‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 88 sur 196 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les moines et la terre. — Les moines

et les pauvres.

Tendance fondamentale de l'esprit monastique.

Les moines agriculteurs. — Abbés laboureurs. — Défrichements par les moines. — Moine martyr du travail. — Aisance des paysans sur les domaines monastiques. — Nouvelles industries introduites par les moines, — Fabriques créées par les Bénédictins. — Travaux publics accomplis par eux. — Irrigations et dessèchements.

— Fondations au milieu de marécages. — Hardiesse et prudence.

— Travail ennobli. — Pauvreté soulagée. — Aumônes régulières.

— Charités extraordinaires. — Pauvres assimilés aux moines. — Aumônes prises sur le nécessaire. — Les pauvres de Cluny. — Service d'un aumônier de couvent. — Visite des indigents. — Soins donnés aux aliénés. — Hospitalité monastique. — La cloche des moines. — Le salut est leur but unique.

En essayant d'indiquer les innombrables services rendus à la société temporelle par des hommes qui avaient pour règle et pour but le renoncement à toutes les compétitions et à tous les avantages de la vie mondaine, nous avons abordé un champ troj» vaste pour nos forces. 11 faut donc nous hâter de le parcourir. Après avoir trop superficiellement éuuméré ce que les moines ont fait pour l'élile du genre humain, qui a le h)isir de cultiver les

sciences, les lettres et les arts, nous croyons cUîvoir encore indiquer, par quelques traits rapides, ce qu'ils ont tenté pour le bien de cette multitude d'hommes que Dieu astreint à gagner leur vie à la sueur de leur front, et qui, trop souvent, ne trouvent pas même le moyen d'accomplir la dure loi de leur condition ici-bas.

L'agriculture, comme chacun sait, est la profes- i.os moines sion de la grande majorité du genre humam ; or, i.Minsuicis, etc. Ton peut hardiment affirmer, d'abord, que les moines ont plus fait pour l'agriculture que pour toute autre science, et, en second lieu, que personne n'a fait autant qu'eux pour la terre. Ce fut leur gloire en Italie, en Espagne, dans les Gaules, en Germanie, dans la Grande-Bretagne, a dit l'un de nos contemporains enlevé trop tôt à la science \ d'avoir commencé les défrichements et travaillé les premiers à rendre au sol sa fécondité. On a pu proclamer, sans aucune exagération, que les ori-

1. M. Paillard de Saint-Aiglan. Cet écrivain fait remarquer la grande ressemblance qui existe entre le monastère antique, tel que l'avait conçu saint Benoît, et une colonie agricole, établie sur une terre récemment découverte et qui doit tout tirer de son sein, L'auteur ajoute, et rien n'est plus vrai, que le monastère bénédictin semble offrir une copie exacte de la riche villa romaine. Jardins, moulins à bras, fours, étableset ateliers, groupés autour d'un édifice principal, complètent en effet la ressemblance. Varron y aurait retrouvé jusqu'aux esclaves vêtus de tuniques brunes, avec la cucuUe. Mais, au lieu des malédictions de Vergaslulum, il aurait entendu les chants de la prière, etc. — M. de Courson, dans le Moniteur univeisel de mars 1854, Fragments sur les anciennes forêts, avait fait, de son côté, la même remarque.

MOINES d'oCC. VI. 18

gines monastiques sont les origines mêmes de l'agriculture libre et de l'industrie libre dans le monde. Les cénobites avaient à lutter contre Tinfertilité des terrains où ils établissaient leurs retraites, comme ils avaient à lutter contre les ténèbres des intelligences et la dépravation des cœurs. Mais ils surent triompher de tous les obstacles ; encouragés par les libéralités des rois et des grands, ils défrichèrent les bois, desséchèrent les marais, fertilisèrent le sol sablonneux, conquirent sur la mer les premiers polders , et, grâce à leur dévouement inébranlable devant les fatigues, les maladies et la mort, l'on vit de vastes champs autrefois hérissés de broussailles, couverts d'eaux stagnantes et fétides, se couvrir de moissons et de fruits. Oui, les mêmes hommes que nous avons vus, tout à l'heure, cultiver toutes les branches de la science humaine, remplir avec un succès constant la mission si difficile de l'enseignement, conserver, en la développant, la tradition des arts les plus délicats et les plus raffinés ; ces mêmes hommes sortaient de leurs cellules, la pioche ou la cognée à la main, pour aller défricher les forêts, labourer les landes, dessécher les marais, et faire connaître au monde chrétien les méthodes d'agriculture les plus sages et les plus productives ! Ils conduisaient de front les travaux de l'ordre le plus différent ^ Depuis que le monde existe, ja-

1. « Le moine bénédictin était tour à tour un contemplai eur reli-

niais classe d'iioni mes n'a consacré au travail de la terre des efforts plus persévérants et plus féconds \ C'est un lionimage qu'il faut rendre à l'ordre de Saint-Benoît, mais sans prétendre concentrer ses services dans cette sphère unique.

On peut, du reste, s'expliquer facilement l'ardent dévouement des Bénédictins à l'œuvre des défricliemenis et les admirables résultats qu'ils en ont obtenus. La cause principale en est dans la règle même de leur vie, partagée entre le travail et la prière, selon la tradition des premiers solitaires d'Orient et d'après l'expresse volonté de saint Benoît. De môme que la célébration des offices religieux, plusieurs fois renouvelée dans la journée,, amenait les religieux à cultiver et à perfectionner la musique avec un succès toujours croissant ; de môme la pratique constante de la loi du travail manuel leur faisait trouver dans l'agriculture les ressources les plus abondantes et les applications les plus ingénieuses et les plus fécondes.

Au surplus, voici le passage de la règle de Saint- Benoît, qui, en imposant aux religieux de l'ordre la

gieux, un laboureur, un artisan, un lettré. Il passait de l'église à l'atelier, de la culture des champs à l'étude des lettres. » MrcxET, Mémoire sur la conversion de l'Allemagne, 1841, p. 141.

1. Pour se faire une idée exacte des soins donnés à l'agriculture par les moines, dès l'origine, il faut lire un texte très-important de ht vie de Saint-Mesmin, abbé de Micy, texte emprunté aux Act SS. 0. D., ei cité par M. Aurélien de Courson, dans son travail sur \e^ anciennes forêts.

grande loi du travail matériel, a valu au monde de si magnifiques résultats : « L'oisiveté est Tennemie « de l'ame ; c'est pourquoi les frères doivent, à « certaines heures, travailler de leurs mains, et, « dans d'autres, s'occuper de saintes lectures. « Nous croyons devoir ainsi régler leur temps : « Depuis Pâques jusqu'aux calendes d'octobre *, ils « sortiront des le malin, et travailleront à ce qui « sera jugé nécessaire, à partir de Prime jusqu'à « la quatrième heure. Depuis la quatrième heure « jusqu'à Sexte, ils liront. Après Sexte et le repas, « ils se reposeront en silence sur leurs lits, ou, si « quelqu'un veut lire pour son propre compte, il le (( fera, mais sans troubler les autres. Après None, « les frères travailleront jusqu'à Vêpres. Si quelque « nécessité locale ou la pauvreté oblige les reli- « gieux à faire par eux-mêmes leurs récoltes, « qu'ils ne s'en affligent pas; car ils se montrent « vraiment moines en vivant du travail ma- « nuel, comme leurs pères et comme les apo- « très. Mais que tout se fasse avec mesure, pour ne « pas accabler sous le poids du travail les faibles, « qui ne doivent point rester oisifs \ »

1. Depuis le 1" octobre jusqu'au carême, ils devaient travailler à partir de Tierce jusqu'à None, et, pendant le carême, depuis Tierce jusqu'à la dixième heure.

2. Oliositas ininiica est animœ : et ideo certis temporibus occupari debent fratres in laborc manuum, certis iterum horis in leclione divina... Mane exeuntes... laborent quod necessarium fueriu.. Si autem nécessitas loci aut paupertas exegerit ut ad fruges coUigendas

Si quelquefois, comme on Ta vu, la transcripliuii des manuscrits et d'autres travaux intellectuels étaient regardés comme Téqui valent des travaux de la terre, il n'en est pas moins certain que l'étude, et même l'enseignement des lettres, ne dispensaient pas absolument les religieux qui s'y livraient, de l'obligation du travail manuel \ A plus forte raison les moines qui ne se livraient point aux études littéraires, et le grand nombre de nobles et d'bommes de guerre qui venaient revêtir le froc de convers dans les monastères, aux dixième et onzième siècles, devaient-ils faire preuve d'activité dans les occupations agricoles. -Vprès les nombreux traits que nous avons cités de

per se occupentur, non contristentur : quia tune vere monachi sunt; si labore manuum suarum vivunt... Omnia tainen mensurate fiant propter pusillanimes. G. 48. — Plus loin, cette dernière recommandation est ainsi développée : Fratribus infirmis vel delicatis talis opéra aut ars injungatur, ut nec otiosi sint, nec violentia laboris oppriniantur.

1 . Gcrtains chapitres de la règle de Saint-Benoît semblent des pages de Varon, de Golumelle et de Gaton. — V. Dom Galmet, t. I, p. 514 sur le chapitre 52 de cette règle, et t. II, p. 424, sur le chapitre 66.

Les Bénédictins surent mettre partout en pratique, avec l'ardeur et l'énergie intelligente d'ouvriers libres et dévoués, les excellents préceptes de culture adoptés à Lérins et au Mont-Cassin. Pour eux, l'expression n'est point exagérée, la culture de la terre fut comme une immense aumône répandue sur toute une contrée. Tour à tour charpentiers, maçons, architectes traçant le plan de vastes constructions, peintres et orfèvres employés à la décoration des églises, ingénieurs chargés de dessécher les marais, de diriger les cours d'eaux, de renfermer les rivières dans leur lit, les moines, quand ces diverses iiîUTres étaient accomplies, redevenaient cultivateurs, bergers, vignerons plus infa'igables que les plus rudes paysans de leur voisinage.

Les abbés

mettent

t'iix-mêraes

la main

l;i tharrue.

celte activité laborieuse, chez les fils de rois, chez les princes, les comtes et les chevaliers, il doit nous suffire de rappeler ici quelques noms : Garloman, oncle de Gharlemagne ; Guillaume, duc d'Aquitaine ; Adalbert, fils d'un duc de Bohême ; Hugues, duc de Bourgogne ; Guy, comte d'Albon ; Hermann, margrave de Bade; Frédéric, frère du duc de Lorraine, et tant d'autres qui, devenus moine?, se signalèrent par leur zèle et leur courage à entreprendre les travaux les plus pénibles et les moins relevés. Toutefois il n'est point inutile de faire remarquer que les abbés et autres supérieurs donnaienteux-mêmesrexempledel'assujcttissemenl le plus courageux au travail. Toutes les fois que le gouvernement des monastères, ou les intérêts généraux de l'Église laissaient quelque liberté à ces chefs de communauté, ils étaient les premiers aux champs, à la lête des moines laboureurs. Il en fut ainsi pendant toute la période dont nous avons «squissé l'histoire. Nous avons montré plus haut Ilerluin, le premier abbé du célèbre monastère du Bec, occupé lui-même à piocher, à semer, à sarcler* dans l'enceinte du monastère qui bientôt allait recevoir Lanfranc et saint Anselme. Il est dit

i. Videres abbatein colo scmciitcm, manu rostium vel sarculuin ge^tantcm, ad agriculturam prseire monachos, etc. Parmi les abbés placés à la tète des monastères après les invasions barbare?, il n'en est pas un, on le peut affirmer, dont le biographe n'ait constaté la participation aux travaux de la terre, au labourage, à la moisson, à la fauchaison, etc.

l'K(;lisk et la féodalité. 'ivj

exprcssc'iiieiU de saint Benoît d'Aniane, le grand réformateur de l'Ordre Monastique sous Gharlemagne, qu'il conduisait la charrue avec ceux qui labouraient, bêchait avec ceux qui défonçaient la DéfriciicmouK

par

terre, et fauchait avec les faucheurs \ Un trait i<s moint^s raconté par saint Grégoire le Grand, au sujet du saint abbé Equutius, l'éloquent missionnaire contemporain de saint Benoît, atteste que l'usage régnait, chez les Bénédictins, depuis l'origine de Tordre. Un jour que l'envoyé du pape était venu dans le couvent du saint homme, et le cherchait parmi les copistes du scriptorium, pour l'amener à Rome avec lui, les calligraphes interrogés lui réponiiirent : « Il est là-bas, dans la <( vallée, à couper du foin '. »

Si nous voulions énumércr les diverses contrées où s'est manifestée Tinfluence bienfaisante des moines sur l'agriculture, il nous faudrait citer toutes les provinces de l'Europe, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au golfe de Bothnie, et depuis les extrémités de l'Ecosse jusqu'aux bouches du Danube. Ce serait une tache aussi longue que su-

1. Cuin arantibus ipse arabat, cuin lodientibus socius erat, cum inessoribus inetcbat. VU. S. Bened., auct. Ardone, discip, suo, in AcT. SS. 0. i;., b;rc. IV, pais I. p. '204.

2. Festine ad ejus inonaslerium cucurrit (Julianus), ibique absente illo anliquarios scribeiitcs reperit, ubi abbas ess-.t inquisivit. Qui dixeruiit : In vallebacqua^ nionasterio subjacet, fœnumsecat. S. Greu. Mac, [Jlalofj.. I, i. — Coinnie le remarque le P. Cahier, XVIII, 150, «lans ces deux lignes quelle perspective, quelle écli:ippée de vue tur l'avenir d'une institution, alors au berceau I

perflue; il est à la fois plus court et plus sûr d'inviter les détracteurs des institutions monastiques à rechercher et à signaler la contrée où la charrue des moines n'a pas précédé ou au moins développé les cultures qui ont enrichi l'ingrate postérité : assurément on attendra longtemps leur réponse. Il ne faut pas, du reste, apprécier ces travaux agricoles d'après la situation des propriétés monastiques au moment de leur confiscation. On doit, au contraire, se rappeler que, à peu d'exceptions près, les moines s'établissaient dans des lieux déserts et d'accès difficile, qu'on leur abandonnait précisément parce qu'ils étaient incultes et que personne ne voulait prendre la charge de les défrichera 11 est certain qu'en général les terres concédées aux monastères n'étaient d'aucune valeur et que les donateurs ne les croyaient pas dignes d'être gardées pour leur propre compte. A l'époque de saint Grégoire YII, comme à celle de saint Seine et de saint Evroul, dans les sixième et septième siècles, la plupart des abbayes prenaient naissance dans des forêts inaccessibles, dans des sites jugés presque

i. « 11 faut le dire, les moines seuls semblaient alors se soucier de la terre; elle n'était d'aucune valeur, d'aucun produit; ils n'avaient qu'à vouloir pour en obtenir la possession : ils le voulurent, et bien en valut à l'humanité, car, même en ce point, ils ont servi la civilisation. Ils défrichèrent les terres incultes, repeuplèrent les pays abandonnés, fondèrent des paroisses..., établirent des marchés, convertirent les fleuves en route de commerce... » Cii.GinAUD, Ucchcrche sur les coutumes de Bretagne. Revue de Icqisl., t. 1 (XYIl), p. 585,

iiiliabilablos mcniepar les populations rudes eléner- ^i(Jues de cette éporpie. La Chaise-Dieu, en Auvergne ^ ; la Grande-Sauve, en Aquitaine^ ; Reichenbach, en Souabe '; Anchin et Afflighem , en Belgique * ^pour ne citer que quelques-unes des principales fondations du onzième siècle), s'élevèrent au milieu de vastes forets coupées de ravins, peuplées par des bètes fauves et par des brigands, où Ton ne pouvait arriver qu'en se trayant un chemin, le fer à la main, à travers les broussailles et les ronces. Il fallait se résigner à vivre, pendant de longues années, dans ces solitudes improductives, en luttant contre la faim et l'intempérie des saisons, avant d'arriver à les fertiliser par le travail. Mais les moines ne reculèrent point devant cette nécessité. Pendant tout le douzième siècle, on vit le nouvel ordre de Cîteaux lechercher, avec une sollicitude persévérante, les

1. En 1046. Inveniunt spinas et vêpres, horrorem ac solitudincm, locum bonis omnibus indigentem... Auxit loci difficultates vicinoriim improbitas, qui morum immanitate feris consimiles, serves Dei, quos sustentare deberent, conviciis urgebant et minis, insanos rliani judicantes, qui locum sterilcm, quem vel si copias atlulissent, non essent passuri, nihil habcnles cœpissenl incolere. Incolarum miligabat pribtinani feiitateni, paulatimque cos brutis moribus exuens, Uinquamde feris homines faciebat. JIabbod, Vit. S. Roberti, ahb. Casœ Dci, in AcT. SS. 0. B., sœc. VI, pars II, p. 192-194.

'1. En 1079. Sylva in circuitu taindcn.-a vepiibuset scntibus crèverai, quod nullus ad ecclcsiam appropinquare poterat, nii^i gladio yul alio aliquo ferraménto prius iter lecisset. VU. S. Gerardi, c. 20, in AcT. SS. 0. B., ssec. VI, pars II, p. 886.

~). En 1085, Pricdiolum nemore densissimo hispidum. Tiuthem., Cliiou. Wirsaug., I, 255.

i. En 1079 et lOS.".

sites les pi us déserts cl les plus inaccessibles, pour y

établir ses innombrables fondations ^

xVu milieu du siècle dernier, on a fait grand bruit de la prétendue dccouveite de la célèbre vallée de Chamouny, au pied du Mont-Blanc: les savants de ce Icmps-là prétendaient qu'elle était restée inconnue à l'Europe jusqu'au moment où des voyageurs anglais' y avaient pénétré, uon sans difficulté, en 1 741 . 11 est très-vrai que Chamouny ne fut qu'alors signalée à l'oisive curiosité du public; mais on oublie de dire que, avant Pocoke et Windham, saint François de Sales avait franchi les défilés qui conduisent à ce coin reculé de son diocèse, en se meurtrissant les pieds et les mains jusqu'au sangpendant le trajet ; on oublie de dire que, dès l'an 1090, les Bénédictins avaient obtenu du comte Aymon de Genève le don de la vallée alors tout à fait inculte et inhabitée, et qu'ils y avaient fondé un prieuré' dont le territoire, successivement mis en culture, setrou-

1. Faut-il rappeler à nos contemporains oublieux les admirables îravaux des Cisterciens de nos jours en Afrique? Les délrichemenls de la Trappe de Staouëli attestent, cei tes, que les fils de saint Bernard n'ont pas dégénéié de leurs pères, et ont su rester lidèles à la tradition qui fait, depuis treize cents ans, la gloire de l'Ordre Monastique.

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