‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 75 sur 196 · Jbid.. 1. xxiii, I». 1G · texte numérisé non relu

Jbid.. 1. xxiii, I». 1G

3. Il y a peu de récits plus intéressants que le Voyage littéraire des deux Bénédictins. DD. Martène et Durand, de 1700 à 1710. Ce voyagedonne une idéedece que durent être les pèlerinagcscientiliques de leurs prédécesseurs. Ziegelbauer a recueilli sur ce sujet de précieux détails (pars I, c. 5) qui î^ont avanlagcusement complétés par la Correspondance de Mabillon et de Monllaucon ])endant leurs voyages en Italie, récemment publiée par M. Valf.hy. Voir aussi Vlfer ïtdlicum de Mabillon, \' lier Alcniannicum de Gerberl, etc.

Sel vices spéciaux

rendus

à riiisloire

l)ar les moines.

moines, de même queMarculphe el Antégise, les éditeurs des capilulaires; à la iiiédeeine, constamment pratiquée, enseignée dans les cloîtres \ depuis saint Benoît jusqu'à saint Bernard, et dotée par les religieux du Mont-Gassin^ delà célèbre école de Salerne ; à l'astronomie et aux mathématiques, cultivées par un si grand nombre de saints religieux^ ; enfin, à la jibilosophie, qui, audired'un deseshistoriens les plus érudits, n'eut guère d'autre asile, pendant huit siècles, que la famille de saint Benoît*.

Cette tache, déjà accomplie par Ziegelbauer, dépasserait les limites qui nous sont tracées ; mais avant d'abandonner le sujet si vaste de l'activité scientifique et littéraire des moines, nous ne pouvons nous dispenser de rappeler f importance des SL^rvices qu'ils ont rendus à l'histoire.

Sur ce terrain, on peut l'affirmer sans crainte, ils sont sans rivaux; et l'on est, en général, assez disposé à le reconnaître. L'idée des recherches his-

!■ 1. Voir les exemples nombreux et concluants rassemblés par Ziegelbauer. pars II, c. 3, sect. 3, Hisl. mcdicinœ prout inter Benedictliios excullœ.

2. C'est-à-dire par l'abbé Didier, l'archevêque Alfano de Salerne. el le moine Constantin l'Africain, tous les trois religieux du Moni- Cissin.

3. Cassiodore, Gerbcrt, Nolkcr Labeo, Adelbold, llermann, Coiitract., etc., etc.

4. Quac philosopliia in cœnobiorum secessus his lemporibus majori ex parte coacta est aufugere, S. Benedicti lamilia una l'ère et tota, usque ad Scliolasticoruni tcmpora eiuditionis possessionem et publiée Iradendi munus sibi vindicavit. Dhuckeu, Hist. philosojth., t. IIl; p. 55G.

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loriques les pins solitlrs et les plus laborieuses s'allient volontiers, dans beaucoup d'esprits, avec \o souvenir des Bénédictins ; mais, trop souvent, l'on se borne à décerner cet bommage à la congrégation de Saint-Maur et aux autres religieux modernes (jui ont rempli nos bibliolbèques de leurs admirables colleclions. Or, cela ne suffit pas : il faut (|ue justice soit aussi rendue aux anciens moines (pii, depuis l'origine de leur Ordre, n'ont négligé aucun effort pour rédiger, pour conserver les annales des nations chrétiennes^ ; car, il ne faut pas l'oublier, ce sont les anciens chroniqueurs monastiques qui, par leurs nombreux et infatigables travaux, ont fourni aux Mabillon, aux Pez, aux d'Achery, aux Martène, aux Calmet, et à tant d'autres Bénédictins illustres des deux derniers siècles, les principaux matériaux de ces précieuses compilations auxquelles leurs éditeurs pouvaient, sans sortir de leur modestie habituelle, donner si justement le nom de Trésors\ C'est grâce à ces moi-

1. Qu'on vouille bien jeter un coup d'œil sur lenumération vraiment effrayante des historiens monastiques de tous les pays, qu'a •lonnée Zicgelbauer (pars IV, p. 319 à C26), et l'on demeurera confondu par le nombre et l'iinportance de leurs tra\aux.

2. Thcsatirus tiovus anccdolorum, de D. Mautène et D. Durand, 1717, 9 vol. in-fol. Thésaurus anecdotorum novissimuH, de D. Bernard Pez, Aug. VindeL, 1729-21, 6 vol. in-fol. — V. dans les Preuves de l'histoire de Bretagne par Dom Morice (t. I, p. 243) le curieux passage où l'auteur des Aclcs de Vabhaije de liedonse compare à un laboureur qui abat les forêts, incendie les troncs d'arbres, etc. : Primilus silvas cxcidit, Iruncos incendit; postea aratrum bene aplat, lerram apcrit,

nés du moyen âge que nous a été révélée l'histoire de six à sept siècles qui, sans leurs écrits, seraient demeurés complètement inconnus, et qui embrassent la période où toutes les nations de l'Europe se sont constituées. Ainsi, non contents de nous avoir conservé les monuments de l'antiquité païenne, les moines nous ont légué ceux de nos propres origines dans deux séries de travaux qui ont immortalisé leur laborieuse exactitude, dans les Amiales générales^ oa Chroniques dressées par ordre chronologique, et dans les Biographies des saints ou autres personnages illustres. Ceux mêmes qui n'ont pas rédigé des ouvrages expressément historiques nous ont laissé dans leurs cartulaires les seuls documents dont l'archéologie puisse disposer pour résoudre les problèmes les plus impart ints de la vie sociale, civile, domestique et agricole de nos pères \ Grâce à leur

sulcos diri^it: dehinc domum revertitur n^c luuUo post ipsam terrain coœquat, dciiide seinina ex ordine jactat ..Itaet nos siiniliter, etc. Ce passage a clé cité par M. de la Borderie dans son discours sur les saints de Bretagne, prononcé au Congrès breton de 1848.

1. c( Leurs cartulaires sont les plus curieux monuments de l'histoire du temps, » dit M. Gii. Giraud, Recherches sur la Bretagne, p. 579. On distingue parmi ces monuments, invoqués chaque jour par les savants de tous les pays, les cartulaires de diverses abbayes de Bretagne, à la suite des histoires de D. Lobineau et de D. Mouice; ceux de diverses maisons de Bourgogne, dans PÉftARo; et surtout le Polyplique de l'abbé Iuminon, de Saint-Germain des Prés, édité récemment par M. Guéuard; les cartulaires de SaiiU-Père de Chartres et -de Saint-Berlin par le même éditeur, et celui de Sainte-Trinité de Rouen, par M. Deville, dans la Collection des documents inédits pu-

esprit cssoiiLicllciiieul conservateur, leurs bibliothèques servaient d'archives aux: Etals, aux églises, aux familles.

Tous les peuples chréliens peuvent leur rendre le témoignage que ne craignait pas de leur accorder un protestant anglais, en j)résence des puritains du dix-septième siècle : « Sans les moines, nous n'en « saurions pas [)lus que des enfants sur notre bisce toi re nationale \ » L'Angleterre, convertie par des moines, a eu tout particulièrement à se louer des historiens que lui ont fournis ses abbayes. Un moine, Gildas, avait dépeint en traits de feu les malheurs de la Grande-Bretagne après l'abandon des Romains". Nous devons à un autre moine, au vénérable Bède, dans son Hlstoiïx ecclésimtique du peuple anglais % le récit détaillé de l'admirable renaissance catholique de cette île sous les Saxons.

bliés par le ministère de rinstruclion publique. — Celui de Saint- Certin fut terminé par Folcuin, moine en 948 et qui avait pour quatrième aïeul Charles Martel. — Espérons que la publication du précieux catlulaire de Fieclon, depuis longtemps préparée parle savant liisoriographe de la Bretagne, M. Aurélien de Courson, viendra bientôt augmenter nos richesses en ce genre.

1. Absquc monachis, nos sane in historia patria scmper essemus pueri... De monachorum lide non est quod ambigamus ; cum illi res tantum suas tractent, sibique notissimas. Joan. Marsham, Upon\))Kiov in Monaslic. Anglican., t. I, ad finem.

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