Annales Tighernach, ad ann
3. Cette imputation mensongère remonte à Geoffroy de Monmouth, évêque de Saint- Asaph au douzième siècle, et interprète des rancunes nationales du pays de Galles. Certains érudits obscurs, descendants indignes des Anglo-Saxons, tels que Goodwin et Hammond, l'ont adoptée par haine de l'Église romaine ; et, ne sachant comment la concilier avec l'affirmation si positive de Bede sur la mort antérieure d'Augustin, ont prétendu que ce passage du Vénérable avait été interpolé. Mais tous les éditeurs modernes de Bede ont dû reconnaître que le passage contesté existait dans tous les manuscrits sans exception de cet auteur. Cf. Lingard, Anglo-Saxon Chirch, t. I, p. 74. Varix, Premier mémoire, p. 25 à 29. Gorini, op. cit., t. TI, p. 77.
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chrétiens, morts pour la défense de leurs foyers et de leurs autels, sous le couteau des païens Anglo-Saxons, par les ordres du chef qui, au témoignage de Bede lui-même, extermina le plus d'indigènes1.
Après celte explosion de ses propres haines nationales, il paraît singulièrement peu autorisé à reprocher aux Celtes de la Cambrie la persévérance de leur ressentiment, comme il le fait en constatant que, de son temps encore, ils ne tenaient aucun compte de 4a religion des Anglo-Saxons, et ne voulaient pas plus de communion avec eux qu'avec des païens*.
Il se peut, comme l'a dit un juge délicat, qu'Augustin et ses compagnons n'aient pas toujours assez ménagé l'orgueil insulaire et national des Bretons, exalté par une longue résistance militaire, par les traditions des moines et les chants patriotiques des bardes*. Mais rien n'indique, je le répète, la moindre dérogation de sa part aux instructions et aux exemples du glorieux pontife dont il était le disciple et l'émule. Condamné par l'obstination des Bretons à se priver de leur concours, il n'en continua pas moins ce que son biographe appelle la chasse aux hommes, en évangélisantles Saxons, qui, du moins, ne le fatiguaient pas, comme les Gallois, par leur verbiage et leurs discussions sans fin*.