Ibid. — Ftcgest., Append., II
MoiNK i:t I'aim:. 457
Soual)e, le confident intime de Grégoire. Bernard, l'abbé de Saint-Yiclor, devint le principal intermédiaire entre le pape Grégoire Yll et les Saxons insurgés, et il sut confondre les mensonges et les arlifices au moyen desquels les impérialistes espéraient troubler leur union ^ Deux fois confesseur, il subit la prison et l'exil pour la foi^ Pendant qu'il était dans les cachots de l'empereur, le pape Grégoire YJl, dans une lettre adressée aux moines de Marseille, parlait de lui en ces termes ': « Pour l'amour du bienheureux Pierre , votre ahbé « a élé obéissant jusqu'à la captivité, et il l'eût été « jusqu'à la mort, s'il l'avait fallu. Ils sont rares, les « bons soldats qui servent Dieu au milieu de la paix; « mais bien plus rares encore ceux qui, par amour « pour le Seigneur, bravent les persécutions et « résistent, sans trembler, à ses ennemis. Tel a été « votre père, qui, comme un véritable ami du « prince des apôtres, a toujours combattu avec nous, « sans déserter un seul instant la bataille^ »
1. Mcndaciorum dcstructor non def'essus, et sincerae vcrilatis tc.-tis révère idoncus... queiii pro incomparabili tantaruin virtiitum indus- Iria intimum lamiliarem necnon prœ cseleris omnibus révère sibi dilectissimuni Domnus papa unicc sil)i pncroç^avit. Bertiioldi, Annal. ann. 107S-70. ap. Pertz, p. 515 et 524.
1. Ob instantisî^imuni lidei calorcni, bis confcssor factus, propter Dominum cxilia, compedesque est perpcssus. Paul. Beunuied., ap. Gretseu, p. 142.
5. Pro B. Pétri amore facttis est obedicns usqnead corporis captionem, et paratus fuit, si oportcrct, mori.... Ilari sunt boni (lui ctiam De. in pace serviant : scd rarissimi, qui pro illius amore pciseculio-
<;iiiLiiiiuM.i, Bernard de Saint-Victor eut pour compagnon de
cardinal . . . i ri •
et légation et de captivité le Normand Guittmond,
.l'Avorsa. qui avait fait preuve d'autant de désmtéressement que de fierté en présence de Guillaume le Conquérant, et que Grégoire avait nommé cardinal et archevêque d'Aversa^ Les deux légats furent l'un et l'autre emprisonnes par un partisan de Henri IV, malgré la parole que le prince avait donnée au pape, à Canosse. Les vénérables prisonniers ne furent relâchés que grâce à l'énergique intervention de l'abbé Hugues de Cluny : ils s'en revinrent, dépouillés de tout et presque nus, au monastère de Hirschau\ Richard, cardinal comme son frère Bernard, le remplaça comme abbé de Saint-Yictor de Marseille et comme légat en Espagne. Là, d'après les désirs du pape, il réussit à faire substituer la liturgie romaine au rit mozarabe. Fidèle à la maxime de Grégoire, qu'il vaut mieux rétablir et conserver que créer et agrandir^, Richard consacra plus tard son zèle à la restauration et à la réforme des principaux monastères espagnols.
nés non timeant, vel qui se contra inimicos Dei indubitanter opponant... Pr.icdicluspater vcster, rêvera apostolorum principem diligens, in cjus acie nobis adliœsit.... Lib. VI, epist. 15. — Bernard mourut en 1079.