WiLLti.M. Geueticensis, lib. VI, C.9, ap. Dichesne
'2. Ipse cucullo indutus operario, lapides, calcem, et alla necessari;i, propriis liumeris cum ceteris operariis, ad muiuai evehere solehal. Maeillox, Aiin., t. V, 1. lxix, c. 8G.
r». Cœmentarius. Mabili.ox, Annal., ad 1109.
4. Verc monachus terne fossor accessit, et quod effossum est,oiicTe acto cxporlavit. Quis jain sirnilia faccrc rrubcscerci, cuui vidcret l'redericum, comitis filinm, fratrcin diioruin ducuin, imporatoiis con-
Or, un jour que le iioml)re des frères, pendant la construction des tours de l'éj^lise abbatiale, était insuffisant pour transporter, dans des boites, le ciment jusqu'aux elages supérieurs, Frédéric donna l'ordre à l'un des moines présents, qui était de famille très-noble, de remplir la corvée. Mais celui-ci, rougissant, répondit qu'une telle tâcbe n'était pas faite pour un bomme de sa naissance. Alors l'ancien comte de Verdun prit lui-même la hotte remplie déciment, la chargea sur ses épaules, et monta jusqu'à la plate-forme où travaillaient les ouvriers. En redescendant, il remit la hotte au jeune réfractaire en l'exhortant à ne plus rougir désormais devant personne de remplir une tâche dont s'était acquitté, en sa présence, un comte, né fils de comte \ Lorsque, au onzième siècle, l'institution des frères convers se fut généralement répandue, ces frères aidèrent les moines dans leurs constructions, mais sans se substituer complètement à eux et sans les décharger de leur participation à l'érection
sanguineum, et fecisse et non erubuisse. Hugo Flavimac, Chron. Virdun., part. II, c. 7, ap. Labbe, Bibl. Nov. Mss., I, 164.
1. Cuni jaiu in altum strucluia porrigei etur, et instriimentum illud, quod avis nominatur, subvcclionc ciementi aptatum, perpaiici essent qui ferrent... videns vir beatse mémorise quemdam de nobilioribus adstantem, ut sumeret ligrieum illud instrumentum, et cœmentum collo, ut moris est, subvchoret adnionuit. Qui cum erubescerct, et suis id natalibus incongruum adatrueret, vir mitissimus cervico subposita.... Deinde porreclo juveni instrumcnto eodem... ut discerct faeere quod fecerat cornes coniitis lilius; noc crubesceret, si ei inipi'obarclur factum quod constaiet ab ipso (piondam comité priniitus attentatum. Ibid.
L'KGLISE ET LA lÉODALlTÉ. 25!
<Jes édifices importants'. Au sein de ces établissements, dont les plans et la construction, nous le répétons, étaient l'œuvre des moines eux-mêmes, il s'était organisé, on Ta déjà dit, de vastes ateliers où tous les autres arts étaient exercés, mais toujours sous cette grande et stricte loi de l'humilité qu'avait imposée le saint législateur de l'Ordre.
On n'a pas assez remarqué la variété des travaux r.m.Kic viuirir auxquels se livraient simultanément les moines los travaux artistes, ni la facilité extraordinaire avec laquelle moines ariist.s. ils reportaient leurs talents sur des objets divers. Le même homme était souvent architecte, orfèvre, fondeur, miniaturiste, musicien, calligraphe, facteur d'orgues, sans cesser d'être théologien, prédicateur, littérateur, quelquefois même évêque ou conseiller intime des princes ^ Nous en avons cité
\. Le rapprochement des divers textes relatifs à la construction de l'église abbatiale de Hirschati, en 1085, fournira les éclaircissements les plus positifs à ce sujet : Inter quos (conversos) fuerunt omnium artium mnchanicarum pcritissimi operatores; qui omnes totius cœnobii structuras suis manibus summa diligentia consummaverunt. Erant enini fabri lignarii etferrarii, latomi quoque et muratoresopliini : qui monasterium simul et ccclesise (ut in sculptura turriuni bodie cernitur) totius œdilicium pulcbra dispositione construxerunt, liuTUEMiL's, Chron. Ulrs., aun. 1070, p. 228.
Hujus structura3 artifices, ;;?*o magna parle monachi fuerunt, Bari)ati, sivc conversi, et oblati, quos hodie Donatos appellamus...; inter quos crant latomi, fabri lignarii, ferrarii et magistri procul du- \i\o in oinni scicuLia aichilecturœ j)erUissiiiii, qui totum opusconsilio cl manibus pulcbru tabulatii lapideo peilecerunt, sicut in ipsius ecclesiae labrica usijue in |.ra;;ens ceriiitui-. Ibid., ami, 1083, p. 255.
2. C'est rcxcellenle réflexion du V. (^aliiei*, ([ui, le premier, à c
plus d'un exemple dans le cours de noire récit*. Nous en pouvons ajouter plusieurs autres, qui se rapportent au onzième siècle. Ainsi Mannius, abbé d'Evesham, en Angleterre, est désigne comme babile à la fois dans la musique, la peinture, la calligraphie et l'orfèvrerie^; Foulques, grand chantre de l'abbaye de Saint-Hubert des Ardennes, était aussi bon architecte qu'éb'gant miniaturiste \ Un moine distingué, que nous avons déjà rangé parmi les historiens, Hermann Contract, tout infirme et contrefait qu'il était*, trouvait le moyen de cultiver, avec un grand succès, la poésie, la géométrie, la
qu'il nous semble, a constaté la diversité des talents de ces hommes multiples, comme il les appelle si justement. Si le christianisme a nui aux sciences, § xiv.
1. Entre autres, saint Éloi, Tutilon do Saint-Gall, saint Dunstan, saint Bernward, saint Godehart, Gerbert. Rapprochons ici les diverses citations sur Tutilon : Erat valde eloquens... cœlatura elegans, picturse artifex , ac mirificus aurifex ; musicus in omni génère instrumentorum, et fistularum, prse omnibus... in structuris et cseteris artibus effîcax, concinnandi in utraque lingua promptulus... Picturas et aurilicia carminibus et epigrammatibus decorabat singulariter prctiosis. Eivueiiaud, De casibus S. Galli, c, 3, ap. Goldast.
2. Plurimis artibus imbutus; videlicet cantoris, scriptoris, pictoris, aurique fabricis operis scientia pollens. Monasl. Ancjlic, I, 151.
3. Prœcentorem... in illuminationibus capitalium literarum et incisionibus lignorum et lapidum peritum. Chron. Andagin., ap. Mar- TÈNE, Ampl. Collect., t. IV, p. 925. — C'est au P. Cahier que nous devons ces deux dernières indications : il y^aduit avec raison les termes de la chronique par ces mots : maître en constructions, so,7 2>our la cliarpente, soit pour la coupe des pierres.
4. De là son surnom de Contractas. Ne... per se movcre, nevc salt(Mn se in aliud latus vertere posset; sed in sella quadam gcstatoria a ministro suo dcpositus, vix curvatim ad agcndum quodlibet sedcre poterat. Bertiiold, ap. Peiitz, t. V, p. 2G7.
mécanique, la musique, et surtouL raslronomie; il savait à fond le grec, le lutin et Varabe\ et nul ne pouvait rivaliser avec lui pour la fabrication des instruments de musique et d'horlogerie \
Pendant la guerre des investitures, et sous le pontificat d'Urbain II, le parti catholique en Allemagne complait parmi ses chefs Thiémon, noble bavarois, qui fut successivement abbé de Saint- Pierre de Saltzbourg, archevêque de cette ville, et (jui, après avoir été longtemps persécuté et emprisonné pour la foi, mourut martyr en Palestine. Or, ce Thiémon, élevé au monastère d'Altaïch, y était devenu peintre, fondeur et sculpteur. Pendant les intervalles de la terrible lutte à laquelle il prit une si noble part, il avait orné les monastères de sa province des productions de ses talents divers '\ Lors- Moines qu'après avoir été fait prisonnier en Syrie, il parut joailliers,' devant le tribunal du prince musulman, qui devait le condamner au martyre, et qu'on lui demanda
1. Trium linguarum, grsecse, latinœ et arabicse peritissimus. Tri- TBEMirs, Ann. Uirsaug.
'2. In horologicis et musicis instrumentis etmccanicis nulli par erat componendis. Behthoi.u, \. c, p. 2G8. — Il trouvait encore le temps d'adresser une correspondance en vers ad arnicas suas quasdam san ctimoniales feminas. Docen, Archiv., III, 8, cité par Pertz.
3, Altensi monasterio, tam rcgularibus quam scholaribus disciplinis traditus est imbiiendus... curaque non solum non esset iners in arlibus quas libérales appellant, sed et in mecbanicis universis, sicut pictoria, fusoria, sculptoria,... subtilissimus, ut in quibusdam monasteriis, et in nostro specialiter in ejus sculpturis et picluris pcrspicuum est cernere. VU. S. Gebehard,arch. Salisb. a quod. Admox- TENsi MONAciio; 1G19, in-l8, p. 142.
quel était son état, il répondit qu'il était architecte*, joaillier, peintre, et qu'il faisait, du reste, l'application symbolique de ces arts divers aux vérités de la foi qu'il professait et qu'il voulait confessera
Indiquons maintenant, par quelques traits rapides, quelle importance les moines attachèrenl constamment à la pratique de la peinture en miniature, qui fut véritablement une préparation à la Jurande peinture religieuse ^ L'art de la miniature se confondait avec celui de la calligraphie, puisque l'un et l'autre avaient pour objet d'embellir et de glorifier en quelque sorte les livres saints, ou les mojiuments de la liturgie, des saintes lettres, de l'histoire, de l'antiquité classique, transcrits par les moines sur parchemin, quelquefois sur vélin teint en pourpre, avec des caractères d'or et d'argent. Ils en ornaient aussi les lettres majuscules et les marges de ces peintures délicieuses, qui sont encore les plus précieux trésors de nos bibliothèques.
Dès le sixième siècle, Cassiodore avait institué, dans ses abbayes fondées en Calabre, des laboratoires pour la peinture en miniature, en même temps que pour la transcription des manuscrits. Au
1. Qui interrogatus quis e?set, vel quam artem sciret... Scio quidem divcrsas artes; sed prsccipue ut sapiens architectus fundamentum scio ponere lirmum... Et insuper materiales artes, ut desideras, vidclicet aurariam, sive pictoriam scio plenarie. Passio S. Ticmojiis, ap, Ghetseu, Oper., t. VI, p. 4Gi.
2. C'est l'aveu du jésuite Lanzi, assez peu intelligent, du reste, en 1 ait d'art chrétien.
L'ÉGLISE tï LA FÉODALITÉ. <2h:>
neuvième siècle, il y avait des peintres habiles parmi les moines de Corvey; et Sintramm de Saint-dall Faisait à la fois l'admirai ion et le désespoir des calli- <^iaphes. Godemann, abbé de Tliorney en 070, orna des plus riches peintures un Benedictionale, qui est regardé comme le chef-d'œuvre de l'art saxon \ Le moine Bcrnward , depuis évêque de Ilildesheim, excellait dans la décoration des manuscrits qu'il transcrivait V Cet art délicat était spécialement cultivé dans tout l'ordre de Cluny ; saint Bernard rapporte qu'on ne reculait devant aucune dépense pour cet objet , et il reproche aux Clunistes de faire pulvériser de l'or pour l'employer aux miniatures. Dans les monastères de femmes, les religieuses ornaient également leurs œuvres calligraphiques de précieuses miniatures : celles de YHorlus deliciarum, par l'abbesse Herrade de Sainte-Odile, ajoutent une valeur infinie à cet important recueiP. Pendant dix siècles, depuis Gassiodore jusqu'à l'époque de la Renaissance et delà Réforme, les moines, surtout les Bénédictins et les Gamaldules \ en Allemagne et en Italie,
1. Ce manuscrit célèbre est encore chez le duc de Devonshire, à Ghatsworth. Le fac-similé en a été publié par M. Rakewode Gage, érudit catholi(iue, mort il y a quelques années.
2. In scribendo enituit... Picturam limale cxercuit. V. plus haul, un curieux passage de la vie de saint Bcrnward.
3. On peut en voir un fac-similé curieux dans le P. GAiiiER, p. lOi de la réimpression de son Mémoire.
4. Rappelons seulement les admirables livres de chœur de Ferrare, de Sienne et du monastère degl' Angeli de Florence, œuvre des moi-
persévérèrent, avec une infaligable sollicitude et un succès toujours croissant, dans leurs travaux de peinture et de calligraphie \ Il est douteux qu'on puisse trouver dans riiisloire du monde l'exemple d'un labeur aussi constant et aussi fécond.
Mais, à l'époque que nous sommes arrivés, les moines ne se bornaient pas à la miniature. ASaint- Gall particulièrement, ils opéraient sur une plus grande échelle : les annales de l'illustre maison vantent la diversité des sujets et l'éclat des couleurs qui couvraient les murs de l'église du dixième siècle \ Les moines de Reichenau envoyèrent à leurs confrères des peintres pour les aider dans cette œuvre. Deux siècles auparavant, saint Benoît Biscop, abbé de Wearmouth, avait fait revêtir tout le pourtour des deux églises de son monastère de peintures qui représentaient l'histoire de Notre-Seigneur, et la
lies du treizième, quatorzième et quinzième siècle, si bien jugée par M. Rio, de la Poésie chrélienne, p. 180, 182.
1. Le P. Cahier en cite des preuves irrécusables dans son énumé ration chronologique des callii^raphes et des miniateurs ecclésiastiques, la plus exacte que nous connaissions. Si Je clirislianisme a nui aux sciences, § xxv et xxx. Cet art a été encore plus longtemps conservé dans lis monastères grecs, et il s'y pratique encore aujourd'hui, mais toujours avec l'infériorité qui caractérise toutes les œuvres de l'Orient chrétien, comparé à celles de l'Occident. Voir Diduox, Voyage au mont Alhos, dans les Annales archcolog. de 1846, et sa traduction du Guide de la peinture; enfin une excellente note du P. Cahier sur ce sujet, § xxix, p. 193 de la réimpression.
2. Il est dit, entre autres, de Gunibert, abbé d'Âltaïch : Doctor sermone planiis, pictor ita dccorus, ut in laquearis cxterioris S. Galli ccclesiœ circulo videre est. Ekkeh., De casibus, c. 5, Cf. Burkharp, De casib., c. 1 et 2.
L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ. 2r)7
concordance de l'Ancien eldu Nouveau Teslament'. En 825, par ordre d'Anségise, abbé de Fontenelle. Madalulphe de Cambrai avait peint le réfectoire de l'abbaye de Luxeuil, qui avait deux cents pieds de long \ Les belles fresques de l'église abbatiale de Saint-Savin en Poitou excitent encore aujourd'Iiui l'adiniralion des artistes \ Les églises de l'ordre de Cluny, toujours au premier rang poui* la grandeur et la beauté, étaient en général ornées de peintures, prabablement à fresque *. D'autres moines employèrent leur talent grapbique à la pro- [)agation de la vraie foi chez les infidèles : on voit, par exemple, qu'en 866 le roi des Bulgares , Michel III, se fit baptiser avec les siens, par suite de la frayeur que lui avait inspirée la vue d'un jugement dernier qu'un moine missionnaire, saint
1 . Tune divinae histoiiœ picturas, quibus totain B. Dei Genitrici;:. (luam in inonasterio majore feccrat, ecclesiam gyrocoronaret, altulit: imagines quoque ad ornandum monasterium ecclesiamque B. Paiili apostoli de concordia Veteris et Novi Testamenti summa ralioiie coniposilas eshibuit. Ven. Beua, éd. Giles, p. 576. Vit. S. Bened. Biscop, c. 5 et 9. '
2. Variis picturis decorari in maceria et in laqueari fecit a Madalulfo egregio pictore Cameracensis ecclesiœ. Act. SS. 0. B., in Vil. S. Anscgis., c. 9.
3. Elles ont fourni la matière de la magnifique publication faile récemment par MM. Mérimée et Gérard Séguin, dans la Collection des documents inédits relatifs à l'histoire de France.
4. Omitto oratoriorum immensas altitudines, immoderatas longitudines, supervacuas latitudincs, sumpluosas depolitiones, curiosas
depictiones S. Berxaud., Apolog. ad Guillelni., c. 12. — On sait
que le grand saint était dominé par dos préjugés violents contre l'a; I religieux, préjugés que son ordre sut heureusement rejeter, après sa mort.
MOINES d'oCC. VI. 17
l'einliire
.-.ur verre ;
premiers
\iliaiix connus.
Méthodius, avait peint sur les murs de son palais '. J.e but conslant des efforts de tous ces pieux artistes, ce n'élait pas seulement, dit le vénérable Bède, d'orner les églises, mais d'instruire les illettrés, en exposant à leur vue des sujets empruntés à l'histoire sainte, aux récits évangéliques, à l'Apocalypse ou à la vie des sainls^
Les moines contribuèrent à donner à la peinlure son application la plus grandiose et la plus solennelle en la fixant sur le verre, et en créant ainsi ces vitraux qui font la plus resplendissante parure du temple chrétien. Saint Benoît Biscop fit venir en Angleterre^ des verriers employés en France, dès le
1. Pingendi non rudem. Cedrexus, edit. reg., p. 540, cité par d'A- GiNcouiiT, Hist.de Vart, éd. itaL, l, I, p. 264. — Métholius fut l'apôtre des Bulgares, des Moravcs, et d'autres nations slaves : il fut aussi l'un des auteurs de la liturgie slavonne.
2 Picturas sanctarum historiarum... non ad ornamentum so-
lummodo ecclesise, verum ad instructionem intuentium. Les paroles du vénérable Bède, importantes même au point de vue technique, méritent d'être citées ici plus au long : Picturas imaginum sanctarum, quas ad ornandum ecclesiam B. Pelri, quam construxerat, detulit (S. B. Biscop] ; imaginem, videlicet, B. Dei Genilricis, simul et duodecim apostolorum, quibus mediam ejusdem ecclesiœ tesludinem , ducto a paricte ad parieteni tabulato, prœcingeret; imagines evangelicsehistoriaî quibus australem ecclesiae parietein decoraret; imagines visionum Apocalypsis B. Joannis quibus septentrionalem aeque parietem ornaret, qualenus intrantes ecclesiam omnes, etiam litcrarum ignari, quaqua versum intenderent, vcl sempcr amabilem Christi sanctorumque cjus, quamvis in imagine, contcmplarentur aspectum, vel,etc. Beda, Vil. D. abb., p, 368, ed Giles.
3. Misit legatarios Galliam, qui vitri ftictores, artifices videlicet Britanniis eatenus incognitos, ad canccllandas ecclesiœ, porticuunique et cœnaculorum ejus fenestras adducerent... Anglorum ex eo gentem
sepliome siècle, par Tabbé Piiilibert, le fondateur de Juniiéges. Saint Philibert s'y était signalé en faisant construire un dortoir long de trois cents pieds, où il y avait autant de fenêtres que de lits, et dont chacune était garnie de verre transparent, au grand avantage des lecteurs ^
En Allemagne, les premiers vitraux connus furent ceux des monastères de Hirschau et de Te gernsee. Ceux de Segernsee furent fabriqués aux frais d'un seigneur voisin, c'est-à-dire du comte Arnold, que l'abbé Gosbert^ remerciait en ces termes : « Jusqu'à présent les fenêtres de notre église n'étaient fermées qu'avec de vieilles toiles. Grâce à vous, pour la première fois le soleil promène ses rayons dorés sur le pavé de notre basilique, en passant à travers les peintures qui s'étalent sur des verres de diverses couleurs; tous ceux qui jouissent de celte lumière nouvelle admirent l'étonnante variété de cette œuvre extraordinaire, et leur cœur se remplit d'une joie inconnue ^ »
hujusmodi artificinni nosse ac discere fecerunt... Cuncta quse ad altaiis et ecclesite ministeria competebant, vasa sancta vel vestimenta, <Iiiia domi inveriire non potuit de transmarinis regionibus advectare curabat. Yen. Beda, ibid., p. 360. — Je pense que c'est un des premiers exemples connus de l'emploi des vitraux : encore n'est- il pas certain que ces vitraux fussent coloriés.
1. Singula per lecta lux radiât per fenestras, vitrum penelrans lychnus fovet adspectus legenlis. VU. S. Ph'dibeHl , c. 7 , ap. Act. SS. 0. B., saîc. II, c. 7, p. 820.
2. Élu en 982 : il était de race noble et réputé pour sa science. 5. Ecclesiai nostrœ fenestrœ veteribus pannis usque nunc fuerunt
claus». Vestris felicibus temporibus auricomus sol primuni infusil ba-
Les religieux de la même abbaye de Te^einsee se signalerciil, pendant plusieurs siècles, dans un autre art, celui de la ciselure et de Torfévrerie, où les moines firent preuve d'autant de patience, de zèle et d'habileté que dans la peinture des manuscrits ^
Les principaux orfèvres ou argentiers du moyen âge étaient moines : les chroniques monastiques font souvent mention de religieux, d'abbés môme, donl le talent de ciseleur ou d'orfèvre^ était renommé de leur temps. Les Annales de Saint-Gall rapporfei.t une tradition qui témoigne du prix qu'attachaient les hommes du neuvième siècle aux ciselures de
silicfB nostra) pavimeiita per discoloria picturarum vitra, cunctorum- (jue inspicientium corda pertentant multiplicia gaudia, qui inter se mirantur insoliti operis varietates. Pez, Tlicsanr. anecdol. Eccles.. t. YL part. I, p. 122. — Ces vitraux étaient fabriqués par les moine^ eux-mêmes; aussi les abbayes eurent-elles bientôt des ateliers de verrerie où l'on fabriquait des vitraux pour les prélats et les seigneuis du voisinage.
1. Trois moines, nommés tous les trois Werner, furent les principaux artistes et écrivains de cette savante abbaye, de 1081 à 1180. 11 est dit du premier, qui vivait en 1090 : Artificiosus Anaglyplia in scripturis et in picluris et in ornamenlis librorum de auro et argenlo subtilis.Tabulam in siiperiore parte triangulatam, de auro et argenlo et eleclro et gemmis et lapidibus ornalam, et quinque vitreas fenestras et quoddam fusilc opus de sere faclum et lavacro aptum, huic ecclesise contulit. Pez. Thesaur., t. IIl, p. m, p. 515. — Voir, sur les services rendus à l'art et à la poésie allemande par le monastère de Tegernsee, la thèse du docteur Kugler, intitulée De Werinhero, sœc. \l\,monacho Tegerusensi, etc. ; Bcrolini, 1851.
2. On les désignait ainsi : aurifères, aurifahrihs orlis periti, argentarii, etc.; le plus souvent, sculptorcs.
Tulilon, moine célèbre à celle époque par le nombre el la diversité de ses talents. Un jour qu'il sculplait une image de Notre-Dame, deux pèlerins, qui venaient lui demander l'aumône, crurent apercevoir, dans son atelier, une dame d'une éclatante beauté, qui semblait guider la main de l'artiste, et <|u'ils prirent pour sa sœur; mais ayant raconté le i'ait aux autres religieux, ceux-ci pensèrent que c'était la sainte Vierge elle-même qui daignait diriger le pinceau du peintre ^
N'oublions pas l'Anglais Anketill, qui après avoir été maître de la monnaie du roi de Danemark , revint en Angleterre se faire moine à Saint- Alban's, et se rendit célèbre en fabriquant une cbasse magnifique destinée à recevoir les ossements du saint patron de l'abbaye \
Malgré la disparition, par suile des dévastations (le la Réforme et de la Révolution, d'une foule d'objets d'art du moyen âge, il nous reste encore
1 . Sed est ne soror illius domina illa prseclara, quœ ei tam commode radios ad manum dat, et docel quid faciat?... Benedictus tu, Pater, qui talimagistra uteris ad opéra. EKKEH.,f/e Casib.S. Galll, c. 3.
'2. l'nam thecam gloriosam inchoavit, opère mirifico... Regiisprœ- <'rat operibus aurifabrilibus , monetse custos et summus tiapezita... Dominus Anketillus... monachus et aurifaber incomparabilis, qui falii'icam fertlri manu piopria (auxiliante quodam juvenc saeculari discipulo suo Salomone de Ely) et incœpit et consummavit, diligenter in suo opère aurifabrili et animo studuit et manu laboravit. Mattii. pAitis, Vltœ S. Alb. abhatum, p. 37-38, éd. Watts. — Ceci se passait vers 1140. Rien de plus curieux, du reste, que tout le récit relatif à celte châsse et aux péripéties de ce grand travail, dans Matthieu Paris.
assez de chasses sculptées et émaillées, assez de précieuses couvertures de livres en or, en argent, en ivoire sculpté ; assez de crosses abbatiales, de diptyques, de merveilleux bas-reliefs; assezde beaux ouvrages en cuivre ou en bronze, tels que fonts de baptême \ crucifix, encensoirs, chandeliers, pour qu'il nous soit possible d'apprécier le degré d'élégance et de perfection auquel les moines avaient su porter leurs travaux dans ce genre.
On trouve, sur leurs procédés, les détails les plus curieux dans les traités du moine Théophile, qui vivait du dixième au douzième siècle \ Disons seulement ici que cette branche de l'art monastique doit être placée sous la tutelle de deux saints moines, l'un et l'autre orfèvres et émailleurs: saint Eloi, ministre de Dagobert, et saint Théau, esclave saxon, racheté par Éloi et dont ce dernier avait fait son élève et son compagnon de travail. Le lecteur n'ignore point que des moines et des abbés figurèrent longtemps à la tête de la grande école d'orfèvrerie et d'émaillerie, fondée en Limousin par les deux saints abbés de Solignac, et remise en hon-
1. Voir la notice savante, éloquente cl consciencieuse de M. Didron sur les fonts de ba])tème en cuivre, ornés de sculptures en relief, qui existent encore à Saint-Barlhélemy de Liège, et que fit faire le noble Ilellin, abbé de Sainte- Marie, en 1115. Ami. archcol., t. V, p.. 28.
2. Théophile, ^>/c/re e< moine; Essai su7- divers arts, publié parle comte Charles de Lescalopier, et précédé d'une introduction par J.-Marie Guiciiard; 1843, in-4».
dans li^^s cloJIros.
iieur, de nos jours, grâce à la science modeste et solide de M. l'abbé Texier*.
Nous ne saurions ne point parler d'un art, le plus cliarmanl et leplus puissant de tous, celui qui répond le mieux aux besoins de râme,qui en exprime le mieux les émotions, qui exerce sur les cœurs Tempireleplus incontestable, quoique le plus éphémère. L'Eglise seule a pu imprimer à la musique un caractère dura ble, populaireet sacré; danscetteœuvre,aussidirricile que méritoire, elle a eu les moines pour auxiliaires aussi zélés qu'infatigables. Saint Grégoire le Grand, Musique
i- ^ o rt'ligioiiso
père de la vraie musique religieuse, s'y était adonné, ^t
* 1 c ») ^ chant ifrégoriftn
comme on sait, dans le monastère de Saint-André, à Rome, avant d'être pape ; le chant grégorien, fruil de son génie et de son autorité, souvent repoussé, bien plus souvent altéré par les générations postérieures, a été maintenu et pratiqué par l'ordre dont il était sorti, plus fidèlement que par aucune autre fraction delà société chrétienne-. La raison en est simple : la musique, c'est-à-dire le chant qui en est la plus haute expression, s'identifiait, pour les moines, avec l'accomplissement de leur premier devoii". Dans chaque monnstère, la célébration obli-
1. Essai sur les argentiers et éniailleurs de JÀmoges, par M. l'abbé Texier ; Poitiors, 18i3. M. Texier signale surtout le moine Guillaume, au dixième siècle, le moine Grimamond de la Chaise-Dieu en JU77, TabLé Iscmbard de Saint-Martial , moine dès son enfance, abbé de 1174 à 1178; Pierre, abbé de Mauzac en 1168.
"2. Voir, sur l'introduction du chant romain ou grégorien en Friuice et en Angleterre par les moines, Mabili.ox , prœfal. in sœc. 111 Ucncd., n" 104, éd. in-i".
galoirc de cerlains offices au chœur, par la communauté tout entière et sept fois par jour, imposait naturellement aux moines l'étude la plus attentive de la musique sacrée. Aussi, les monastères ont- ils toujours eu des écoles où cet art occupait une place importante.
La Iradilion musicale avait été communiquée à Saint-Gall par un moine romain, reçu comme hôte dans Tabbaye lorsqu'il se rendait à Metz, par ordre de Charlemagne pour y établir des écoles de chant grégorien. C'est là que furent composés la plupart des morceaux adoptés pour Toffice divin et consacrés par l'Église pendant le moyen âge * . L'histoire a consacré le souvenir de l'enthousiasme qui transporta Conrad P^ roi d'Allemagne, lorsqu'il entendit chanter à Mayence, par un moine de Saint-Gall et par trois évêques , ses élèves , la grand'messe du jour de Pâques.
Dans la même période du moyen âge vécurent trois musiciens unis par la plus tendre amitié^ :
1. Le texte suivant, dont on pourrait rapprocher tant d'autres, est intéressant pour établir ce point, 11 s'agit de Gerwold, riche et noble seigneur, fait abbé de Fontenelle sous Charlemagne : « Scholam in «iodem cœnobio esse instituit, quoniam omnes pêne ignaros litterarum invenit : ac de diversis locis, plurimum Cliristi gregem aggregavit, opiimisque cantilenaî sonis, quantum temporis ordo sinebat, edocnil. Erat enim quanquam aliarum litterarum non nimium gnarus, cantilonœ tamen artisperitus, vocisque suavitate cxcellcntia non egenus. » Chronic. FonlanelL, c. 16, in Spicilf.g., t. II, p. 278,
2. Cor et anima una erat, mixtim qualia très unus fccerint... très isti nostrfle reipublicfc senatus. Ekk., De Casib., c. 5, p. 2-i.
L'EGLISE Eï LA FEODALITE. t>lj5
Nolborl le bèfjue ou le saint, Ralbert et Tutilo. Ralbert, noble Tliurgovieii, après avoir écrit les précieuses annales de son monastère \ composa des chants en langue allemande, et, à son lit de mort, il se vit entouré de quarante prêtres et chanoines, SCS élèves enthousiastes, venus au monastère pour célébrer la fête de Saint-Gall.
Tutilo enseignait à la jeune noblesse de France Part de jouer des instruments à cordes et à vent; et il était, de plus, peintre, architecte, helléniste, hitiniste, astronome, ciseleur très-habile, ce qui ne rempéchait pas d'être, en même temps, un homme de prières, de larmes secrètes % et, pour un grand nombre, un véritable saint.
Tous les réformateurs de l'Ordre bénédictin, tous ses principaux docteurs et écrivains, saint Benoît d'Aniane^ saint Dunslan \ saint Odon de Cluny, et bien d'autres, étaient de bons musiciens, (ît ils employèrent leur autorité à entretenir ou à perfectionner la musique ecclésiastique. Le saint moine Adalbert, le grand apôtre des nations slaves, avait composé la musique et les paroles d'un cantique slavon qui commence par ces mots : Hospodi/ne p(nnyluy ny^ et qui, après le martyre du mis-
1. V. le Recueil iiilitulé : Casas S. Galli. — Ratbert mourut vers SO:.— Arx, I, 90-102.
2. Filios nobilium fidibus docuit, etc. Ekk., in Casibus, IV, c. 3. 5 IbUI.
i. Instituit canlor, etc. Voir plus liant, à propos de saint Benoît ilAnianc.
sionnaire, devint le clianl national des Bohèmes*. Même pendant les grandes luttes du onzième siècle, entre l'Eglise et l'Empire , plusieurs des moines qui y prirent part, tels que Humberl, abbé de Moyen- Moutier, Guillaume de Hirscliau, les papes saint Léon IX. et Victor III, ne cessèrent de cultiver la musi(jue avec zèle^ L'orgue L'orsuc, cctle création spéciale de l'art chré-
perfcclionné ^ ^
I'" tien, seul diurne d'associer sa voix majestueuse aux
les iiioiiies. ^ ''
pompes du seul culte vraiment divin, l'orgue dut aux moines le perfectionnement de sa construction, et c'est grâce à eux que l'usage en fut généralement introduit". Un illustre religieux du sixième siècle, Cassiodore, a donné du roi des instruments la description à la fois la plus ancienne et la plus exacte*. Elphége, abbé de Win-
1. L'air noté se trouve dans Boleluczky, liosa livlicmica, 1657, in-18.
2. Voir les témoignages curieux de ce fail réunis par Ziegelbauk. Hist. Hier. 0. S. ZJ., pars II, p. 542.
3. Les orgues arrivèrent d'abord en France sous l'epin, en 757, par un envoi que lui lil Tenipereur de Constantinople. Peu de temps après, un moine, NVicterp, évêque d'Augsbourg, en fit construire un pour sa nouvelle cathédrale, Stengel, Commoit. de reb. AugiisL, pars II, p. 65. — Leur usage se répandit en France et en Allemagne plus vite qu'en Ilalie. 11 y a d'intéressants renseignement sur les services rendus par les moines, pour la construction des orgues, dans l'article de M. de Coussemaker, i)nh\ié i>ar\cs Annales arc/icologiqiws, t. III, p. 280.
4 Org^anum itaque est quasi turris diversis fistulis fabricata, quilius flatu follium vox copiosissima destinatur, et ul eam modulatio décora componat , linguis quibusdam ligneis ab iiiteriore parte coiislruitur quas disciplinaliter magislrorum digiti rei>rimeiilos , gran-
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chester, au dixième siècle, fil conslruire le plus erand or^ue dont il soil fail niciition dans les annales du moyen tige : il fallait soixanle-dix hommes pour le maniera
Los Bénédictins avaient introduit en Angleterre le chant grégorien en même temps que la foi catholique. Un moine romain, appelé Jean, archichan- Ire de saint Pierre et qui avait accompagné saint Benoît Biscop à Tahbaye de Wearmouth, y fonda, suivant l'usage romain, une sor(e d'école centrale de chant d'oii sortirent de nombreux élèves'.
Les moines anglais semblent avoir été, entre tous les religieux de l'ordre de saint Benoît, ceux qui aimèrent la musique avec le plus de passion. « Je voudrais bien, » écrivait un abbé de Yarro^v,
dissimam efficiunt, et suavissimani caiilileiiam.' — Cassiou. Ci.Civillà rattolica du 22 septembre 1851.
1. Il y en a une description riméc et très-détaillée ap. Act. SS. 0. B., sîcc. V, p. 028etseq., au prologue de la vie de saint Switliin. A la même époque, le comte Ailwin donna à rubbaye de Ramsey un orgue dont voici la description : Cupreos organorum calamos, qui in alveo suo super unam cochlearum denso ordine feraminibus insidentes, et diebus festis follium spiramento fortiore pulsati, prsedulcem melodiam et clangorem longius resonantem ediderunt. Dès lors les moines s'babituèrent à fabriquer cet instrument et à en jouer. Cf. Maiiu-l., Aim., t. II, 1. XXIII, c. tlO, et Prœf in sœc. 111 Benedicl., VI, n. lO.').
2. Vir venerabilis Joannes, arcbicantalor ecclcsiie S. Pétri et abbas monasterii S. Martini... quatcnus in nionasterio suo cursum canendi annuum sicut ad S. l'etri Ilomœ agcbatur, edoceret... Ordinemvidelicet ritumquecanendi ac legendivivavoceprœfati monasterii cMulatores edocendo, et ea... etiam litteris mandando... Ipsum per loca iiiquilnis doccrct, mulli iiivil;i!0 ciu'abant. lîr.i»., iV, 18.
disciple et sucesseur du Vénérable Bède, à son compatriote saint Lullo, archevêque de Mayence, « je « voudrais bien avoir un harpiste qui jouât de cette «harpe que nous appelons la rote; mais j'ai l'in- (( strument, et je n'ai pas l'artiste. Envoyez-le-moi, « et, je vous en prie, ne riez pas de ma demande \n Cette passion entraînait parfois de graves abus : pour les réprimer , le concile de Cloneshove , en 747, ordonna d'expulser des monastères les joueurs de harpe, les musiciens et les bouffons ^ i...s('coi(s Mais les moines, si zélés pour la musique, si
de chant . . ^ ^
à habiles dans la facture des instruments et dans la
Wcarnxiiilli,
ot composilon musicale, Pelaient également dans la
les écrits
des moims hautc théoric de l'art. Cette théorie a eu, pendant
STir
ui musique, tout Ic moycu âge, les moines pour principaux interprètes, et les plus fameux auteurs qui ont écrit sur la musique appartenaient à l'Ordre Monastique. Cent ans avant la naissance de saint Benoît, un moine d'Egypte, saint Pambon , abbé de Nitrie, avait composé un traité sur la psalmodie ''. Plus tard, et de siècle en siècle, on vit se succéder des
1. Delectat me quoquc citliarislam liabere, qui possit citharizarc in cithara, quam nos appellanius rottœ, quia citharam habco, et arliliccni non habco... Obsecro ut liane meam rogationem ne despicias, et l'isioni non députes. Intci' Ej>ist. S. Bonifac. , w* 89, cdit. Seii-
RAIUUS.
2. Monasteria non sint artium ludicrarum rcceptacula, hoc est poctarum, citharistarum, musicorum, scurrarum, sed oranliuni, legentium. Deiquc laudantium liabitaliones. C. 20.
5. Instiluta Patnim de modo psaUcndi sivc canlandi, pul)liéspar le prince aljbé Gerbert de Saint-Biaise, dans sa collection.
religieux, auteurs do savanls traités sur la musique, parmi lesquels figurent, au premier rang, Hucbald de Saint-AmandS dont les contemporains ou élèves furent Reginon de Prùm, Remy d'Auxerre, Odon de Cluny, Gerberl, Aurélien de Réome, plus tard Guillaume, abbé de Hirschau ; Engelbert, abbé (fAmberg ; Hermann Contract, qui joignait à tant d'autres mérites celui d'être le plus savant musicien de son temps % et une foule d'autres que nous avons déjà nommés parmi les lumières de l'ordre bénédictin \ Saint Rernard, par son traité de Uatione Cantus, continua glorieusement cette série d'écrivains éminents, qui ne doit se clore qu'à la fin du dix-huitième siècle, avec un autre Gerbert, prince abbé de Saint-Rlaise dans la forêt Noire, éditeur d'une célèbre collection d'écrivains sur la musique, dans laquelle le premier rang est assigné très-justement aux bénédictins *.
i. Mort en 932. V. Mémoire sur llucbald et ses traités de musique, par M. G. de Cous^emaker ; Paris, Techener, in-4''.
2. Gantas historialcs plenarios, ut pote quo musicus peritior non erat, de S. Georgio, etc., etc., mira suavitate et eleganlia euphonicos, prîcter alia hujus modi perplura neumatizavit et composait. BERTuoLor, Ilerimanni continuât., ap. Pertz, t. V, p. 268. In masica sane prav onmibas moclcrnis sabtilior exstitit et cantilcnas plarimas de musica,. cantasqae de sanctis satis auctor nobiles edidit. Anoyji.Mellicens., ap. Pertz, t. V, p. 267.