Les Eisteddvods. On a essayé récemment de les renouveler
5. Ceux de Williams ab Jolo, de Williams ab Ithel, des deux Owen, de Stephens, de Walter, et surtout de M. de la Villemarqué qui a, le premier, révélé à la France littéraire les monuments d'une race si naturellement chère aux Bretons d'Armorique.
dancc nationale. Les rois et les chefs n'y étaient pas plus irréprochables qu'ailleurs ; là comme ailleurs, Pabus de la force et l'exercice du pouvoir engendraient toute sorte de crimes : le parjure, l'adultère, le meurtre, s'étaient trop souvent dans leurs annales1. Mais très-souvent aussi, la foi et le repentir revendiquaient leurs droits sur ces âmes moins corrompues qu'égarées. A l'instar du grand Arthur, couronné selon la tradition celtique en 516, COd^uT°l par un saint archevêque, nommé Dubricius, ils se t«t montrent presque. tous aussi zélés pour le service de Dieu que généreux pour l'Église, et les populations, séparées de Rome par les flots de sang où l'invasion saxonne avait noyé le christianisme breton, retrouvèrent bientôt la pente naturelle qui les signalait aux conquérants normands comme les plus zélés d'entre les pèlerins empressés d'accourir aux tombeaux des Apôtres*.
Les bardes eux aussi, bien qu'antérieurs au ehris- union tianisme, loin de lui être hostiles, vivaient dans une " et alliance intime et cordiale avec le clergé et surtout
1. Voir les nombreux exemples recueillis par Lingard (Anglo-Saxon Church, t. Il, p. 362), dans le livre dit de landaff, et autres documents gallois.
2. Prse orani peregrino labore Romain peregre libentius eundo, deyotis mentibus Apostolorum liraina propensius adorant. Cambrix Descriptio, p. 891, éd. 1602.
Répétons encore une fois que dans aucun des nombreux monuments de l'archéologie et de la géographie galloise récemment publiés, on ne retrouve la moindre trace d'une hostilité systématique ou même temporaire contre le Saint-Siège.
des moines.
Le barde panégyriste
de l'anachorète' est surpris
par l'inondation.
avec les moines. Chaque monastère avait son barde, à la fois poêle et historien, qui notait les guerres, les alliances et autres événements contemporains. Tous les trois ans, ces annalistes nationaux, comme les pontifes de l'ancienne Rome, se réunissaient pour comparer leurs récits et les enregistrer à la suite des bonnes coutumes et des antiques libertés du pays, dont ils étaient les gardiens1. C'était en outre dans les écoles monastiques que les bardes se formaient à la poésie et à la musique. Le plus connu d'entre eux, Taliesin, fut élevé, comme l'historien Gildas, au monastère de L lancarvan f .
Citons ici un trait entre cent qui éclaire la relation singulièrement intime du bardisme gallois avec la légende monastique, en même temps que l'intrépide fierté du caractère celtique. Le père du fondateur de la grande communauté de Llancarvan, s'étant fait anachorète, comme on le dira plus loin, mourut en odeur de sainteté et fut enterré dans une église où des guérisons miraculeuses attirèrent bientôt la foule. Un barde y arriva avec la pensée de composer un chant breton en l'honneur du nouveau saint. Pendant qu'il cherchait ses vers, une inondation violente vint ravager les alentours de l'église et pénétra dans l'église même. Toute la population des environs avec ses bestiaux avait déjà péri et l'eau montait toujours.
1. Walter, Op. cit. y p. 53. Lloyd, Hislory ofCambria, éd. Powell, prœf., p. 9.