‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 176 sur 196 · Labbe et CoLETTi, Conc, t. XII, p · texte numérisé non relu

Labbe et CoLETTi, Conc, t. XII, p

2. Nous ne pensons pas qu'on ose contester sérieusement l'existence de ce droit après la double démonstration qui en a été donnée avec autant de modération que de science par M. Gosselin, directeur à Saint- Sulpice [du Pouvoir des papes aiinioyen âge), et par M. l'abbé Jager, professeur à la Sorbonne (cf. l'Introduction à VHist. de Grég. VII, par Voigt). Il suffit, du reste, de rappeler le canon du concile de Verceil, en 755, transporté par Charlemagne dans les Capitulaires (Baluze, 1. 1, p. 1071), et d'après lequel l'excommunié qui ne donnait pas satisfaction à l'Église était condamné à l'exil. Nous renvoyone à l'ouvrage de M. Gosselin pour les preuves nombreuses et irréfutables qu'il a rassemblées sur ce point.

3. Voir les textes si précis de Paul Bernried, de Bonizo, de Hugues de Flavigny à cet égard.

Il n'y avait aucune exception pour les rois : on peut dire, au contraire, que c'était contre eux, en cas de résistance obstinée aux jugements de l'Église, qu'étaient dirigés les lois et les décrets répressifs. Connment, en effet, au sein d'une société entièrement pénétrée par le catholicisme, auraiton pu concevoir le maintien de l'autorité suprême entre les mains d'un homme exclu, par sa propre volonté, des sacrements de l'Eglise? L'excommunié impénitent, après avoir trahi Dieu, ne devait-il pas trahir la foi jurée à son peuple^? Henri IV lui-même, au moment où il faisait rendre, par ses évoques, une sentence de déposition contre Grégoire-, reconnaissait qu'il pouvait être déposé, s'il abandonnait la foi'. Les défenseurs du monarque, dit Fleury, se bornaient à dire qu'un souverain ne peut être excommunié*, prétention absurde en soi, foudroyée par Grégoire dans ses fameuses lettres à Hermann, évêque de Metz% et d'ailleurs, contredite en fait par de nombreux exemples depuis les sen-

i. Fénelon, dissertation de auctoritale summi poniificis, c. 39, p. 335. M. Gosselin l'a citée et commentée.

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