Ibid., p
'>. Le célèbre Kancé lut le i)riiicii)al promoteur de ce paradoxe, m
ne voulait reconnaîlre aux moines d'autre mission que d'être des savants, des écrivains ou des commentateurs ^ A ceux qui professent encore cetl(^ dernière erreur, il faut rappeler la belle prière de saint Autbert, abbé de Saint-Vincent de Vullurne en Ilalie, à la fin de son commentaire sur l'Apocalypse : « IMaise à ta divine majesté, Seigneur, de « m'accorder, avec la science, l'étude et la pratique « de la vertu ! Mais, si je n'ai pas le bonheur de « posséder l'une avec l'autre, j'aime mieux passer « pour un insensé que pour un savant sans vertu. « Car, enfin, j'ai quitté mon pays et mes parents « non pour obtenir de toi le don de la science, mais « bien pour être, par toi, conduit à la vie éternelle, « par la voie d'une vertu parfaite. Je ne veux point « prendre le change; et, si je ne mérite pas d'avoir « à la fois la science et la vertu, enlève-moi la '( science, je t'en supplie, ô Seigneur, pourvu seu- « lement que tu ne me laisses pas sans vertu \ »
dmiraljleiTicnt réfuté par Mabillon dans son Traite des études moiuistiques, et dans S€s Réflexions sur la réponse de M. Vahbé de la Trappe ; Paris, 1095, in-12. Ce dernier livre est un modèle de style, de discussion noble, modérée et concluante ; c'est le chef-d'œuvre de la polémique clirétienne. Il mérite de compter parmi les plus beaux monuments littéraires du dix-septième siècle.
1. « C'est une illusion de certaines gens qui ont écrit dans le siècle précédent, que les monastères n'avaient été d'abord établis que pour servir d'écoles et d'académies publiques , où l'on faisait profession d'enseigner les sciences humaines. » Mabu-ion, Traité des études nionnsliqnes, partie I, cl.
2. ^'eque enim idco patriam parentesque reli(iui, ut niihi scient iio doua largireris; sed ut perfectione virlntinn ad vitam a^teniam pcr-
Mais il l'aut abréger: sans quoi combien n'aimerions nous pas à suivre tant d'illustres religieux dans les voyages lointains et laborieux qu'ils ont souvent entrepris, par amour de la science, depuis les temps recules de saint Ildephonse de Séville^ el de saint Adson de Vienne^ jusqu'à ceux de Mabillon et de Montfaucon, de Ouirini et de Pez, dont les pérégrinations olTrent peut-être la matière d'un des chapitres les plus animés et les plus féconds d(v l'histoire littéraire"' !
Combien aussi nous aimerions à énumérer, en détail, les services rendus, par le zèle infatigabb' djs moines, à toutes les branches des connaissances humaines : à la théologie, où tant de con-troversistes et de missionnaires se sont signalés ; au droit canon et civil, dont les premiers collecteurs, Denys le Petit et Reginon de Prùm, Burcard de Worms et Gralien, l'auteur du fameux Décret^ étaient tou^
duceres. Nolo certe hanc commutationem. Quodsi utraque non mercor, doctrinam scilicet atque opcralionem : aufer,quî€so,doclrinam, lantum ut Iribuas operationcm virLutum. Cité par Mabillox, Traite, p. 8.