‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 62 sur 196 · Traité des éludes monastiques, p. 10 et · texte numérisé non relu

Traité des éludes monastiques, p. 10 et

MOIKES DQCC. VI.

valent toutes les grandes traditions catholiques, avait doté son abbaye d'ouvrages aussi nombreux que précieux. A dater de ces patriarches de l'Ordre Monastique, et pendant tous les âges de son histoire, nommer un monastère important, c'est en même temps indiquer une sorte d'oasis de la science. Tous les abbés notables, tous les religieux fameux par leur piété ou leur austérité, se faisaient remarquer par leur zèle et leurs efforts laborieux pour rassembler, acheter, conserver les livres, pour en augmenter le nombre par la transcription. Je doute qu'il soit possible de citer un monastère ou un abbé connu qui fasse exception à la règle générale ^ De là ce dicton si connu, qu'un cloître sans livre est un château sans arsenal^.

Nous nous bornerons, pour échapper aux redites, à citer quelques noms et à rappeler quelques faits : au septième siècle, saint Benoît Biscop, fondateur et abbé de Wearmouth en Angleterre, faisait cinq voyages d'outre-mer afin de rechercher et d'acquérir des livres pour son abbaye, où il en rap-

i. Le désir d'abréger nous oblige à renvoyer, pour la démonstration de celte assertion, à Ziegelbauek, Hist. Hier. ord. S. Ben., pars 1, e. 5 et G, sect. 1, d'où le P. Cahier a extrait l'excellent article Des bibliothèques du moyen âge, dans son Essai déjà cité : S'il est vrai que le christianisme ait nui au développement des sciences humaines.

2. Littéralement : Un cloître sans armoire (de livres) est un château fort sans arsenal. C/auslrum sine armario quasi castrum sine armamentario, cité par S. Bernard. Cf. Martène, T/ies. Anecd.. t. I. c. 511.

^ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ. i'J5

portait, chaque fois, de grandes cargaisons*; au neuvième siècle, Loup de Ferrières transformait son monastère de Saint-Josse sur Mer en une sorte d'entrepôt pour le commerce des livres avec l'Angletorre^

Vers la même époque, au milieu des guerres qui ravageaient la Lombardie, l'abbaye de Bobbio réunissait la plupart des trésors littéraires qui font aujourd'hui l'orgueil de la bibliothèque Ambrosienne. Le monastère de Pompose, près Ravenne,. avait, au dire des contemporains, une bibliothèque plus belle que celles de Rome ou de n'importe quelle autre ville du monde". L'abbaye de Croyland comptait trois mille volumes dès le onzième siècle; la bibliothèque de Novalese en possédait six: mille sept cents, que les moines sauvèrent, au péril de leur vie, lors de la ruine de leur abbaye par les Sarrasins en905.Hirschau renfermait une quantité énorme de manuscrits*. MaisFulda l'emportait, par le nombre et le choix de ses livres, sur tous les mo~ nastères de l'Allemagne et peut-être du mon-ie

1. Libros non paucos vel placito pretio emptos, vel amicorum donc largitos retulit... innuiWrain libroruin omiiis generis copiam apportavit... Bibliotliecam quam de Roma nobilissimam copiosissimamquf advexerat.

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