‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 87 sur 196 · Trithi MILS, Cliron. Uirsaug., passim · texte numérisé non relu

Trithi MILS, Cliron. Uirsaug., passim

4. Scriptorçs ercîesiastici de musica sacra, potissimum ex variis Ilalice, Galliœ et Germanice codicibus manuscrijdis collecti, et nunc primuni publica lace donali a Martixo Gerderto, monaslerii et conrjr. S. ntasii, in silva yigra abbate ; 3 vol, in-i°. — Typis San Blasiani?;,.

MDCCLXXXIV.

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On sait que le système des notes modernes fut d'abord mis en usage au monastère de Corbie par l'abbé Ratbold, et qu'après lui Guy d'Arrezzo, en établissant l'éclielle des intonations diatoniques , <i.iy d'Aiczzo se constitua l'inventeur du solfège; mais combien savent que ce Guy était un saint moine de l'abbaye de Pompose, près Ravenne ^ ?

Ainsi c'est à un illustre moine, saint Grégoire le Grand, que le cbant ecclésiastique, l'expression la plus liaute de la vraie musique, doit son origine; c'est à un moine que la musique moderne doit les procédés de simplification qui ont rendu son enseignement moins difficile; ce sont des moines qui, dans les solitudes de la Tliébaïde comme dans les monastères de la forêt Noire, ont, pendant quatorze cents ans, enrichi le trésor de la science musicale par leurs recherches et leurs traités : ce sont, en un mot, de pauvres reh'gieux

1. Ratbold mourut en 985 ; Guy vivait en 102G. Le premier substitua les notulœ caudatce, dont ou se sert encore aujourd'hui, aux lettres; Guy d'Arezzo y ajouta le système des clefs et des lignes ; telle n'est pas l'opinion de plusieurs savants modernes qui ont écrit sur la musique : ils affirment que Guy d'Arezzo n'a rien inventé de ce qu'on lui attribue, ni les lignes de la portée, ni le nom des notes, ut, ré, mi, fa, mais (ju'il a simplement fait usage, avec intelligence, de tous les procédés connus avant lui, rendant ainsi à la musique le grand service d'introduire dans son enseignement cette lucidité pratique qui cstpropreau génie italien. V. Madill., Ann., t. IV, 1. i.ix, n° 80; 1. LV, n" 100, et AppeniL, n» 7; Féiis, Biographie des musiciens, article Guy d'Arezzo ; Kiesewelleu, Histoire de la musique européenne. Voir aussi ce que dit Orderic Vital sur le talent de composition musicale déployé par plusieurs abbés normands du onzième siècle, lib. III, p. 95; IV, p. 2i7.

qui, (lu huiliùiiie au douzième siècle, ont composé dans la solitude du cloître et Télan de la prière ces immortels chefs-d'œuvre de la liturgie catholique, méconnus, mutilés, parodiés ou proscrits par le goût harhare des liturgisles modernes, mais où la vraie science n'hésite point à reconnaître, de nos jours, une finesse d'expression ineffable, un je ne sais quoi d'inimitable, de pathétique et d'irrésistible, de limpide et de profond, une vertu suave et pénétrante, et, pour tout dire, une beauté toujours naturelle, toujours fraîche, toujours pure, (|ui ne s'affadit jamais et jamais ne vieillit ^

Jusqu'à leur dernier jour, fidèles à leur ancienne gloire, les églises monastiques conservèrent ks doux trésors de cette divine mélodie, qui, selon la parole du moine Orderic Vital, ne se taisait qu'après avoir rempli les cœurs chrétiens de paix et de joie *.

1. Un non so clie di ammirabile ed inimitabilc, una finezza di espressione indicibile, un pattetico che tocca, una naturalezza fluidissiina ; sempre fresco, sempre nuovo, sempre verde, sempre bello, mai non appascisse, mai non invecchia... Baïnt, maître de la chapelle pontificale du Vatican, Mcmorie storiche sulla vila di Paleslrina, t. II, c. 3, p. 81, cité par Jouve, Essai sur le chant ecclésiastique, clans les Annales archéologiques de Dionox, t. V, p. 7i. Cf. JanssiNS, Vrai<i Principes du chant grégorien, p. 187. — Le savant écrivain IJaïiii ;ijoute, avec trop de raison, que les mélodies substituées par la litur^-^ie moderne à ces anciens chefs-d'œuvre sont stupides, lourdes, insigniliantes, discordantes, froides et fastidieuses : stujtide, insignifuanli, fastidiose, absone, rugosc. Ibid.

2. Dulcis cantilena divmi cultus, qu;o corda lidelium miligat ac lielificat, conticuit. Order. Vit., 1. XIII, p. 908.

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