‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 98 sur 196 · Fecit et hoc, in te sint ut solatio cuique · texte numérisé non relu

Fecit et hoc, in te sint ut solatio cuique

Plurima nain tribuit, de quibus hoc statuit ; Esuriens viclum petat in te, nudus amictum, Et vagiis hospilium, perditus auxilium.

Vit. S. Gebhard., a Monach. Admott., éd. 16i9, p. 139.

2. "Veriioeven , Mémoire sur les conslilulions de la nation belge, Liège, 1790, p. C3. Voir aussi ce que dit Aubert Le Mire sur Fhospitalité de Fabbaye de Poslel, au milieu des bruyères de la Campine, pendant le XVII» siècle. Ibid., p. 77.

quenlcs dos Alpes, l'abbé Benoît, celui-là même qui, pour la c;iuse de Grégoire VII, avait souffert persécution, accueillait tous les voyageurs, donnait des vêtements, de l'argent, des chevaux à ceux (jui en manquaient ou qu'on avait dépouillés en route, veillait lui-même à leur nourriture, les servait de ses propres mains, faisait baigner les malades, les gardait quelquefois des mois et d( s années entières sous son toit^ Et on ne sortait de ces asiles que chargé des marques de la munificence des hôtes; car, comme le disaient les moines de Fécamp, « c'est un usage que nos « ancêtres nous ont transmis, de ne jamais laisser « partir qui que ce soit sans quelque présent". »

xV Aubrac, où existait un hôpital monastique

fondé à la fin du seizième siècle, au milieu des

montagnes les plus désertes du Rouergue, les

moines sonnaient, tous les soirs, pendant deux

la cloche heures, une cloche destinée à appeler l'étranger

mohfcs, égaré dans les brouillards ou que la nuit sur-

•loche (les ('garés prenait dans les forêts; cette cloche portait peur

1. Quorum fréquenter multitudo, quoniam locus in Romano itinere est positus, fessa et lassabunda ad cum coiiflucbat... Reparata habitacula et tapetibus sufficienter strâta singulis apte distribuebat... Ipse vcro succinctus hospes, hue illucve cursitando, tempore prandii omnium manibiis infunderefestinat... cum eos secumbabercH peraliquotmenses, seu annuum tcmpus, quin (ut verum fateai') bitnnium vel tricnnium, non mutabatur nec minuebatur erga eos prier benevolentia, etc. Act. SS. 0. B., sœc, VI, pars II, p. 705.

2. Hujus monasterii consuctudo esta raajoribus ad nos usquetransmissa, ut nemo indonalus hinc recédât. Baldric, Epist., 1. c.

L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ. .Vil

inscriplion les mots siiivanls : Errantes recoca, et le peuple la nommail la Clocfie des perdus^

On retrouvait encore les moines, avec leur cloche, au bord des mers, sur les plages les plus périlleuses, occupés à signaler les dangers aux navigateurs et à préparer un refuge aux naufragés. Leui' charitable invention était donc antérieure à celle de nos phares. Les abbés d'Arbroath, en Ecosse, avaient eu l'heureuse idée de placer une grosse cloche sur recueil le plus dangereux de la côteduForfarshire, qui porte encore aujourd'hui le nom de Rocher de la doche ^ Le mouvement des vagues ébranlait la cloche, dont le son avertissait les mariniers. Les bénédictins de l'abbaye de Tavistock s'établirent, dès i)Gl , aux îles de Scilly, situées aux extrémités de la (lornouaille anglaise et si tristement célèbres par la inullitude de naufrages qui désolent ces rivages^. La ville de Copenhague doit son origine à un monas-

1. Cet usage dura jusqu'à la couliscatiou de riiùpilal, en 1791. La doc fie des perclus , rcïondue par les derniers relig-ieux en 1772, vient d'être restituée à la nouvelle église d'Aubrac, érigée en succursale. Voir l'A}icien Hôpital d'Aubrac, par l'abbé Bousquet, cia-é de Buseins, Rodez, 18i5, ouvrage plein de détails précieux pour l'histoire des derniers siècles.

2. licll-Rnck : recueil a 4.')0 i»ieds de long el 230 de large ; il est à douze pieds sous l'eau, aux plus hauLes marées. Celle cloche fut volée par un capitaine hollandais. De 1807 à 1811, on y a construit un phare.

3. Sous Henri I", Ilichard de Wick leur accorda la dîme du produit de ces îles, et. spécialement des lapins, pour le bien de sonàine cl de celles de ses parents. Troutdeck, Surveij of the ancienl and présent stale of l/ie Scillij hland ; Sherbanie. 17îr>.

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tèrc fondé, par rarclievè(jue Absalon, sur les bords do la Baltique, pour y recueillir les naufrages. Roconnaissancn T^» roconnaissance des fidèles ne devait pas faire i.eurie. défaut à celte tendre et infatigable sollicitude pour les membres souffrants de Jésus-Cbrist : elle se manifestait tantôt par des traditions merveilleuses, tantôt par une consécration populaire des noms et des souvenirs, que tout le génie des savants ne saurait établir ni remplacer. Jean de Montmajour, abbé de Saint-Allyre, ayant, pendant une disette, donné tout le blé de sa maison aux pauvres, le peuple auvergnat racontait que, depuis lors, les greniers du monastère restaient toujours remplis, et qu'après la mort de l'abbé, lorsqu'on eut gravé ses armoiries sur sa tombe, une main céleste et lumineuse vint les effacer et y substituer trois pains, comme le vrai blason de cet ami du pauvret ï/un des principaux prieurés de l'ordre de Cluny avait pour armes wiximeni pari antei^, trois bourses ouvertes. Dans ce monastère, situé sur les bords de la Loire, entre Orléans et Nevers, le prieur Gérard avait pour babitude non-seulement d'inviter les étrangers qui passaient sur cette grande route du nord au midi de la France, à accepter l'bospilalilé de la maison, mais même de les y contraindre^ : aussi les pauvres avaient-ils coutume de dire : « Allons à la charité des moines I » et, de ce touclianl

1. Al'digieu. Ilist. tns. d' Au ver (j ne, a;i. linANCHE, p. 408.

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