‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 6 sur 196 · En · texte numérisé non relu

En

5. Cujus avum et aviam fatentur lon^^am antiqurenobilitalis traxissc lineara. Act. SS. 0. B., t. VIIL ad ann. 9G2.

Donations

faites

par

los seigneurs

et par lems femmes.

la dola de tous ses biens-fonds'; le comte Eilberl de Ycrmandois, vainqueur de Charles le Simple, qui, d'accord avec sa femme Hersende, construisit d'abord Vasor% à la porte de son château, puis Saint-Michel en Tliiérache% et cinq autres abbayes, pour compenser le mal qu'avaient pu faire les garnisons des sept forteresses qu'il avait reçues en héritage de ses pères'; Guillaume, seigneur de Talmont, en Poitou, qui voulut aussi établir un monastère dans l'enceinte de son château, parce que, dit-il dans son diplôme, « si je ne puis vaquer « dignement par moi-même au service de Dieu, je c< veux du moins assurer une demeure à ceux-là « avec qui Dieu se plaît à habiter^; » Anselme, comte de Ribemont, qui, ayant fondé Anchin

1. En 923. L'abbé comte de Gemblours eut, jusqu'à la révolution, La première place aux états de lîrabant, dans l'ordre de la noblesse.

2. Valcmhiriim, en 944. Cette maison eut pour second abbé un jeune prince écossais, S. Cadroc, qui avait quitté son pays pour se faire moine en France. Act. SS. 0. H., t. VTI, ad ann. 975.

5 Cette abbaye, située à l'extrémité de la Picardie, près de Hirson et sur les confins des Ardcnnes, existe encore, transformée en manufacture. L'église est bien conservée, et offre de.s particularités curieuses dans ses cinq absides et son transsept, qui datent assurément des premières années du douzième siècle.

4. Construxerat scplcm maledictionis domicilia;... benedictionis et obedientiœ liabitacuki septcni comi^lere delibcravit. C/iro/i. Valciod., ap. d'Achery, Spicileg., t. II, p. 7i'2. Ce furent Yasor, Saint-Michel, Bucilly, Humblières, Ilartières, Florennes, et une septième dont jr n'ai pu retrouver le nom.

5. Ut qui vidclicct vacarc non possim quomodo Domino dig-ne facerem, illi saltem per me doinum haberent, in quibus Dominus babitarct. Dipl^iiiie de fondation, en 1042.

dès 1079, transforma plus lard en abbaye son propre iîef de Ribemont, avant d'aller mourir ojorieusement à la première croisade ; Alain, comte de Bretagne, qui fonda Saint-Georges, à Rennes, pour en doter sa sœur Adèle, qu'il offrait à Dieu comme son plus précieux trésor^ ; Geoffroy Martel, comte de Vendôme, et sa femme Agnès, lesquels érigèrent à Vendôme même la grande abbaye qui fut si longtemps Tune des premières de France ^ Ces pieux époux ne s'arrêtèrent pas là : ils fondèrent en outre Notre-Dame de Saintes^ et l'Aiguière *, enflammés du désir si général alors de contribuer au salut de leurs âmes par quelque aumône qui ne périrait pas.

Lorsque la fortune de ces seigneurs ne leur per-

1. Sororcm meam,thesaurum scilicet milii sub sole pretiosissimum, Deo obtuli. Diplôme de fondation, en 1050.

2. C'est-à-dire Tabbaye de la Sainte-Trinité, dédiée en 1040 par sept évoques assistés de vingt-quatre abbés. Celui de la Sainte-Trinité fut revêtu à perpétuité par Alexandre II, en 10G3, de la dignité de cardinal de l'Église romaine, du titre de Sainte-Prisquc. Ce monastère, dont la belle église subsiste encore, fut célèbre depuis par la possession de la relique de la sainte Larme. L'abbé Mattliieu de Vendôme devint régent du royaume sous saint Louis. Nous aurons à parler plus tard de l'abbé Geoffroy, l'un des plus ardents défenseurs du Saint- Siège pendant le pontificat d'Urbain II et de Pascal IL

3. En 1047. Cette maison était destinée à des religieuses, et l'on remarque, dans le diplôme de fondation, qu'il leur est accordé un certain nombre d'animaux apprivoisés, propter feminemn imbeciUdatem. Mabu.i.., Ann., IV, 4i7,

4. Ou l'Évière, en 105C. Pro liberatione animaruni nostrarum desiderantes aliquid non facile abolcndum elecmosynaî votum Deo... offerre.

meUail ni fondations ni donations considérables, ils se livraient eux-mêmes, à titre de serfs ou de vassaux, comme le fit un chevalier nommé Robert de l'Anguille, qui, pour avoir le droit de voir les ossements de l'abbesse sainte Hunégonde, offrit sa personne en servage à l'abbaye de Ilumblières, en Vermandois , sous le symbole d'une courroie en cuir de cerf, et y ajouta le don d'un jardin \

Les femmes nobles suivaient ces exemples. Richilde, dame lorraine, au moment de passer à de secondes noces, après avoir séjourné quelque temps à l'abbaye de Saint-Maur de Verdun, se l)résenta, la veille de son mariage, à l'église abbatiale, et fit, à Dieu et à saint Maur, l'offrande de sa personne et de ses enfants à naître, s'engageant à déposer une redevance annuelle sur l'autel du saint^

D'autres femmes, veuves et maîtresses de leurs biens, en disposaient au profit de l'Ordre Monastique. Traunstein, en Autriche, fut ainsi fondé par Ida, sœur du margrave Ottocar; Mûri, en Suisse,

1. Militaris vir... cognomento Anguillula... Se ipsum ob devotionem per ccrvinam corri{,dam servum obtulit, atque in exhibitioiie scrvitulis liorlum jure priDtlii tradidit iii villa quœ Marceja fcrtur. Trnndalio S. lhinc(jundis, in Act. SS. 0. U , t. VII, p. 226, éd. Venet.

2. Placuit ipsi ut de se ipsa polius quam de rebus ceteris et alienis victimam Dco et S. Mauiu solveret... Seque ipsani et liberos e\ se nascituros Deo et S. ^I;iiu'0 vovit, ea lege ut unaiiuirque proies annuuni censuni ad altare S. Mauri oilerret, mas quidem denarios duos, l'eniiua très obolos. Mahill,, Ann. Bcncd., 1. LXX, c. 71.

par une autre Ida, comtesse de Habsbourg * ; Banz, près Bamberg, par Albcrade, marquise de Ilobenbourg"; Saint-Denys de Broqueroie, en Hainaut, par Bichilde, veuve du comte de Hainaut et de Flamh'eMja vicomtesse llildegarde de Châteaudun donna son alleu de J]eaumont aux moines de Saint-Père de Cbarlres, à condition qu'ils Tenterreraient dans leur cloître où, marchant sur sa tombe, ils songeraient à prier sans cesse pour elle\

On chercherait en vain la raison mondaine, le Motifs but temporel d'une générosité si constante et si cos doifaiion-:. complète. H serait difficile de l'expliquer par le seul désir de s'assurer une tombe respectée, avec une épilaplie laconique comme celle qu'on lit encore au milieu des ruines de l'abbaye de Margam, au pays de Galles ^ :

Ici : igiôt : iUauricc ; îïr : Cult^re6 : k : fun^eur : Dieu : liiji : vciù ; son ; labeur»

1. En 1027. Cette abbaye, qui vient de succomber sous les coups de vils plagiaires du vandalisme français, était célèbre par sa riche bibliothèque où l'on trouvait, au douzième siècle, Martial, Perse Stace et Homère. Elle avait en outre In privilège d'anoblir tous ceux qui y prenaient l'habit. IkiiTEii, t. 111, 1. xxj, c. 0, not. 579 et 588.

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