Labbe, Sacrosancla Concilia, t. XI, c. C9 et
1'. In itincre posilus Siopius libellos gestarcl in mauibus ; itaque in »Nliiilando aiiimum reficiebat legendo... Philosophos vero sœcularis ,uc sapicntise libros tum leg.^bat. Chron. S. Denign., in SpiciL,t. II, p. o9i'. — Ilalinard fut fait archevêque en 1040.
r». Voir l'excellente réfutation de la thèse de M. Lil)ri, sur ce point, par le P. Caiueh, op. cil., t. XVII, p. 555; XVill, p 51.
monastères.
"iOi L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ.
()alcs bi])]iollièqucs monastiques S pendant les siècles que des liisloricns regardent comme les plus barbares, et ces catalogues justifient pleinement le jugement du grand Leibniz, qui a dit : « Les c( livres et les lettres nous ont été conservés par les « monastères*. »
On sait que si, d'un côté, les bénédictins transplantés en Islande ont recueilli les Eddas et les principales traditions de la mythologie Scandinave, de l'autre, tous les monuments de la Grèce et de Rome qui ont pu échapper aux dévastations des barbares ont été sauvés par les moines d Italie, de France, d'Allemagne, et par euxseuls^. Que si, dans quelques couvents, la rareté du parchemin etl'igno-
1. Voir surtout ZiF.GELB.UEn,]. c. Dans lecalalogiie dcPfeffers, donné par Aux, Hist. de S. Gall, t. I, p. 295, on trouve Homère, Théocrite, Aristote et tous les classiques latins. 11 en est de même dans les catalogues des bibliothèques de Lorsch, Orbais, Corbie, Fulda, Nonantule, et autres monastères du septième au douzième siècle, publiés par le cardinal Mai au tome Y de son Spicilegium Ronianum, 1841, et dans ceux de Saint-Alban's, Saint-Michel de Bambcrg, Benedictbeuren, etc., qu'on trouve dans Ziegelbaveh. Pierre Diacre, GInon. Cassin., 1. m, c. 03, donne la liste de la biJiliothèque du Mont-Cassin au temps de Grégoire Vil ; on y trouve presque tous les poètes et historiens de l'antiquité.
2. Constat enim libres et litteras monasteriorum ope fuisse conservalas. Lettres à MagliabeccJù.
5. On doit se rappeler entre autres les cinq premiers livres des Annales de Tacite, retrouvés à Corbie ; le traité de Lactance sur la Mort des j>eisdculeurs, découvert par Baluze à Moissac; YAiilularia do Piaule et los commentaires de Servius sur Virgile, publiés au seizième biècle, d'après les mss. de Fleury. On voit, par une lettre de Gerberl, que la République de Cicéron se trouvait à la bibliothèque de Fleury :ui dixième siècle. Ziegelbauer, IÏ, 520.
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l'ance de certains supérieurs oui l'ail disparaître, sous le grattoir des copistes, un petit noml)re d'où- sans les moines
, . , , . nous ne
\rages précieux, coniment oublier que, sans ces j.ossôderions
. . 11 ncnderanliquili''
copistes, nous ne posséderions rien, absolument classique. rien, de Tanliquilé classique?
Du reste, les moines ne se bornaient pas à des soins de simple conservation et de transcription scrupuleuse ; ils étudiaient avec intelligence et prudence les débris des civilisations antérieures; la plupart des écrivains monastiques citent fréquemment les anciens, et on peut s'étonner de les voir tellement familiarisés avec des auteurs dont la tendance était, en général, si différente de la leur. L'Irlandais Lievin, l'apôtre monastique de la Flandre, au septième siècle, invoquait les Muses dans les vers qu'il dictait pendant les laborieuses excursions qui devaient aboutir au martyre : il se vantait d'avoir bu à la source de Castalie et de savoir jouer de la lyre Cretoise ^ Alcuin énumcre parmi les livres de la bibliothèque d'York les œuvres d'Aristote, de Cicéron, de Pline, de Virgile, de Stace, de Lucain, de Trogue-Pompée. Dans sa correspondance avec Charlemagne, il cite Ovide, Horace, Térence et Cicéron, avouant que, dans sa jeunesse, il était })lus ému des larmes de Didon que des psaumes de