‹ Les moines d'OccidentChapitre 95 sur 113 · Redr, loc. cit · texte numérisé non relu

Redr, loc. cit

prochement de sa part ou de celle d'aucun autre représentant des Églises celtiques, conversion Les moines romains furentpendant quelque temps d'Est-Angiie . plus heureux auprès des peuplades saxonnes, voisines d'Esse*. ou vassales de la royaulé d'Ethelbert . La région la plus orientale de l'île, celle qui, entre la Tamise et les embouchures ensablées de l'Ouse, forme une sorte de projection circulaire tournée vers la Scandinavie, était occupée au nord par la tribu des Est-Angles ou Anglais de l'est. Leur roi Redwald, étant venu visiter le roi de Kent, s'était fait baptiser comme lui, et cette conversion faisait espérer celle d'une population bien plus nombreuse que celle du pays déjà conquis pour le Christ, puisqu'elle occupait les grands comtés modernes de Norfolk et de Suffolk, avec une partie de ceux de Cambridge, Huntingdon, Bedford etHertford. Entre l'Est-Anglie et le Kent s'étendait le royaume d'Essex ou des Saxons de l'est, déjà converti du vivant d'Augustin, grâce à son roi Sebert, le neveu du Bretwalda Ethelbert. Ce royaume était surtout important par sa capitale, l'ancienne colonie romaine de Londres, où Mellilus avait été institué évêque par Augustin.

Il y avait fondé, comme on l'a vu, sur les ruines d'un ancien temple de Diane, une cathédrale monastique dédiée à saint Paul. Bientôt, à l'ouest de sa ville épiscopale, et sur le site d'un temple d'Apollon qui avait remplacé, lors de la persécution de Dioctétien, une église occupée par les premiers chrétiens

bretons1, le moine romain, devenu évèque de Lon- Fondation dres, construisit, avec le concours du roi Sebert, une Westminster. autre église et un monastère placés sous l'invoca- eio. lion de saint Pierre. Ainsi, sur les rives de la Tamise comme sur celles du Tibre, et par un souvenir expressif et touchant de Rome, les deux princes des apôtres trouvaient, dans ces deux sanctuaires distincts mais rapprochés, une consécration nouvelle de leur glorieuse fraternité dans l'apostolat et le martyre.

Cette modeste colonie monastique s'élevait dans un site effrayant à force d'être inabordable*, au sein d'un vaste et profond marais, sur un îlot formé par un bras de la Tamise, et tellement recouvert de ronces et de broussailles, qu'on l'appelait l'Ile-aux-Épines (Thormy). Elle prit de sa situation à l'occident de Londres un nom nouveau et destiné à compter parmi les plus fameux de la terre, celui de Westminster ou Monastère de l'ouest.

Si loin que doive se prolonger notre récit, il rencontrera toujours, entouré dune splendeur et d'une célébrité croissantes, le sanctuaire national de l'Angleterre. Mais en ce moment nous n'avons qu'à enregistrer la légende qui a illuminé son humble berceau, légende que nous avons déjà rencontrée chez

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