V. GuÉiuiiD, Pobjptlquc d'Irminon, t. II, p
2. Chez les écrivains monastiques le mot conversion se prend dans le sens de profession religieuse. On appelait convers ceux qui avaient renoncé au monde pour embrasser la vie claustrale, afin de les distinguer des enfants offerts ou donnés aux monastères par leurs parents. (V. Reg. S. Bened., cap. 58 et 05. — S. Greg. Magn., Epist. 7. — S. AxsEi.M., de Conlenlione inlcr monachos nulrilos et conversos.
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obtenir le pardon de leurs pécliés, ou pour expier les crimes de leur race. Et ce n'étaient pas, comme on Ta tant dit et comme cela s'est vu depuis, les cadets, les appauvris, les disgraciés de la nature ou de la fortune ; c'étaient, au contraire, les plus riches, les plus renommés, les plus puissants, les aînés et les chefs de maisons, quelquefois même les derniers rejetons des plus illustres lignées, qui, se faisant moines eux-mêmes, transformaient en monastères les forteresses féodales, berceaux et centres de leur puissance \
Pendant toute la durée de l'ère féodale et dans tous les pays de la chrétienté, d'innombrables seigneurs et chevaliers méritèrent ainsi l'éloge que l'histoire décerne en ces termes aux ancêtres du saint pape Léon IX : « Après avoir vaincu, par la « force des armes et la vaillance, tous ceux qu'ils « rencontraient devant eux à la guerre, ils surent, « dans leur vieillesse, fouler aux pieds l'orgueil de « la naissance et le luxe du monde, pour se revê- « tir de l'humilité et de la pauvreté du Christ, pour « donner aux églises leur patrimoine, pour fonder « des monastères, et pour suivre les préceptes du « Christ, sous l'habit monastique, jusqu'au jour « glorieux de leur mort\ »
1. C'est ce que firent entre autres, en Allemagne, les comtes d'Andechs, de Sclicyern, d'Arnstein, les seigneurs de Cappenberg, do Dorstadl, etc. IIikter, t. III, p. 430.
2. Onoriim j^alrcs et avi, arniis cl aiiiniis, supra moduni forliter
La plupart de ces généreux bienfaiteurs des monastères aimaient à terminer leur vie au sein de la paix du cloître, sous l'habit qu'ils avaient si longtemps honoré. Ainsi finirent les comtes de Vendôme et de Blois, le sire de Talmont, et, avant eux. Foulques le Noir, comte d'Anjou, sénéchal de France \ Milon, comte de Tonnerre, qui s'était retiré dans l'abbaye restaurée par lui aux portes de sa ville comtale % les trois Guillaume, ducs d'Aquitaine et comtes de Poitou % et, plus tard, Adalbert, comte de Calw, champion infatigable du Saint-Siège, restaurateur du grand monastère de Hirschau, où il se fit moine avant de mourir*, et bien d'autres encore, parmi lesquels nul ne montra
acie compresserunt sibi resistentes, circa senium, abjecta omni superbia generis et luxu muridi, induerant humilitatem et paupertatem Cliristi... cœnobia conslruendo iii suis et ex suis prœdiis... laudabilique percuncla fine decesserunt. "Wibeut, Vil. S. Lconis, in Act. SS. 0. B., c. 1.