Voir plus liant, p
Deïra.
DE CA.NTORBÉRY.
Pietés ou les Scots, ils se liguèrent avec eux pour écraser les malheureux Bretons.
Ida, qui eut douze fils et qui régna douze ans, employa contre ces indigènes le fer et surtout le feu avec tant d'acharnement, que les bardes bretons le surnommèrent Yhomme de feu ou le grand brûleur. Ils lui résistèrent à outrance et il périt en les combattant. Mais son petit-fils, Ethelfrid, prit une terrible revanche. Il était gendre d'Ella; à la mort de celui-ci, et au préjudice des droits du fils de ce chef, Ethelfrid réunit les deux royaumes de Deïra et de Bernicie, et, rassemblant en sa main tous les Anglo- Saxons de Northumbrie, il fut de tous les chefs de l'invasion celui qui subjugua ou qui massacra le plus de Bretons1. Celait, dit Bede, le loup ravissant de l'Écriture ; le matin il dévorait sa proie, et le soir il partageait son butin. Les vaincus, qui avaient appelé son grand-père le Brûleur, n'eurent que trop raison d'appeler Ethelfrid le Ravageur.
Cependant il n'eut point, comme ses prédécesseurs, pour auxiliaires les Calédoniens. Ceux-ci étaient devenus chrétiens, grâce au zèle apostolique de Columba et de ses missionnaires irlandais ; et bien loin de seconder les envahisseurs païens, on voit les ScotsDalriadiens, récemment établis dans la grande
Ethelfrid
le Ravageur,
vainqueur
des
Scots
et des
Bretons.
II fonde
la grandeur
de la Northumbrie
1 . Nemo in tribunis, nemo in regibus plures eorum terras, exterminais vel subjugatis indigenis, aut tributarias genti Angloruin, aut habitabiles fecit. Bede, ï, 34.
44C SÀl.NT AUGUSTIN
île1, venir au secours des Bretons chrétiens comme eux. Leur roi Aïdan, celui-là même qui avait été sacré par Columba, l'apôtre monastique de la Calédonic, marcha contre Ethelfrid à la tête d'une nombreuse armée. Mais son ami, le saint moine d'iona, n'était plus là comme naguère* pour le protéger par ses prières et le seconder par ses ardentes «os. sympathies. LesScots et les Saxons se rencontrèrent à Degstane, près de la frontière actuelle d'Angleterre et d'Ecosse ; après une lutte acharnée, l'armée seolique fut taillée en pièces, et cette défaite ôla pour toujours aux Celtes du nord l'envie de prendre la défense de leurs frères du midi contre les conquérants germains.
607 ou «15. Vainqueur des Scots, le formidable païen se jeta sur les Bretons de Cambrie, et ce fut alors qu'il réalisa la prophétie d'Augustin en exterminant les douze cents moines de Bangor. Après quoi il acheva la conquête de la Northumbrie et ne succomba que dix ans plus tard dans une rencontre avec ses compatriotes, avec les Est-Angles, sous les ordres de ce roiRedwald, qu'on a vu devenir un moment chrétien pour complaire au roi Ethelbert8.
L'Est-Ànglie, comme le nom seul l'indique, était occupée par une colonie de la même race que les
1. Rei Scotorura qui Britanniam inhabitant Ibid. — Voir plus haut, liv. x, c. 3, p. 172.