Cuni hoste in campo. Vit., c
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qu'il s'efforrail de prendre m tout pour modèle', Anselme eut à subir la perséeution et l'exil; mais il réussit, avec l'appui de Matliilde et en qualité de lé- «•al du pape, à maintenir les catlioli([ues du nord de l'Italie dans l'orthodoxie, et à leur procurer les secours spirituels dont les avait privés la défection de leurs pasteurs ordinaires'. Il parvint aussi à rétablir la vie régulière dans les églises et les monastères des vastes États de Mathilde% employant à cette fin les mesures les plus énergiques : à son sens, mieux valait pour l'Église n'avoir ni prêtres ni moines que d'en avoir de scandaleux*.
En Allemagne, où la lutte devait être plus Ion- U . gue et plus sanglante encore qu'en Italie, ce n'é- ^J
tait pas seulement par des légats et par des moines étrangers, français ou italiens, que le pape pouvait réagir contre le mal. Il fallait trouver, parmi les moines du pays même, une armée nombreuse et disciplinée. Mais rien n'était moins probable que le succès d'une telle tentative. Nous avons plus d'une fois indiqué à quel point la simonie et le désordre avaient envahi les monastères allemands, pendant
1, Anlc omnia id studii semperhabuit quatenus primum magistrum sijuin papam Grogorium imitarctur in omnibus, adeo ut discrepareab iilo prorsus noluit. Ihid., c. 20.
2. Per omnem Longobardiam.... concurrunt catholici.... absolutionem accipiunt : ibi chrisma, ibi î^acros ordines exqiiirunt. C. 20.
.". I*cr singulasccclesias in oinni supra dictae doniinse terra. C. 24. 4. Malle se ut in Ecclcsia nullus esset vel clericus vel inonachus quam irrcgulariset irreligiosus. Ibid.
la première moitié du onzième siècle. La minorité de Henri IV avait mis le comble à l'abaissement du '^' clerfi^é réffulier. L'indigne ministre du ieune roi,
,, , Adalbert, archevêque de Brème, qui vendait au plus
offrant toutes les dignités ecclésiastiques et séculières, se croyait obligé de ménager les évêques et les grands vassaux laïques ; mais il faisait sa proie des monastères dans lesquels il ne voyait que des domaines royaux, dont les abbés devaient être considérés comme de simples fermiers. Pénétré de cette pensée , le souverain ne mit nul frein à ses exactions et s'adjugea deux des principales abbayes d'Allemagne, après en avoir livré d'autres à divers princes et prélats qu'il voulait avoir pour complices \ Le mal ne fit que s'accroître lorsque Henri IV eut commencé à gouverner par lui-même. Le palais impérial devint alors une sorte de marché où le roi vendait publiquement la dignité abbatiale, sans s'arrêter à d'autre considération qu'à celle du prix plus ou moins élevé qu'offraient les acheteurs \ C'est ainsi que le favori du prince, Ro-
1. L'archevêque de Brème prit pour lui Lorscli et Corvcy, donna Malmédy et Cornelimiinster à l'archevêque de Golog-ne, Seligensladt à celui de Wayence; Isitaïch au duc de Bavière, Kempten au duc de Souabe. Lameeut., Ioc. cit.
2 Ut abbatia' publiée vénales prostituantur in palatio, ncc
quisquam tanti vénales proponere queat, quin protinus eniptorem inveniat.... nec quccralur ex abbatibus eligendis, quis dignius prœesse, sed quis carius abbatiam possit emere. /(/. , an. 1071, ap. PEniz, V, 184.
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bci't, surnomme ïarycK lier \ acheta, nioyciinanl mille livres, l'illuslre abbaye de Reichenaii% et oflï'it cent livres cFor pour obtenir le monastère de Fulde, le premier de rAUemaj^ne, dont l'abbé vivait encore. Or, ce Robert était moine lui-même, et nul ne s'en scandalisait, car, il faut bien l'avouer, les religieux des communautés allemandes avaient fini par subir la contagion des vices qui souillaient la plupart des églises. Au premier rang des simoniaques qui infestaient la cour impériale figuraient d'indignes moines qui mendiaient ouvertement les évèchés et les abbayes, en promettant au roi des monts d'or ^ comme parle l'historien contemporain. Dans ces marchés sacrilèges, l'avidité des vendeurs n'effrayait point l'ardente convoitise des acheteurs*; on s'émerveillait des richesses dont faisaient parade des hommes qui avaient tous fait vœu de pauvreté \ Cet affreux scandale avait déversé sur la tête des moines allemands une telle ignominie, que les innocents étaient confondus avec les coupables ^