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Il s'agissait probablement de la confirmation

3. Quia in multis quidem nostr» consuetudini, immo universalis Ecclesiae contraria? geritis ; et tamen si in tribus his mihiobtemperare

suprématie personnelle d'Augustin et nullement celle du Saint-Siège. Ce qu'ils redoutaient, ce n'était pas un Pape éloigné, impartial et universellement respecté à Rome, c'était une sorte de pape nouveau à Cantorbéry, sur le territoire et à la disposition de leurs ennemis héréditaires les Saxons1. Et pardessus tout ils ne voulaient pas qu'on leur parlât de travailler à convertir ces odieux Saxons qui avaient égorgé leurs aïeux et usurpé leurs terres. « Non, » dit l'abbé de Bangor, « nous ne prêcherons pas la foi à cette cruelle race d'étrangers qui ont traîtreusement expulsé nos ancêtres de

vultis ; ut Pascha suo tempore celebretis, ut ministerium baptizandi, quo Deo renascimur, juxta morem sanctse Roraanae et apostolicœ Ecclesise compleatis, ut genti Anglorum una nobiscum verbum Domini preedicetis, cœtera quse agitis, quamvis moribus nostris contraria, sequanimiter cuncta tolerabimus. Bedb, V, 18.

1 . Hook, le plus récent historien anglican des archevêques de Cantorbéry, reconnaît ce fait avec une impartialité qui ne lui est pas toujours habituelle. — On nous dispensera de discuter la prétendue réponse antipapale de l'orateur de Bangor, inventée par des faussaires anglicans, publiée dans les collections de Spelraan et Wilkins, et complaisamment répétée par M. Augustin Thierry. Lingard, Dœllinger op. cit., p. 218, et le professeur Walter, en ont démontré la fausseté, déjà signalée par Turberville, dans son Manuale controversiarum ; Rees, Stephenson, Hussey et tous les écrivains anglais modernes de quelque valeur ont renoncé à l'invoquer. — Rappelons ici l'excellente réfutation faite par le savant et très-regrettable abbé Gorini des inexcusables erreurs de M. Augustin Thierry, dans son récit de la mission de saint Augustin. Rappelons aussi que l'illustre aveugle s'est honoré en acceptant sans amertume les corrections du modeste curé de village dont la vie, récemment racontée par M. l'abbé Martin (Paris, 1865), est une des plus belles et des plus touchantes pages de nos annales contemporaines.

leur pays et dépouillé leur postérité de son héritage1. »

Or, il est facile de voir laquelle des trois conditions qu'Augustin avait le plus à cœur, par la prédiction menaçante qu'il opposa au refus des moines bretons. « Puisque vous ne voulez pas faire la paix avec « des frères, vous aurez la guerre avec des ennemis ; « puisque vous ne voulez pas montrer aux Anglais c< la voie de la vie, vous recevrez de leurs mains le « châtiment de la mort. »

Cette prophétie ne fut que trop cruellement accomplie quelques années plus tard. Le roi des Angles du nord, Ethelfrid, encore païen, vint envahir la région de la Cambrie, où était situé le grand monastère de Bangor. Au moment où le combat s'engageait entre sa nombreuse armée et celle des Gallois, il vit au loin, dans un site élevé, une troupe d'hommes sans armes et tous à genoux. « Qu'est-ce que ces gens-là? » demanda-t-il. On lui dit que c'étaient les moines du grand monastère de Bangor qui, après trois jours de jeûne, venaient prier pour leurs frères pendant le combat. « S'ils prient leur Dieu pour mes ennemis, » dit le roi, c< ils combattent contre nous quoique sans armes. » Aussitôt il fit diriger contre eux la première attaque. Le prince gallois, qui aurait dû les défendre, s'enfuit honteusement, et douze cents moines furent massacrés sur le champ

Prophétie

menaçante

d'Augustin

contre les moines de Bangor.

Ci3?

1. Chronique galloise, intitulée : Brut Tysilio, et Gawbip. Monhootho, XT, 2, ap. WuTE*, op. cit., p. 225, 227.

de bataille, martyrs de la foi chrétienne et du patriotisme celtique1.

Ainsi Unit, disent les annales d'Irlande, la journée où les saints furent égorgés *.

Une calomnie déjà ancienne et réchauffée de nos jours a prétendu qu'Augustin avait provoqué cette invasion et désigné le monastère de Bangor aux païens de la Northumbrie5. Or, le vénérable Bede constate expressément qu'il était déjà depuis longtemps dans le ciel. C'est bien assez que Bède luimême, beaucoup plus Saxon que chrétien toutes les fois qu'il s'agit des Bretons, applaudisse plus d'un siècle après à ce massacre, et y voie une juste vengeance du ciel contre ce qu'il appelle la milice infâme des perfides, c'est-à-dire contre d'héroïques

1. Cum videret sacerdotes... seorsum in loco tutiore consistera, sciscitabatur quid essent hi, quidve acturi illo convenissent... Ergo si adversum nos ad Deum suum clamant, profecto et ipsi quamvis arma non ferant contra nos pugnant. Itaque in hos primum arma verti jubot, et sic esteras nefandœ m ilitiae copias... delevit... ut etiam temporalis interitus ultione sentirent perfidi, quod oblata sibi perpétua salutis consilia spreverant. Bede, V, 18.

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