‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 141 sur 196 · Voir plus haut · texte numérisé non relu

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5. Ante convcrsionem riotum habucrat... divinnm coUaudans potentiam, qui Icvitatem dissolutionis cjus quam habucrat in sîeculo, infrenaveratmonasticiordinis etregularisgravilatisfreno. IIug. Flav., p. 199.

Dijon : ((Doniioz-moi, » disait-il en montrant Jarenton et en s'agenoiiillant devant le concile, « donnez- « moi ce poisson de la fontaine de Dieu \ » Le duc Hugues de Bourgogne joignit ses instances à celles de Tévêque, et le concile se rendit à leurs désirs, malgré la résistance de l'humble moine. La nomination fut ratifiée par le vote unanime des religieux de Saint-Bénigne '. Ces derniers n'avaient jamais vu le candidat qu'on leui^ proposait; mais ils l'acceptèrent d'enthousiasme, heureux de retrouver la régularité et l'autorité qui n'existaient plus depuis la mort de leur illustre et rigide abbé Guillaume. Jarenton répondit à l'attente générale : il rétablit l'ordre et la ferveur dans son abbave, où affluèrent des hommes de toutes conditions, grands et petits^, et se signala par un ardent et fidèle attachement à Grégoire. Le pontife apprécia tout de

1. Manu designans et simul in verbis procumbens, et genua fïectens : Date, ait, mihi hune jiisceyn de fonte Dei. Ibid., 200.

2. La désignation de Jarenton eut lieu pendant le concile d'Auturx,le vendredi 15 octobre 1077. Les moines de la Chaise-Dieu, qui voulaient conserver leur abbé, obtinrent que, si l'élection n'était pas ratifiée par les religieux de Dijon avant la clôture du concile fixée au dimanche, elle serait considérée comme nulle; mais les messagers de l'évêque de Langres et du duc de Bourgogne firent une telle diligence, que, partis d'Autun le 15, après la séance du concile, ils revinrent le dimanche 17, avec les moines de Saint-Bénigne, lesquels ratifièrent l'élection et assistèrent, le même jour, à la consécration du nouvel abbé. Malgré le progrès des voies de communication, on ne ferait pas mieux aujourd'hui.

3. Cœperunt ad ejus monita multi nobilium et mediocrium sua relinquere, et regulari disciplinée se subdere, seque abnegantes sub ejus ducalu Deo régi uni et vcro militare. IIug. Flav., p. 202.

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suite le nouvel abbé : il Taiina tendrement, et il rappelait fannilièrement son compagnon d'esclavage, parce que l'un et l'autre avaient beaucoup souffert pour la cause de la justice ^ Après avoir ramené Robert Guiscard à Rome% Jarenton accompagna Grégoire dans son exil à Salerne, et il ne le quitta que quelques jours avant sa mort, pour aller remplir une mission en Espagne". L'abbé de Saint-Bénigne emportait avec lui, en partant, la dernière, la plus sublime des lettres apostoliques de Grégoire VII, lettre où le grand homme a tracé lui-même, en trails immortels, son histoire et son apologie \ Bcninid Grésfoirefut noblement secondé par trois moines

abbc ° A

. ''^^ français. Bernard, abbé de Saint-Victor de Mar-

S;unt-Viclor. ^ ] ^

seille, y gouvernait six cents moines, lorsque le

pape le réclama, d'abord pour lui confier sa propre

abbaye de Saint-Paul-hors-des-Murs, à Rome, puis,

.„ pour l'envoyer comme légat en Espagne et en AUe-

Au- wvxV^^ magne. Ce fut ce Bernard qui présida la diète de

^'fwWjuAw Forchheim, où les princes allemands déposèrent

\Naaa/»wa Henri IV, et le remi)lacèrent par Rodolphe de

1. Domino papœ pcr omnia fidelissimus. Quem pro ingenito sibi bonitate et obedientia débita B. Petro dulcissimo ampleclebalur affectu, adeo ut concaptivum cum vocaret, quia non cum movebant pericula pro justitia suscepta. Ibitl., p. 229.

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