‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 56 sur 196 · Mort en · texte numérisé non relu

Mort en

L'ÉGLISE KT LV FÉODALITÉ. m

et sont nourris aux frais des al)bayes' transformées en (le véritahles séminaires, dans le sens moderne

du mot.

Sans doute, il y avait là un moyen indirect de recruter les rangs monastiques eux-mêmes, car un certain nombre d'élevés devait naturellement préférer la vie religieuse à toute autre ; sans doute aussi l'Église était appelée à recueillir les meilleurs fruits d'un tel enseignement; mais, encore une fois, on ne le refusait à aucun des laïques qui voulaient en profiler, même avec l'intention avouée de rester dans le monde '. Aussi voit-on les fils de

1. Ici encore le texte est Irop curieux pour ne pas mériter toute laftcntion du lecteur : Cerncns vigilautissimus pater, quodnam non solum illoin \oco [Fécamp], sed etiamper totam provinciamillam,necnon per totam Galliam, in plebeiis maxime scientiam psallendi ac legendi deficere et annullari clericis, instituit scholas sacri ministerii, quibus. pro Dei amore assidui inslareut fratres luijus ofticii docti, ubi siquidem gratis largiretur cunctis doctrinœ beneficium ad cœnobia sibi ■ commissa confluentibiis; nullusque qui ad hœc vellet accedere prohibetnr. Quin potius tam servis quant liberis, divitibus cum egeniny uniforme caritatis impendcrelur documentum. Plures eWaxn ex ipsi^ cœiwbiis, utpote.rerum tenues, accipiebant viclum. Ex quibus quoq.ie uonnulli in sanctae conversationis monacliorum devencre habituiM. IIapclph. HLAbER , in Vit. S. Guillelm., n. 11. — On voit donc que l'abbé Guillaume avait fondé de véritables séminaires cinq siècles avant le concile de Trente, et que ces maisons d'éducation ressemblaient même aux petits séminaires de nos jours.

2. Voir les nombreux exemples et témoignages cités par Ziegel- BALF.R, Ilist. litt. 0. S. B., pars I, c. 1, et c. 2, § 1 et seq. — Werniierus, dictus Kemplio, curtem nobiscontulit hoc pacto ut Marquardus ncpos ejusdem quirrdecim annis apud nos erudiendus si libenter profiteri voluerit, consortio nostro adunetur. [Monumenla Boica, t. X, p. 1 iO.) — On tiouve dans le même recueil (t. I, p. 184). une don;-

possesseurs de fiefs, qui relevaient de Saint-Gall, faire leur éducation dans celte grande abbaye* où, comme dans toutes les autres, on ne reconnaissait parmi les élèves d'autre supériorité, d'autre distinction que celle de la capacité \ Souvent, en effet, à côté des fils de serfs ennoblis par la science et nourris par la charité des moines, on voyait assis des fils de chevaliers, comme ceux, par exemple, que la noblesse d'Aquitaine avait confiés au fondaleur de la Grande-Sauve^; ou comme ce jeune croisé, naguère lieutenant du vaillant Bo- .lémond, et qui, revenu de Palestine, plein de reconnaissance pour son maître saint Anselme, lui adressait, à l'abbaye du Bec, un reliquaire renfermant des cheveux de la sainte Vierge*.

En Allemagne, les enfants des seigneurs de la plus haute noblesse étaient aussi, de très-bonne heure, confiés aux moines^ Sous les Carlovingiens,

tion faite au monastère d'Au, à l'intention d'un enfant qui ne devait choisir un état qu après avoir terminé ses études.

l. Il est dit de Tutilo, le fameux musicien : Filios aliquoriim in loco ab abhate deslinato fidibus edocuit (Ekkeii., De casib. S. Galli, c. 5; et de l'abbé Nolker (975-î^85) : Filios aliquorum qui patrum bénéficia habituri erant, adsumptos severe cducaverat. Ibid., c. 10.

'2. Ekkehaud, Casus S. Galli, 10.

5. CiROT, Histoire de la Grande-Sauve, t. I, p. 292, et passim.

4. In quo sub tuo patrocinio ad setatem hominis provectus sum. Eadmer., Hist. novorum, 1. IV, p. 75, éd. Gerberon. — Il s'appelait Igyrus, et était magistcr militum du célèbre Bohémond.

5. Sub œvo Carolorum, Oilonuni, Ilenricorum, regum ducumquc liberi, tenelli adhuc, in canonicorum aut monachorum coUegia amandabantur; ut apud religiososliomines, procul a slrepitu offendiculis-

ral)l>aye de Sainl-Riquicr, en Picardie, complail cent enfanls dans son école, parmi lesquels des fils de ducs, de comtes et des premiers seigneurs du royaume \ A. Fleury, à Reiclienau, il y avait des collèges spéciaux pour les jeunes nobles, d'où ils sortaient pour se marier, et suivre la vie militaire*. A Saint-Germain d'Auxerre, au temps de la conquête de l'Angleterre par les Normands, l'abbé de Silby offrait au jeune Hugues, élevé dans ce monastère, le choix entre le baudrier de chevalier, dans le siècle, et la chevalerie monastique dans le cloître'. A la même époque, le jeune Jarenton, élevé à Cluny avec le plus grand soin, renonçait à la profession monastique, qu'il devait ilhistrerplus tard, pour embrasser la vie militaire \

(|iie aulicis, a tenero ungui ad exercilia pietatis, honestarumque ac lihcralium artium et linfïuarum cognitionemassuefierent. Meidom., in ilrdic. Yindiciar. Billing., ap. Ziegelbu'er.

1. Ccntum pueros scholis erudiendos... Slatuimus... In hoc enirri cii'nobio duce^;, comités, filii ducum, filii comitum, lilii etiam regum, educabantur : omnis sublimior dignitas quaqua versum per regnum Prancorum posita, in S. Richarii monasterio se parentem habere gaudebat. Chron. centul. in Spicileg., t. IL

2. Principes, comités et barones illic educarentur... tum bene institutis ac libero educatis integrum ac liberum erat prodire iterun» vel uxores ducere, vel aulas principum, vel militiam sequi. Bruschids, Monast. Germ. Chron., p. 8. Voir, du reste, les sages réflexions de ZiEGELBAL'ER sur Ce passago, Ilist. lilt. 0. S. B., pars I, p. 217.

3. In eodem Cflucatus monasterio abbati diu scrvierat. ., benignus Dominus... Duarum illi proposait optionem... vel militise cingulum in saeculo, vel militiam in monasterio. Hist. monast. Selebiensis in Anglia, c. 4. Ap. Laebf:, Dibl. nov. tns., I, p. 597.

4. Militaria potius instrumenta appetcns. Hugo Flavimac, ap. Labub, t. I, p. 107. — Le fait n'c-t pas nouveau : on avait vu, quatre siècles

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Quelquefois môme on voyait, dans les écoles moiiasliques, des fils de rois et des rois futurs, tels que; Pépin le Bref et Robert le Pieux, qui furent élevés, l'un à Saint-Denis, l'autre à Reims. Sanclie lo Grand, roi de Navarre et de Castille, sortait du monastère de Leyre^ comme Louis le Gros, roi de France, de l'abbaye de Saint-Denis, où, au dire de Sugcr, il était devenu un théologien très-instruit% ce qui, par parenthèse, ne l'empêcha pas d'être

auparavaiil, le noltle Aicadre, après avoir étudié, depuis dix ansj^u- •qu'à quinze, au monastère de Saint-llilaire de Poitiers, rentrer dans le monde et y passer plusieurs années avant de retomber au service de Dieu. Act. SS. 0. S. B., t. H, p. 954 et seq.

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