‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 44 sur 196 · MAiiii.i.oN, [{éflexions, t. II, p · texte numérisé non relu

MAiiii.i.oN, [{éflexions, t. II, p

4. Voir la récente histoire du Mont-Cassin, en trois volumes in-8, par D. Ld.gi Tosti, moine de cette ahhaye, qui promet un digne suc

Moines remarquables

par

leur ardeur

littéraire

depuis

saint Pacôme

jusqu'à saint Anselme.

mes tels que Paul Diacre, l'ami et le correspondant de Cliarlemagne ; l'abbé Berlhaire, Français de naissance, médecin en même temps que moine et martyrisé par les Sarrasins en 889; Tabbé Frédéric, l'archevêque Alphano et l'abbé Didier, que leurs goûts litléraires n'empêchèrent pas de compter parmi les champions les plus intrépides de la liberté de l'Église, et les collaborateurs les plus actifs de Grégoire YIl.

Il est incontestable que, depuis saint Pacôme et saint Basile jusqu'aux contemporains de saint Anselme et de saint Bernard, presque tous les moines éminents se distinguèrent par leur amour des saintes lettres et leur zèle pour l'éducation. A l'appui de cette assertion, il doit suffire de citer un petit nombre de noms éclatants, tels que Cassiodore, Denys le Petit, saint Benoît d'Aniane \ Raban Maur, Alcuin, Loup de Ferrières, Gerbert, et tous les abbés de Gluny, depuis saint Odon jusqu'à Pierre le Véné-

cesseur aux anciens pères de cette maison. — Cf. Giesebrecht, De litlerarum sludiis ajmd Ualos i)rimis Medii JEvi sœculis; Berolini, 1845, in^"*. Les trente dernières pages de cet opuscule sont consacrées au Mont-Cassin, et renferment de très-précieux détails. D'ailleurs il suffit de parcourir le Chronicon S. Monast. Casinensis, par Léon d'Ostie et Pierre Diacre (apud Murator., Script., t. IV), pour se convaincre du développement des études dans ce monastère.

1 . Les expressions du biographe de ce saint réformateur de l'Ordre Monastique méritent, ce semble, d'être citées : Monasteriorum salubres consuetudines didicit suisque tradidit monachis obscrvandas... Instituit cantores, docuit lectores, babuit grammaticos, et scientiae scripturarum peritos, librorum mullitudincm congregavit. Vita, c. 27. AcT. SS. 0. B., t. IV, p. 192, od. Venet.

L'ÉGLISE ET LA FÉODALllÉ. ! 19

rable. Tous se moiilnncuL iiclolcs au précepte de saint Jérôme écrivant à son disciple : « Ayez tou- « jours un livre à la main ou sous les yeux\ » et à l'exemple de Bède, qui disait avoir toujours aimé à écrire, à apprendre ou à enseigner'.

Dans chaque monastère on avait successivement ét^ibli une bibliothèque, dévastes salles de travail, où, pour augmenter le nombre des livres, d'habiles calligraphes transcrivaient des manuscrits, et enfin des écoles ouvertes à tous ceux qui avaient le besoin ou la vocal ion de la science. A Montierender% à Lorsch, à Gorvey, à Fulde, à Saint-Gail, à Reichenau, à Nonantule, au Mont-Gassin, à Wearmouth, à Saint-Alban, à Groylan, existaient des bibliollièques célèbres*. A Saint-Michel de lAmcbourg% il y en avait deux. Tune pour Tabbé, l'autre pour les moines ^ En d'autres abbayes, comme à Ilirschau, l'abbé lui-même prenait sa place au Scriptoi'ium où beaucoup d'autres moines s'occupaient de transcriptions \ A Saint-Riquier,

1. Nunquam de manu etoculis recédât liber. Eplst. ad Bustic. "l. bemper aut discere, aut docere, aut scribere dulce babui. Epist. ad Accam, cité par Mabillon, Tra'Ué des Études, p. 80.

3. Gerbert envoyait demander à la bibliothèque de Monteriender les Commentaires de César, que les moines y avaient transcrits.

4. Voir les catalogues de plusieurs de ces grandes bibliothèques, récemment publiées par le cardinal Mai, au tome V du SplcUcyium Romanum, 1859-42.

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