‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 190 sur 196 · Dixit synodus tibi sancta · texte numérisé non relu

Dixit synodus tibi sancta

Tu pater es patrum : blasphemum contere pravum Est nostrum quippc jussis parère tuisque, Pro Christo inortem patienter gliscimus omnes. Judicium confer, gladium trahe, percute fortcm ; Omnibus cxcelso dignura clamantibus esse Privariregno Regcm.

DoMNizo, Vit. Mathlld. ap. Laebe, ann. 1076. 2.IIenrico Régi, qui contra tuam Ecclesiam inaudita superbia insurrexit, totius regni Tcutonicorum et Italiîc gubernacula contradico et omnes christianos a vinculo juramenti quod sibi fi ccriut vel faciont, absolvo, et ut nullus ci sicut rcgi serviat, intcrdico. Coletti, ConciL, XII.

tant que le prince refuserait de se faire absoudre avant Tcxpiration de l'année. Lorsque les princes allemands s'assemblèrent à Tribur, pour procéder, deleurcôlé, à la déposition de Henri, Grégoire intervint, une seconde fois, auprès d'eux, pour calmer leur exaspération contre le tyran, dont il espérait que le repentir toucherait le cœur : « Comme c'est non « l'orgueil et la cupidité, leur écrivait-il, qui nous « a ému contre Henri IV, mais bien le zèle pour « la discipline de l'Eglise qui nous a seul excité, « nous vous supplions, en notre Seigneur Jésus, « et comme nos frères bien-aimés, de l'accueillir « avec douceur s'il se convertit de tout cœur. Dé- « ployez envers lui, non-seulement la justice qui « pourrait l'empêcher do régner, mais la miséri- « corde qui efface beaucoup de crimes. Souvenez- « vous de la fragilité humaine, qui nous est comte mune a tous; n'oubliez pas la noble et pieuse « mémoire de son père et de sa mère : versez l'huile « de la pitié sur ses blessures ^ »

Ailleurs, en rendant compte de sa conduite aux ^^'^-•éoire vu

^ rend compte

princes et aux peuples de l'Allemagne, il disait: «Si ^e ses actes

*■ * ^ o ' ayx princes

« le roi voulait accepter nos décrets et réformer sa ^' ''"^ peuples

*■ d'Allemagne.

1. Ep. IV, 3. Coepiscopis, ducibus, comitibus, universis quoquc fidem cliristianam defendentibus in regno Tcutonico habitanlibus. — Liiden soutient avec beaucoup de raison que cette lettre dut ê:re considérée par les princes comme une intervention directe en faveur du roi, qu'ils avaient à leur disposition et à qui elle rendit le plus grand service. Ilist. du jycuplc allemand, IX, 05.

MUWES d'oCC. VI. 40

« vie, Dieu nous est témoin de la joie que nous in- « spireraient son salut et sa gloire, et de la charité « avec laquelle nous lui ouvririons le giron de la « sainte Église, comme à celui qui, constitué prince « du peuple et maître du plus beau des royaumes, « doit être le défenseur de la justice et de la paix (( des catholiques... Si, par l'inspiration de Dieu, il {( voulait se repentir, quelles que soient ses entrece prises contre nous, il nous trouverait toujours « prêt à le recevoir dans la sainte communion ^ » Après l'absolution de Ganosse, Grégoire adopta la conduite la plus propre à ramener définitivement Henri dans le chemin de l'ordre et de la justice. Tout en reconnaissant les peuples insurgés comme associés à ses périls et aux combats de la justice contre l'iniquité, il n'approuva pas l'élévation précipitée de Rodolphe de Souabe au trône dont Henri IV avait été déclaré indigne par les princes; et, bien qu'à la diète de Forchheim, où l'élection s'était faite, l'indépendance de l'Église et la liberté des élections épiscopales eussent été formellement stipulées, il garda, pendant trois années une stricte neutralité entre les deux rois.

1. Deum testem invocavimus et iuvocamus, quantum nos de ejus salutc et honore gauderemus, et cum quanta caritate euin in gremium S. Ecclesiae amplecteremur.... qui bi Dco imperante voluerit resipiscere, quidquid contra nos molialur, semper tamen nos ad recipiendum... paratos inveniet. — Cette belle lettre, donnée par Pau) Bcrnried, c. 78, et par Bruno, c. 72, manque au Rcgcstum des épitres de Grégoire VII, dans la collection des Conciles.

MOINE ET VXVE. 607

« Nous n'avons promis, écrivait-il aux Allemands, « ni à l'un ni à Taulre clos deux rois de leur prèler <( un concours injuste, car nous aimons mieux mou- « rir, s'il le faut, que de nous laisser entraîner par « notre inclination à ce qui pourrait troubler TE- (( glise de Dieu. Nous savons, en effet, que nous a sommes ordonné et constitué sur le siège apos- « tolique pour y chercher non pas notre avantage, « mais celui de Jésus-Christ, et pour tendre, à <( travers mille labeurs et en suivant la trace de nos « pères, au repos futur et éternel ^ »

Cette extrême modération indignait les Saxons et tous ceux qui avaient secoué le joug de Henri. Ne comprenant pas les motifs qui portaient le pape à espérer, malgré tout, que Henri se rappellerait l'absolution de Canosse, ils soupçonnèrent le pontife d'une lâche connivence avec leur tyran, et ils lui écrivirent les lettres les plus vives pour se plaindre de l'abandon où on les laissait, en temporisant, comme il le faisait, avec l'ennemi commun, au prix de leur sang, et pour le supplier, au nom du Christ, de reprendre courage et de frapper les loups qui dévoraient le troupeau fidèle. Exaspérés par les lenteurs du pape, et, après lui avoir rappelé, dans le langage le plus pressant, et les épreuves qu'ils avaient endurées pour obéir à la première sentence apostolique, et les conséquences

Page 1