incolunt, jamdudum raonachis Scotomm tradita, eo quod illis prsedicantibus fidem Christ i perceperint.. Unde et Columba... prsefatam insulam ab eis in possesstonem monasterii faciendi accepit. Bkdb, ITT, 5 et 4. — Cf. Reeves, p. 76.

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celui des forces mystérieuses de la nature, du soleil surtout et des autres corps célestes. Ils suivaient ou rencontraient le prédicateur irlandais dans ses courses apostoliques, moins pour le réfuter que pour retenir et intimider ceux que sa parole gagnait au Christ. Le caractère religieux et surnaturel qui était attribué par les druides de la Gaule aux forêts et aux vieux arbres Tétait par ceux de la Galédonie aux eaux et aux sources, les unes, selon eux, salutaires et bienfaisantes, les autres malfaisantes et mortelles. Golumba s'attachait surtout à prohiber chez les nouveaux chrétiens le culte de ces fontaines sacrées, et, bravant les menaces des druides, il Se plaisait à boire en leur présence de l'eau qui, selon eux, devait donner la mort à tout homme assez osé pour en approcher ses lèvres1. Ils n'employèrent pas toutefois de violences matérielles contre l'étranger que leur prince avait pris sous sa protection. Une fois seulement, comme Golumba était sorti avec ses religieux de l'enceinte du fort où résidait le roi, afin de chanter vêpres, selon la coutume monastique, les druides prétendirent l'empêcher de faire entendre au peuple les chants religieux: mais lui entonna aussitôt le psaume LXIV : Eructavit cor meum verbum bonum : dico opéra mea régi, d'une voix si formidable, qu'elle réduisit ses adversaires au silence tout en faisant trembler les assistants

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