Dogdale, Monastkon Auglicamm, 1. 1, p
2. « lu loco terribili. » Charte citée par Ridgwat, The gem of Thorney Uland, p. 4.
les Bretons à Glastonbury,. que nous retrouverons chez d'autres peuples au berceau des grandes fondations monastiques, en France pour Saint-Denis , en Suisse pour Einsiedlcn, et qui a exercé sur l'imagination du peuple anglais un empire tout autrement durable et puissant que la plupart des faits les mieux avérés. Jusqu'au seizième siècle, on s'est répété de génération en génération que, dans la nuit avant le jour fixé pour la consécration de la nouvelle Église, et pendant que l'évêque Mellilus, campé sous une tente, se préparait à la cérémonie du lendemain, saint Pierre, le grand pêcheur d'hommes, était apparu, sous la forme d'un voyageur inconnu, à un pauvre pécheur dont la barque était amarrée sur la rive de la Tamise opposée à celle de l'He-aux-Épines. La mer était orageuse et le fleuve enflé par l'inondation. L'étranger obtint du pécheur de le passer sur l'autre rive, et, à peine débarqué, se dirigea vers la nouvelle église. Dès qu'il en eut franchi le seuil, le pêcheur stupéfait vit l'édifice s'illuminer à Tintérieur; du haut en bas un concert de voix angéliques retentit au dedans et au dehors, avec une musique comme il n'en avait jamais entendu et des parfums comme il n'en avait jamais respiré. Après un long intervalle, tout se tut et tout disparut, excepté Té* tranger, qui revint auprès du pêcheur et le chargea d'aller annoncer à l'évêque ce qu'il avait vu, et comme quoi celui que les chrétiens appelaient saint Pierre avait lui-même procédé à la consécration de
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l'église que son ami le roi Scbert lui avait élevée1. Ce roi Sebert se fit enterrer avec sa femme à Weslminsler, et, depuis lors, à travers maintes vicissitudes, la grande abbaye, de plus en plus chère à l'Église, aux princes, aux grands, au peuple, fut la sépulture préférée des rois et de leur famille. Elle est encore aujourd'hui, comme chacun sait, le panthéon de l'Angleterre qui n'a rien trouvé de mieux pour consacrer la mémoire de ses héros, de ses orateurs, de ses poètes, de ses plus glorieux enfants, que de les ensevelir sous les voûtes du vieux sanctuaire monastique2. C'est auprès de ce sanctuaire que la royauté anglaise a longtemps séjourne ; * c'est
1. Ecce subito lux cœlestis emicuit... Affuit cum apostolo multitudocivium supernorum... aures angelieœ vocis mulcebat sonoritas, nares indicibilis odoris fragantia perfundebat... Nova Dei nupta, consecrante eo qui cœlum claudit et aperit, cœlestibus resplendet luininaribus... Fixis tentoriis a dimidio milliario... Rediit ad piscatorem piscium egregius piscator hoininum. . . Ego sum quem ebristiani sanctum Petrum apostolum vocant, qui banc ecclesiam meam hac nocte Dco dedicavi... quam mihi ille meus ami eus Sebertus fabricavit. Rie. Cirescester., Spéculum Hist. de gestis reg. Angl. II, 17. — Dugdale ne cite pas moins de quatre versions originales de ce miracle, extraites des anciennes chroniques anglaises. Cf. Baronius, Annal., an. 610, c. 10, et Act. SS. Rolland., Januar., I, p. 246. — llook donne une explication assez plausible de cette tradition.
2. Chatham, Pitt, Fox, Sheridan, Grattan, Canning, Peel, tous les grands orateurs et hommes d'État modernes, les poètes, les ami* faux, les généraux morts sur le champ de bataille, y reposent à côté de saint Edouard, des rois et des preux du moyen âge. On se rappelle le mot de Nelson au moment d'engager la bataille d'Aboukir : « Nom for a pëerage or Weilminster Abbey. » Pair d'Angleterre si je survis, ou, si je suis tué, un tombeau à l'abbaye de Westminster. - De nos jours, l'usage s'est introduit d'enterrer les grands
dans une de ses dépendances que la Chambre des communes a siégé pour la première fois1 ; c'est sous son ombre qu'a toujours vécu et que vit encore le Parlement anglais, la plus ancienne, la plus puissante, la plus glorieuse assemblée du monde. Jamais monument n'a été plus identifié avec l'histoire d'un peuple ; chacune de ses pierres représente une page des annales de la patrie.
Cantorbéry résume la vie religieuse de l'Angleterre ; Westminster a été le foyer de sa vie politique et sa véritable capitale. L'Angleterre doit Cantorbéry comme Westminster aux fils de saint Benoit. Mon Cependant une ombre va se lever sur cette aurore
%#£*** de la foi en Angleterre. La noble petite-fil le de CIotilde, la douce et pieuse reine Berthe, était morte ; elle avait précédé son mari dans la tombe, comme dans la foi ; elle avait été enterrée à côté du grand missionnaire romain qui lui avait donné la joie de voir le royaume de son mari et ce mari lui-même «s. convertis au christianisme. Quand le premier successeur d' Augustin célébra la consécration solennelle de la grande église monastique qui devait servir de nécropole ou, comme on disait alors, de lit
chefs militaires à Saint-Paul; Nelson et Wellington reposent tous deux dans les caveaux de l'église qui porte le nom et occupe le site de la première fondation du compagnon d'Augustin.
1 . C'est dans la belle salle capitulaire de l'abbaye de Westminster que cette Chambre tenait ses séances. Bien qu'on se plaignît du trouble que ses débats bruyants apportaient aux offices monastiques, elle y resta jusqu'à la Réforme; alors on lui attribua la chapelle de Saint- Etienne dont elle occupe encore le site.
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de repos (Thalamus) aux rois chrétiens et aux primats, les ossements de la reine et du premier archevêque de Cantorbéry y furent transférés et placés, ceux delà reine devant l'autel consacré à saint Martin, au grand thaumaturge de la Gaule, sa patrie, et ceux du primat devant l'autel de son père et de son ami, saint Grégoire1. Trois ans après, Ethelbert, qui s'était remarié, mourut à son tour et fut enterré dans l'église de Saint-Augustin à côté de Berthe. Il avait régné cinquante-six ans, dont vingt comme chrétien : il fut, dit Bede, le premier roi anglais qui monta au ciel, et l'Église Ta compté parmi les saints*. Laurent restait seul survivant, après vingt années écoulées, de tous ceux qui avaient pris part à la fameuse conférence de l'île de Thanet, où le roi saxon et la reine franque s'étaient trouvés en présence des missionnaires romains. Son compagnon Pierre, le premier abbé du monastère de Saint-Augustin, s'était noyé sur les côtes de France quelque temps auparavant, en remplissant une mission dont le roi Ethelbert l'avait chargé. Laurent eut donc à braver tout seul l'orage qui éclata aussitôt après la mort d'Elhelbert. La conversion de ce roi n'avait point entraîné celle de tout son peuple, et celui de ses fils qui le remplaça sur le trône, Eadbald, n'avait point embrassé le christianisme avec son père. Le déré-
1. Guillelm Thobhe, Chron.S. Auguste p. 1765. — Thomas de Elmhaii, !/«/. monast.S. August., p. 152, éd. Hardivicke. — Stakley, Mémorial* of Canterbury, p. 26.
2» Act. SS. Bollaxd., t. III Februar., p. 470.
moines d'occ. m. 28
et du roi Ethelbert.
24 février
Sou
successeur
Eadbald,
resté païen,
provoque
l'apostasie
de ses sujets.
glement de ses mœurs l'avait retenu dans l'idolâtrie. Devenu roi, il voulut épouser la veuve de son père, celle qu'Ethelbert avait prise pour femme après la mort de Berthe. Ce genre d'inceste que saint Paul reprochait déjà aux premiers chrétiens de Corinthe1 n'était que trop conforme aux usages de plusieurs races teutoniques' ; mais le cas avait été prévu et formellement interdit dans la réponse de Grégoire à la consultation d'Augustin sur les coutumes matrimoniales des Saxons. Ce n'était pas son seul crime. Il se livrait à de tels accès de fureur, qu'on le regardait comme aliéné et possédé du démon. Mais son exemple suffit pour entraîner dans l'apostasie ceux qui n'avaient embrassé la foi et la chasteté chrétiennes que par crainte ou par complaisance pour leur roi Ethelbert.
La tempête qui menaçait d'engloutir la nouvelle chrétienté devint de plus en plus formidable lorsque la mort du roi Sebert, neveu d'Ethelbert et fondateur de Westminster, mit à la tête du royaume d'Essex ses trois fils qui, eux aussi, comme le fils du roi de Réaction païenne Kent, étaient restés païens. Us se mirent aussitôt à
chez les
saxons de lest, pratiquer publiquement l'idolâtrie, qu'ils avaient un L'évèque instant interrompue du vivant de leur père, et don- Londres nèrent pleine liberté à tous leurs sujets d'adorer les expulsé, idoles. Cependant ils allaient encore assister quelquefois aux cérémonies du culte chrétien, et un jour