Erat ergo miseriam vidcre
'2. Ipsi episcopi qui sornper libertatem EcclesiiB et Anselmum.... c im principe deprimere nisi sunt.... Eaum., 75.
5, Sustinuimus pacem et ipsa loupe rccessit.... Exsurgre ut olini senex ille Mathatliias.... Nos cnim jain in liac causa non qua:nostra, sed qna? Dei sunt qurcrimus. Ep. III, 121.
<( VOS complaisances, pour ne rien dire de plus ^ c( Mais je ne puis vous rien répondre de précis, a jusqu'au retour de nos envoyés de Rome, car le c( roi ne me veut supporter en Angleterre qu'autanl « que je consentirai à violer les décrets apostoli- « ques. » Néanmoins, Anselme écrivit encore au roi pour lui représenter qu'il était inouï qu'un prince voulut usurper le droit des évoques, en infligeant à des prêtres des peines temporelles pour crimes commis contre les lois de l'Eglise : le primat ajoutait que la connaissance et la punilion de tels délits ressor tissaient à sa juridiction et qu'il ne pouvait lui suffire qu'on lui restituât ses possessions territoriales et ses revenus sans lui restituer son autorité spirituelle ^ Henri lui promit satisfaction tout en prétendant qu'il n'avait agi que dans l'intérêt de l'archevêque.
Les envoyés de Rome revinrent enfin, au printemps de 1106. C'étaient toujours G uillaume Warewast pour le roi, et, pour Anselme, le moine Baudouin, qui avaient reçu mission de débattre ce longprocès entre la royauté despotique d'Angleterre et l'antique liberté de l'Eglise ^ Ils étaient chargés
1. Bonum est et gratum mihi quia tandem cogiioscitis ad quid vos perduxit, iif initius dicam, vcstra patieritia. Ep. 111, 122.
2. Quod hacteniis inauditum et inusitatum est in Ecclesia Dei de uUo rege et de aliquo principe.... Plus sum episcopus spiritali cura qiiam terrena possessione. Ej). III, i09.
ô. Pio causa qna' inter regem Anglorum et me, imo inter illum et lihortatem Ecclesiîo pro qua sum exul.... et spoliatus. E/). lY, 48.
(le remettre à Anselme la sentence du pape qui, sans céder, voulut répondre à la soumission du roi par quelque condescendance : « Celui qui c( tend la main à un homme couché ne le peut c( faire qu'en s'inclinant ; mais, quelque bas qu'il « s'incline, il ne perd pas pour cela sa taille na- « tive\ » Le saint-père maintint la prohibition des investitures, mais il autorisa Anselme à absoudre et à ordonner ceux qui feraient hommage au roi, jusqu'à ce que, la grâce de Dieu opérant, l'archevêque eût réussi à persuader au prince de renoncer à une prétention si déraisonnable ^
Anselme, qui ne demandait qu'à obéir au droit, ne s'opposa point à cette concession provisoire et n'insista pas sur la question de l'hommage, quoique cette formalité eût été, en même temps que l'investiture, interdite aux conciles deClermont et de Rome par Urbain IP. Le roi alla trouver le prélat au Bec; ils y fêlèrent ensemble l'Assomption, et y scellèrent leur réconciliation. Le roi renonça à sa taxe arbitraire sur les curés, aux revenus des églises vacantes, au cens que Guillaume le Uoux avait
1. Qui cniin staiis jacciiti ad sublevantlmu maimm porrigil luiiiquani jaceiitem eriget nisi et ipsc ciirvetur.... Statuin tandem rectitudinis non amiltit.
2. Doncc per omnipotentis gratiam ad hoc omiltcndtim cor icgiuin liKO, prtedicationis imbribiis molliatur.
Colle leltre est du 25 mars 1100.
5. Le roi tenait surtout aux hommages. Y. la lettre dIAnselmc à Hugues do Lyon. Ep. Uï, L23, sur c;^ sujet, et la réponse de Hugues
imposé à toutes en général. Anselme retourna en- Ans-i.nc
^ retniine
suite en Angleterre, après un second exil de plus de on Ar^ieterro trois années; il fut accueilli par des transports de noisanstioxi!. joie: la reine Mathilde, qui voyait enfin ses vœux: exaucés, alla au devant du primat dont elle avait fait préparer le logement. Les agents du fisc dispal'urent aussitôt des églises et des monastères,
Henri était resté en Normandie : il y remporta peu après la victoire éclatante de Tinchebrai, qui le rendit maître du duché et de la personne de son l-rère. La voix publique attribua cette victoire à la réconcilialion du roi avec le primat ^ Au concile de Londres (i*^' août 1 107) les clauses du traité furent solennellement débattues entre Henri, les évéques, les abbés et les barons. l\ s'y trouva plus d'un courtisan et plus d'un clerc mal famés, pour pousser le roi à revendiquer, comme un droit, à l'exemple de son père et de son frère, les investitures par la crosse; mais les dispositions des principaux conseillers du prince avaient subi un heureux changement. Warewast lui-même était revenu de son dernier voyage de Rome tout dévoué à la cause de la liberté de l'Église ^ Le comte de Mculan, frappé d'excommunication, puis éclairé,
1. Igitur ob pacem qaain rex fecerat ciim Aiisolino hac Victoria eum potituin inuili testati suiit. Kaom., 70. Robert ne valait suère mieux ({lie Henri, en ce qui touchait aux droits de TÉglise, d'après les plaintes d'Yves de Chartres contre lui.
2. Erat enim tune jain ad libcrtatein Ecclesiœ Dei cor l.ahens. EAini., 7ri.
M USES d'oCC. VII. 20
Le roi
SOUS le coup de cette sentence, par les remontrances vigoureuses d'Yves de ChartresS s'était rapproché duPapeetd'Anselme, etavaitobtenu de rentrer dans la communion des fidèles, sous la condition qu'il pousserait le roi à se soumettre aux décisions du saint-père ^ Le ministre tint parole et se montra depuis, dans le conseil du roi, l'ardent défenseur des libertés ecclésiastiques"'.
tni^Jn royaume Déterminé par ses avis et par ceux de Raoul de cTu/Ta'iqire Rivcrs \ Ic roi proclama, devant Anselme et devant imvestuuie le peuple transporté dc joic % qu'à l'avenir personne
ei pa^r l'anneau, ^^ rcccvrait dc la maiu du prince ou de quelque autre laïque que ce fût, l'investiture d'un évêché ou d'une abbaye, par la crosse et l'anneau'^: et Anselme déclara, de son côté, qu'on ne lefuserait la consécration à aucun prélat qui aurait rendu hommage au roi\ comme lui-môme avait cru le devoir faiie sous Guillaume.
Le roi pourvut ensuite, d'après les mêmes règle-