Voir Mabillox, Réflexions, art. vi, t. I, p. 55 à G
3. Ibiil., art. 12. — Saint Benoît n'avait pas fixé d'âge pour l'entrée des enfants dans les monastères. Saint Grégoire le Grand exigeait dix-huit ans pour l'admission définitive à la profession ; mais il y a une foule d'exemples d'enfants reçus dès l'âge de sept, de cinij et même de trois ans. Dom Titra en a cité plusieurs dans son Histoire de saint Léger, p. 100.
uraiidir à ronibre du cloître ^ En rcuillelaiil les usages de Cluny, rédigés par le saint moine Udalric, contemporain, lui aussi, de Grégoire VU, ori pourra se convaincre de la forte et exacte discipline, en même temps que de la scrupuleuse sollicitude, qui présidait à l'éducation des nombreux enfants recueillis par cette reine des abbayes'. Le bon religieux termine par les mots suivants le chapitre qu'il consacre aux enfants: «Après avoir souvent « considéré avec quel soin on veille sur eux, nuit c< et jour, je me suis dit, dans mon cœur, qu'il « serait diflicile que le fils du plus grand roi put « être élevé dans un palais avec plus de sollicitude « qu'on n'en témoigne au dernier d'entre eux, it « Cluny \ »
Mais il n'y a rien, peut-être, qui démon Irt^ mieux combien cette œuvre d'éducation s'était identifiée avec l'esprit monastique, que la charte, conservée dans les archives de Saint-Gall, par laquelle un serf, un homme de corps de l'abbaye, consacre une partie de son pécule à fonder la conces-
1. Decri-la pro ord. S. Jlcitccl., iip. Wjlki.ns, Coiicil.anfjlic. i^l Bibf. Ihitrum. t. XVIJf, p. 7(>5, cd. Lugd.
"2. Antiqiiiores cunsueludines Cluulacetisis monaslcrii, collecloro S. Udalhico monacho bcncdiclino, lib. III, c. 8, yp. d'Aciieuv, Spicilcg., t. I, p. 690.
5. Et ut tandem de pueris concludani, sa'pe numéro videns quo studio die noctuque custodiantur, dixi in corde mco difficile fiei i |)0.sse, ut ullus régis filius majore diligci.tia nutrialur in palalio, quam puer quilibct minimum in Cluniaco. Ibid.
sion annuelle d'une coupe de vin, jjour chaque écolier de l'abbaye, le jour de Pàqnes \
Depuis la régénération des éludes dans les cathédrales et dans les monastères, sous Cliarlemagne, il s'était conservé un certain nombre d'écoles épiscopalcs dans divers chefs-lieux de diocèses, mais non '(h '(Icoies^ ^*^^^ tous ^ Les écoles épiscopales avaient ellesmêmes le plus souvent des moines pour fondateurs et pour maîtres^ : on le voit par l'exemple
avaient U;s religieux IKiur iiiiiîlres
1. Pucris adhuc sclioke dedilis cyatus cum viiio prœLeatur. — Ce serf [lelbiegene] se nommait Erchenbert, et ses Ijiens étaient situés à Elk. Charte citée par Arx, Ilist. de S.-Gall, t. 1, p. 189. — M. de Courson raconte, dans le MowiïeMrwmv^rse/' du 17 mars 185 4, col 302 [les Anciennes Forêts , un trait délicieux de la vie de S. I.ubin (LeoLinus), qui vivait au milieu du sixième siècle et qui mourut, après avoir élé évêque de Chartres, en 550. Un jour qu'il gardait les bœufs de son père dans un pâturage [in pascuis), près de Poitiers, Lubin vit venir un moine de îs'oaillé; et, comme il avait grand désir d'apprendre à lire, il supplia le religieux de lui tracer les lettres de l'alphabet. Mais celui-ci, cum non habcrei codicis aid labularum supplemen-
him, prout potuit apices in cingulo scripsit : ul guimultis crot
profuturus ad exemplum caslilatis, ipse cœlibaluszonacircumdalus, candoris instar fragrantis lilii, circa renés haberel cingulum lilleris inseriplum vcrilaiis. (Act. SS. 0. B., ssec. I, p. 125.1
L'iiagiographe ajoute que le père du jeune Lubin lui accorda des tablettes, mais sans lui permettre de renoncer aux travaux des champs. Lubin passa sept années dans un monastère [in quodam tnonaslerio). Obligé, pendant le jour, de vaquer aux fonctions de cellerier, il consacrait ses nuits à l'étude; et, comme il craignait d'exciter les murmures des frères, feneslrœ qnœ ocnlis fralrum patula erat, vélum opposait, ut lumen eis redderet snbobscurum, et ipse lectionis caperet incrementum. Plus tard, Lubin devint pèlerin de la science, visita Saint-Calais, Saint -Loup, Saint-Césaire, Lcrins, et revint mourir dans sa première cellule. 2. GiESEBUECHT, Dc Uller. studiis ap. Halos, p. 14. 5. Mabii.lox, P/YP/". insœc. III Bened., p. 10.
L'ÉGLlSi: ET LA FÉODALITÉ. 109
(le (lerhort à Reims, et, mieux encore, par celui (lu moine Tlicodore, archevêque de Gantorbcry, (jui, avec le concours de l'abbé Adrien, son ami, ensei<^nait aux jeunes Saxons non-seulement les saintes Ecritures, mais en outre les règles de la poésie, Taslronomie, l'arithmétique, et amenait ses élèves à se servir du grec et du latiri presque aussi facilement que de leur langue maternelle V Mais la plupart des diocèses envoyaient leurs élèves aux écoles des monastères : au onzième siècle, par exemple, la jeunesse de Lyon, Besançon, Autun, Langres, Ghâlons et Strasbourg, allait étudier à Luxeuil, sous Técolâtre Constance, mort en 1015 ^ 11 y avait des écoles, dites Palatines^ dans les palais des rois de France et d'Allemagne, et d'autres écoles privées et libres dans plusieurs villes; mais presque toutes celles dont on a gardé le souvenir étaient tenues jiar des religieux. Au premier rang des moines professeurs brillèrent le célèbre Alcuin, chef des écoles de la cour de
1. Ll ([iiia lillcris sacris simul el scecularibus... abundanter amho eraiit in^l^ucli, congrcgata discipulorum calerva, scientiœ salutaris «luolidie llumina irrigandis eorum cordibus cmanabanl ; ita ut etiaiii nietriuii artis astronomke et arilhmeticœ ecclcsiaslicœ disciplinam iiiter ^acroruiii apicuin voluniina suis auditoribus contradereiU... usquc hodie siipersunt de eorum discipulis qui latinam grœcamquc liiiguaiii reque ut propriain, in qua nuti sunt, norunt. Iîei>., Hlsl. eccles., IV, 2.
2. Ce Constance était auteur d'un traité sur la nature des li(juidos. Ilisl. litlér. de France, t. VII. p. 82. Son disciple, Gudenus, écrivil une élé;;ie toucbante sur la mort du favant moine. — Voy. Ed. Ci.ki.c, E>isai sur riùnt. de Franche-Comté, t. I, p. 2i3 ; et oWciiEur, Spicilcg.
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Charlemji'^^rie , puis Keiny, moine de Saint-Germain-d'AuxeiTc, qui dirigea successivement l'école rurale des prêtres de lieims et Técole palatine de Paris, établie dans le palais de Charles le Chauve. Le saint homme y enseignait surtout h\ dialectique et la musique, et il passe pour avoir contribué, plus que personne, à répandre l'étude des lettres dans la France du neuvième siècle ^ Plus tard, se liront distingue!" Ilildéric à Bénévenl, sous l'empereur Louis II, et, au onzième siècle, Guillaurae d'Averse et Benoît de Cluse ^ Les juges les plus compétents regardent les Bénédictins comme les premiers maîtres et les véritables fondateurs des plus célèbres écoles de l'Europe moderne, telles que les universités de Paris'', d'Oxford', de Cambridge', et l'école de médecine de Salerne^
1. Ex Ilemigio propagata est per uiiiversani i'cre GalJiaiu scioiilia litterarum. Uahili., Prœf. in V sœc. Jicned., n. 45. Cf. Prœf. in IV STC, r.. 181, et in VI sœc, n. 7 ; Floiioaiu», liv. IV, c. 5; Ziegelbaii;!;, t. I, p. '2G. — Ce fut Rémy qui forma saint Odon, deuxième abLc do Cluny. Voir sur le caractère à la fois laïque et ecclésiastique de l'enseignement, dans les écoles des palais mérovingiens et carlovingiens, les excellentes démonstrations de Dom Pitiia, IlisL de saint Lc(/ci\ cil. 2 et 3, et d'Oz-^iNAM, Études gcnn., 1. 11, c. 9.
Sous Clotaire 11, le chef de l'école palatine portait le titre d'abhc du palais.
2. GiEïEniiEcuT, 1. c, p. 15, IG. Cf. Maiîillo.n, Annaf., t. IV, p. 1"H\ cl Prœf. in sœc. IV Jiened., § viji, n. 181.