Y. Anx, I
2. Notker Labeo fit une paraphrase de la Logique d'Aristole en allemand. Arx en cite un fragment considérable, t. I, p. 262.
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dérobée aux liommes qui composaient des livres ou qui en lisaient dansée temps-là, on demeure stupéfait de rétonnante puissance du mensonge et de rincroyable facilité avec laquelle son empire s'étend et s'enracine. Avec les relations intimes qui existaient, au moyen âge, entre les moines et les laïques, comment concevoir que ces derniers n'eussent pas acquis la connaissance des récits et des textes de la Bible?
S'il est hors de doute que les moines faisaient de l'Écriture sainte la base de leurs études théologiques, il est également certain qu^ils y rapportaient une foule d'autres sciences cultivées par eux, et, notamment, tout ce qu'ils pouvaient «a-v»oir en fait de sciences physiques \ De là ce fait que, dans la plupart des ouvrages du moyen âge, le terme de scripturx ou script iirx sacrx ne désignaient pas toujours l'Ecriture sainte, mais toutes sortes de livres qui traitaient des vérités chrétiennes ou ecclésiastiques, et pouvaient aider à l'intelligence de la parole de Dieu\ Grâce à cette extension illimitée, les moines étaient loin de se bornera l'interprétation de la Bible ou aux diverses branches de la théologie, qu'on suppose avoir été leur étude exclusive jusqu'à la Renaissance. Ils ne demeu-
1. Voir à ce sujet, la bollo d<''nnonstralion de Mal)illon, dans ses Brflexions sur la réponse de M. Vabbé de la Trappe, t. T, art. 15, et le passage précieux qu'il cite de saint Grétroire Thaumaturge,
2. Voir la preuve dans Mabillon, iléflexinim, t, I, p, 109, 230; t. Il, p. 09.
iU L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ.
raient étrangers à aucune connaissance : la philosophie, dans sa forme scolastique, la grammaire el la versification, la médecine, la botanique, la mécanique, l'astronomie, la géométrie dans ses applications les plus pratiques, étaient l'objet de leurs recherches et de leurs écrits*. Leur vie dans le cloître était, en quelque sorte, la continuation permanente de leur éducation première \
Cette science laborieuse et variée des moines trouvait une application aussi naturelle qu'universelle dans l'éducation de la jeunesse. On peut affirmer que ce fut là le principal emploi de l'activité monastique pendant tout le moyen âge. Le bienfait de l'instruction fut à peu près exclusivement répandu par leurs soins, depuis le neuvième jusqu'au quatorzième siècle, c'est-à-dire pendant l'époque de la plus grande splendeur et de la plus grande puissance de l'Eglise. Lorsque l'enseignement passa aux corporations séculières, par la
1. Entre mille monuments de celte diversité d'études, au sein des monastères, nous indiquerons le poème curieux adressé par le moine saint Alfano, issu des princes de Salerne, à Théodin, iils du comte des Marses, novice au Mont-Cassin ; on y trouvera le détail des occupations de la journée dans le grand monastère, et des notions sur les études astronomiques, botaniques, etc., qu'on y suivait. Ce poëme a été publié par Giesebrecht dans l'opuscule que nous avons déjà cité.
2. C'est ce qu'indique très-bien un curieux passage relatif aux moines de l'abbaye de Saint-Michel de llildesheim, au onzième siècle, dont il est dit : Ita ut timidins in clauslro quam in sc/wlis manum ferulœ suhducere viderenlur. CInon. S. Midi. ap. .Meib Script, rer. Germ., t. II, p. 517.
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tous les pays, n en dcmeurereiil pas moins charges confiée de pourvoir à l'éducation religieuse et intellectuelle du neuvième d'une grande partie de la jeunesse chrétienne. De- quinz'iême j)uis répo({iie des premières fondations de Cassiodore, en Calabre, jusqu'à celle des dernières communautés supprimées, de nos jours, en Bavière, en Espagne et en Suisse, les monastères sont restés toujours fidèles à cette tradition, excepté toutefois ceux dont la commende avait dévoré la substance et anéanti la discipline.
En thèse générale, tout monastère était une école, et ces deux mots furent presque toujours svnonvmes^ Les solitaires de la Thébaïde reccYaient des mains de leurs amis, restés dans le monde, des enfants qu'ils avaient mission d'élever \ Saint Jean Chrysostome atteste que, de son temps déjà, les habitants d'Antioche envoyaient leurs fils étudier dans les monastères''. La règle de saint Benoît fait une mention expresse des soins qu'exige l'éducation des jeunes écoliers * : lui-même avait
1. C'est pour cela qiic Tasbiloii, duc de Bavière, dans un diplôme donné à Kremsmunstcr, qualifie les abbayes fondées par ses ancêtres de monasteria studiorum. IIukter, t. IV, p. 99. — Un auteur français, Baudoin Moreau, cité par Ziegelbauer (I, 8), a constaté cette vérité dans les termes suivants : Omiiia cœnobia crant gymiiasia, et omnia gijmnasia cœnobia.
2. Dédit eam ad disccndas littcras intra monasterium. VU. S. Marinœ, ap. Rosweyd, p. 393.