‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 70 sur 196 · Et qui Castalio dicebar fonte nnadentcm · texte numérisé non relu

Et qui Castalio dicebar fonte nnadentcm

Dictaîo vcrsu posse movere lyram; Carminé nunc lacero dictam inilii verba Camœnœ.

{De S. Davonis epUaphio. Act. SS. G. B., s.tc. II, p. 405.)

204 LÉGLÎSE ET LA FÉODALIÏÉ.

David. L'abbé Jérôme de Poinpose, à qui on reprocliait d'avoir mêlé, dans la bibliothèque de son monastère, les fables des gentils à la grave théologie des chrétiens, répondait qu'il avait voulu laisser à chacun \i\ liberté de se livrer à son goût et d'exercer sesfacullés comme il l'entendrait^ Dans la liste des livres qu'on distribuait aux moines deFarfa, d'après un règlement de 1009, on trouve Tite-Live à côté de saint Augustin et du Vénérable Bède^ On voit, par la correspondance du pieux et zélé Loup de Ferrières, qu'il empruntait successivement à ses amis le traité (le Oratore de Cicéron , un commentaire sur Térence, les œuvres de Quintilien, celles de Salluste, de Suétone, et qu'il s'occupait, en même temps, de rectitier le texte des Verrines de Cicéron et celui du livre de Macrobe^. L'un des moines les plus exemplaires du onzième siècle, Hermann Conlract, à son lit de mort, rêvait encore au bonheur de lire et de relire VHortensius de Cicéron*. L'abbé Didier du Monl- Cassin, qui devint pape après Grégoire VII, faisait

1. Gcntilium codices, t'aljulas:({ue oiroris... ut uiuisquisque pro studio et merilo suo habeat in quibus oblectctur et proprie exerceat ingcnium. Montiaucon, Itcr Ila/ic, 1. c.

2. Ce règlement appliquait les Consueludtitcs de Cluny à cette abitaye italienne.

3. Voir la curieuse polémique entre Rancc et Dom Mabillon à ce sujet.

4. Per totam noctem liane in ecstasi quadain raptus fueram, et videbar mihi, in llorlensium Tullii Ciceronis lectitimdo et mox relectitando vigilanter percursitare. Beutiiold, ann. lOài, ap. PEiiTz, 1). 2G8.

L'ÉGLISE ET LA i-ÉO l)A LlTÉ. 205

transcrire Horace et Séiièqiic, le traité de Ratura ileorum de Cicéron et les Fastes d'OvidcV L'ancien ami de Didier, rarchevèqiie \lfano, moine du Mon(- Cassin, cite sans cesse, dans ses écrits, Platon, Âristole, Varron, Cicéron, Virgile, Apulée, et il imite dans ses vers Ovide et Horace'. Saint Anselme, abbé du Bec, au temps de saint Grégoire YII, recommandait à ses élèves d'étudier avec soin Virgile et les autres écrivains profanes, en laissant de côté les passages trop libres ^ Enfin, saint Pierre Damien ^>araît avoir exprimé le véritable esprit de l'Église, lorsque, parlant des études faites par Grégoire VII lui-même sur les auteurs païens, il lui applique ce passage de l'Exode : « C'est en- « lever aux Egyptiens leurs trésors, pour en con- « struire un tabernacle à Dieu, que d'étudier les « poètes et les philosophes, afin de se faire un « esprit plus subtil et plus propre à pénétrer les « mystères de la parole divine*.»

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