Triades de Dymvall Moèlmud. 5i, ap. Walter, p
cultivaient ces deux arts avec une passion universelle et infatigable, la musique surtout. C'était la forme préférée, le gracieux accompagnement de l'hospitalité : des chœurs de chanteuses accueillaient partout le voyageur. Du matin jusqu'au soir chaque maison retentissait du son de la harpe et des autres instruments, dont ils jouaient avec une perfection qui ravissait les auditeurs étrangers, toujours frappés cependant, au milieu des tours de force de leur habileté musicale, du retour constant des accords doux et mélancoliques où semblaient se refléter, comme dans la musique irlandaise, le candide génie et la cruelle destinée des races celtiques1.
Les bardes eux-mêmes, chanteurs et poètes, quel- us quefois même princes et guerriers, présidaient à l'éducation musicale du pays, comme à son développement intellectuel. Mais ils ne se bornaient pas à chanter ; ils savaient combattre et mourir pour l'indépendance nationale; la harpe entre leurs mains
1. Qui matutinis horis adveniunt, pueilarum affatibus et cytherarum modulis usque ad vesperam delectantur : domus enim hic quœlibetpuellashabet ad cytharas ad hoc deputatas... In imisico modulamine non uniformiter, ut alibi; sed multipliciter multisque modis et modulis cantilenas emittunt, adeoutin turba canentium, sicut huic genti mos est, quot videas capita, tôt audias carmina discriminaque vocum, varia in unam denique sub B mollis dulcedine blanda consonantiam et organicamconvenientiamelodiam... In musicis instrumentis dulcedine aures deliniunt et demulcent, tanta modulorum celeritate, pariter et subtilitate ferunlur, tantamque discrepantium sub tam prœcipiti digitorum rapiditate consonantiam prsestant... Seinper autem ab molli incipiunt et in idem redeunt, ut cuncta sub jucundœ sonoritatis dulcedine compleantur. Giraldus Cahbuensis, c. 10, 12, 13.
bardes
et leurs triades.
Christianisme
des
Gallois.
n'était souvent que l'auxiliaire du glaive et une arme de plus contre le Saxon *.
Cette puissante corporation, hiérarchiquement ordonnée, avait survécu à la ruine du druidisme, et apparaît, dès le sixième siècle, dans tout son éclat, au sein de ces congrès poétiques f présidés par les rois et les chefs du pays, véritable institution nationale dont l'usage se perpétua jusqu'aux derniers jours de l'indépendance galloise. Dans les nombreux monuments de leur féconde activité, récemment remis en lumière par des efforts aussi patriotiques qu'intelligents *, mais encore insuffisamment dépouillés ; dans ces triades, dont la forme relativement récente, qui nous est seule connue, ne saurait déguiser la haute antiquité, on rencontre des trésors de véritable poésie, où la grandeur sauvage des races primitives, tempérée et purifiée par les enseignements et les mystères de l'Évangile, semble se jouer en mille courants limpides qui étincellent au soleil du matin de l'histoire, avant de venir se confondre avec le grand fleuve des traditions chrétiennes de l'Occident,
Car la religion chrétienne était suivie, chérie et défendue au sein des montagnes de la Cambrie, avec non moins de ferveur et de passion que l'indépen-
1. A. ie la Bordkrie, p. 170. La Yillemarqué, les Bardes bretons.