‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 111 sur 196 · Qui porte aujourdhui le nom de prieuré de Malle · texte numérisé non relu

Qui porte aujourdhui le nom de prieuré de Malle

3. Potens in litteris ac biglossus, grœce noverat et latine. S. Peto. Dam., in Vit. S. Odil. Bibl.Cluniac, p. 528. Quorum ulerque animus

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iioimiié prieur

il se lia Iciidromenl à saint Odiloii de Cluiiy. AUaché de bonne heure au vertueux pape Gré- )U/vvy^ poire VI, il le vit, avec indignation, confondu avec deux indignes compétiteurs et déposé en mênie temps (ju'eux, par Tinfluence arbitraire de l'empereur, à Sulri'. H suivit ensuite le pontife exilé en France, et, après sa mort, il alla se ranger parmi les moines de l'abbaye de Gluny', qu'il avait déjà habitée auparavant% et ou, selon plusieurs ciooi.my

conglulinabaliir individui aniore spiritu. Gotsadis, î'n Vit. ejuscl,

1. Victrix causa dits placiiit, sed vicia Catoni, dit Otlon de Frisiiigue (VI, 35); à cette occasion, il ajoute que Hildebrand, devenu pape, prit le nom de Grégoire VU. par amour pour le pontife déposé et comme pour protester contre l'injustice de sa déposition. Du rette Grégoire VI, que Bonizo qualifie ù'idioia et vir mirœ simplicitatis, avouait l'emploi de sommes d'argent dépensées pour assurer son élection.

2. Venerabilcm Johannem... quem secutus est Deo amabilis Hildebrandus, volens erga doniinuni :uum exbibere reverentiam ; nam antea fuerat suus capellanus... Que mortuo et in pacesepulto, Cluniacum tendens, ibi moiiachus etfectus est, et inler religiosos viros aclprime philosophotus est. Bomzo, p. 802-803.

3. PAiL Lermueu, vu., cap. 1, dit expressément qu'après sa première éducation par son oncle, au mont Avcntin, jam adolescentiam ingressus , profecius est in Franciam, domiiurus inibi carnispetulantiani et molestia pcrcgrinationis et instantia eruditionis, et qu il ne revint à Home qu'au bout de quelques années. Le bon résultat d'un tel voyage ne pouv;iit évidemment être obtenu que dans un monastère, et les nombreux traits que divers auteurs ont rapportés sur les relations de Hildebrand a Cluny permettent de conclure que ce fut là qu'il séjourna pendant sa première absence (Act. SS. Ord. Ben., t. IX, p. 407). C'est l'avis de Papebrocb, 1. c , p. 107, qui fixe, avec beaucoup de Ju-stesse, la dato des excursions de Hildebrand en France, la première dont nous venons déparier, pendant sa jeunesse, et la seconde après la déposition de Grégoire. Quant au second voyage, il est clair qu'il embra.sse loul 1 intervalle entre cette déposition et l'avéncmeiit de Léon IX, pui<-

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368 SAliNT GKKGOIHE Vil,

écrivains, il fat revèlu des foiiclioiis de prieur' .

Toutefois, pendant une partie de sa jeunesse, il dut séjourner à la cour impériale d'Allemagne, où il produisit une grande impression sur l'empereur Henri 111 et sur les évoques les plus recommandables du pays, par l'éloquence de ses prédications. L'empereur disait qu'il n'avait jamais entendu personne prêcher la parole de Dieu avec plus de courage^ : c'était Moïse chez Pharaon \

Hildebrand habita donc et put étudier successi-

que Grégoire VII dit de lui-même (in Conc. Rom. Yll, ad ann. 1080) : IiivUus ultra montes cuin domino papa Gregorio abii ; aed magis invitus cum domino papa Leone ad vestram specialiter ecclesiamredii

1. Cluniacum, ubi forte Hildebrandus prioratus ut dicitur obedientiiim administrabat. Otton. Frïsing., YI, 55, confirmé par Duchesne, iit not. BibL (Juniac. Mabillon, ^4^». I, 58, n. 115, dit qu'il n'a trouvé aucune preuve de l'exercice de ces fonctions par Hildebrand ; et Pape- BRocu, 1. c, pense quil était alors trop jeune; mais il oublie que Cluny, à la même époque, élisait pour abbé un homme de 25 ans, S. Hugues, antérieurement prieur, et que Hildebrand n'était pas moins âgé que ce dernier, si, comme l'établit le savant hagiograplie, sa naissance date de 1020 environ, il nous semble donc que Hildebrand a du être revêtu de cette charge, dans l'intervalle très-court écoulé entre l'élection de saint Hugues, qui était prieur sous Odilon, et l'arrivée du pape Léon IX, c'est-à-dire pendant le mois de janvier 1049, S. Odilon étant mort le 1" janvier, et Léon IX ayant été intronisé à Rome le 15 février.

2. Occulta Dei praeparalione moram fecit aliquantum temporis in aula Henrici III... Aiebat nunquam se audisse hominem cum tant a liducia verbum Dei prœdicantem ; probatissimi quoque episcoporum reipublicse consulenlium admirabantur, etc. Paul Bernried, c. 4.

5. Voir la curieuse légende (incompatible du reste avec l'âge des deux personnages) relative aux disputes du jeune Hildebrand, pendant qu'il était à la cour de Henri III, avec le fils du roi, depuis Henri IV, le songe de l'impératrice, etc., dans VAnnulistn Saxo, ann. 1074, ap. Pk.utz, t. VI, p. 702.

vemenl los deux camps d'où devaient sortir les plus dévoués soldats et les plus acharnés adversaires de la cause qui bientôt allait se personnifier en lui. Dieu préparait ainsi, tantôt sous l'austère discipline du cloître , tantôt au sein des agitations du monde, le génie du moine qui devait vaincre le monde avec l'aide des moines\

Ce fut à Cluny* que Hildebrand rencontra, en 1049, le nouveau pape, Brunon, évêque de Toul, i:niretieu issu de la puissante et pieuse race de Nordgau et i\<^i^,iH°y ^^ .

Ai ^ ot ilcHildebi?nd.

<l'Eggisheim, dont les ancêtres s'étaient signalés les uns par leurs fondations monastiques, les autres en terminant, sous la coule, leur belliqueuse car-

1. SciiÔPFLiN, Alsatia illustrata, p. 474. Hôfi.er, Die Deutsche \rv(A\;V\» ^V Pâbste, II, 1, 3.

2. C'est Olton de Frisingue qui place le lieu de cette entrevue décisive à Cluny. « Cumque assumpta purpura pontificali per Gallias iter ageret, congtiit eum Cliiniacum venire... Is (Hildcbrandus) Leonem adiens semulatione Dei plenus... redarguit, illicitum esse inquiens, per manum laicum summum pontificem ad totius Ecclesisc gubernationem violenter introire. Verum si suis se credere velit consiliis, utcumque, et quod majestas imperialis in ipso non exacerbetur, quodque libertas Ecclesise in electione canonica renovetur, se pollicetur effecturum. Inclinans ille ad monitum ejus, purpuram deponit. peregrinique habitum assumens ducens secum Ilildebrandum iter carpit. » Lib. VI, c. 33. Cette version a été adoplée dans les leçons de la tête de S. Grégoire VII, au Bréviaire romain, et suivie par la plupart des historiens. Mais Bonizo, qui est, selon Stentzel, le plus exact des autours contemporains, semble indiquer que l'entrevue eut lieu à Besançon; il dit que l'abbé de Cluny, ayant voulu aller audevant du nouveau pipe, Hildebrand cœpU rogare patrem ne illo ten- (leret, dicens eumlnon Apostohcum sed Apostaticum qui jussu iniperatoris Romanum conarclur arriperc ponlificalum. L'abbé saint Hugues n'en alla pas moins à Besançon ethœc vencrabili episcopo [Uni-

MOINES d'occ. VI. 24

570 SiVINT GRÉGOIRE Vil,

rière.Brunon,luiaussi,avaitctémoine^: son cousin, l'empereur Henri JII, l'avait fait élire, de sa pleine autorité, à Worms, le l'Mécembre 1048, et proclamer sous le nom de Léon IX. Ilildebrand, le voyant

\ ' . déjà revêlu de la pourpre pontificale, lui reprocha ^i^ ^ d'avoir accepté le gouvernement de l'Église et lui

Y^"^ ^' conseilla de sauvegarder la liberté ecclésiastique

en se faisant de nouveau élire canonirpiement à Rome. Brunon se rendit à cette salutaire remontrance : déposant la pourpre et les ornements ponlilicaux, pour prendre l'habit de pèlerin, il se fit \ accompagner par Ilildebrand à Rome où son élection

%X\ V fut solennellement renouvelée par le clergé et par

le peuple romain ^ C'était un premier coup porté à l'autorité usurpée de l'empereur. A partir de ce moment Ilildebrand fut enlevé àClunypar le pape, malgré la vive résistance de l'abbé saint Hugues ^ Gréé cardinal sous-diacre de l'Eglise romaine et

noni) inlbnavU. Il n'est pas dit expressément que Ilildebrand l'eût accompagné ; mais le pape demanda à le voir: quod etfacliim est, ajoute Bonizo, sansdiresi ce fut à Besançon ou à Cluny. V. Liber cul amicum. ap. Œfele, Scrij;^ rer. Boïcar., II, 803. — Branon de Segni, dans sa Vie de Léon IX (Bid. max. Pair., XX, p. 1750), croit au coniraire que ce l'ut à Worms que Ilildebrand persuada à Léon de prendre ce parti. C'est l'avis qu'a suivi Mabillon, 1. 58, n. 115. — Quoi qu'il en soit, toutes les autorités démontrent l'iiilluence qu'avait prise Ilildebrand sur le nouveau pape, avant de se rendre avec lui en Italie, en passant nécessairement par Besançon et Cluny. V. Act. SS. Rolland., p. 109.

1. C'est ce que prouvrn! ses dfrnières paroles que nous citerons plus loin.

'2. Voir les détails de celte réélection dans Bosizo, p. 805.

5. Quem ab abbate, multis precibus vix impctraverat. Bonizo, 1. c.

MOINE ET CAPE. llï

abbé de Saint-Paul hors des Murs, il marche sans s'arrêter vers le but qu'il poursuit. Guidé par ses conseils \ Léon IX, après être allé se retremper au Mont-Cassin, prépare plusieurs décrets de condamnation formelle contre la vente des bénéfices, contre le mariage des prêtres, et ces décrets sont fulminés dans une série de conciles tenus en deçà et au delà des Alpes, à Rome, à Verceil, à Maycnce, à Reims.

L'ennemi, tranquille jusque-là au sein de sa domination usurpée, se sentit frappé au vif'. Cepcn- (hint les évèques prévaricateurs, complices ou auteurs de tous les maux que le pape voulait guérir, feignirent, autant qu'ils le purent, de ne pas comprendre la nature et la portée des actes du pontife". Ils espéraient que le temps serait pour eux; mais ils furent bientôt désabusés.

Entre les nombreuses assemblées convoquées et cumde S présidées par le pape Léon IX, le concile de Reims, tenu en 1049, fut surtout important*. Dominé [lar

1. Ejusdem Hildebrandi consilio oinnia in itiiure et in hac civilatc tecit. MS. de V'ita Pontif., ap. Boli.and., 1. c. Cujus consilio synoduni inox congregavit. Bonizo, 1. c.

t. Tune f'orlis armatus, qui inmiilla pacecustodierat atrium suum,

sensit se obligatuni Ilsec synodus gladiuin in vi^cera Jiiersit ini-

inici.... BoMzo, 1. c.

3. Quod audientes episcopi, primo quidem veritati non volentes rcsistere tacuere; postea vero, snadente humani gcneris inimico, inobedientcs celaverc. Bonizo, Episcop. Su/rieiisifi deinde IHacentin., p. 805.

4. Voir le très-curieui récit de ce concile dans Vllisloria dcdicu' fiotns ecclcsiœ S. licmigii, apud Bahon., Annal., in Append. ad ll>49; M.uin.i.., Act. SS. 0. B., t. Vlll ; Coi.ETTi,6o;jft7., t. XI, i>. 1397,

(lu

coiîcile

de r.eiins.

372 SAÏNT GRÉGOIRE VII,

\ ^, les suggestions de certains seigneurs qui savaient

que leurs violences et leurs attentats contre la foi conjugale y seraient signalés et flétris, anxyeuxde toute la chrétienté \ excité par certains prélats également compromis, le roi de France, Henri P^ s'opposa de toutes ses forces à la tenue du concile'; et nombre d'évêques français, qui avaient acquis leur dignité par la simonie, se firent de l'opposition du roi un prétexte pour fuir une assemblée où ils t/VvAJkM^^ craignaient de voir leurs méfaits mis en lumière. Le pape tint bon : il n'avait pu réunir autour de lui que vingt évêques ; mais, en revanche, il s'y trouvait cinquante abbés bénédictins \ Grâce à leur appui, des canons énergiques purent être promulgués pour réprimer les deux grands scandales

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%^ pai Léon IX du tcmps, ct divcrs prélats coupables lurent de-

V'snr la liberté >- a. r\ ii i i • w i i

<ifts élections, poscs . On alla plus lom : un décret rendu dans

1. Tels étaient, à en juger par les sentences rendues dans le concile, les comtes Enguerrand et Eustache, Geoffroy d'Anjou, Hugues de iîrame et Thibaut de Blois.

2. On retrouve, chez les conseillers du roi Henri I, les arguments à peine rajeunis de nos légistes modernes : a Rcgi suggerunt, regni sii dccus annihilari, si in eo Romani ponlificis auctoritatem domiliari permilteret... Addunt quod nullus antecessorum ejus id reperiatur aliquando concessisse ut ob similem causam in Francise urbes ingressus pateretalicui papse. y> Ilist. dedicat., p. 1400. — Cependani le roi n'osa point énoncer publiquement ces objections : il se borna à convoquer les évêques et l'abbé de Saint-Remy (dans l'église duquel le concile devait avoir lieu^ à une expédition contre des seigneurs insurgés. •

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