Mattii., viii
2. De ultimis fniibus estis ; sed si curritis, si festinatis, primis patribus in rejjno sociati eritis. Sit cursus vester fides amor et desiderium. Sit itervestruni mundi gloriaiu assidue meditari esse caducam.... Sit vestrse poteatise usus et exercitatio, subvenire oppressis... justitiam non soium diligere, sed etiam tola virtute defendere. Ep. \I, 13.
3. Le pape ne délie plus du serment de fidélité, mais les peuples se délient eux-mêmes • ils se révoltent, ils déplacent les princes, ils les poif^nardent, ils les font mouler sur l'échafaud, ils lont pis encort% ils leur disent : Vous ne nous convenez plus, allez-vous-en ! De Mais- TBE, Du pape, 1. Il, cil. n, écrit et publié en 1817. On voit que ce grand homme n'était pas seulement, comme on l'a dit, un prophèh; du passé.
MOINES d'oCC. VM 5
Ce qui frappe ail jamais connue, c'est-à-dire celle de violer la
surtout
dans les lettres juslicc^ ct dc compromettrc le salut de son âme :
(le Grégoire VII, '' ^
c'est sa passio« « Jc dig ^yec Ic propliètc, écrit-il aux comtesses
pour la justice, * ^
et la crainte ^^ Bcalricc ct Matliildc, Que la justice soit votre sa-
<le compromettre •' "^
son salut. ^^ cùfice, et cilou VOUS poiirvez espérer dans le « Seigneur^. Je mets la défense des misérables et « des opprimés autant au-dessus des prières, des « vigiles, des jeûnes et de toutes les bonnes œu- « vres, que je préfère, avec l'Apôtre, la charité à « toutes les autres vertus. » Et ailleurs : « Nous « sommes placés au-dessus des autres hommes court fiés à nos soins, bien moins pour leur faire sen- « tir notre puissance que notre justice ^ Certes, il « nous est bien plus sûr de résister jusqu'au sang « pour la défense de la vérité, que de risquer notre « salut éternel par complaisance pour l'iniquité. ((. Il nous est plus sûr de mourir pour avoir bravé « la puissance des impies que de trahir ces pauvres (( chrétiens qui aiment leur Dieu, qui obéissent à « sa loi et préfèrent la justice à la vie\ »
1. Il restimait autant chez les autres que pour lui-même : ce qui lui faisait prétérer Guillaume le Conquéranl à tous les autres princes, c'était son amour de la justice (Ep. lY, 18), et, parmi les Allemands, il ne reconnaît d'autres partisans que ceux qui aiment la justice et le siège de Pierre (Ep. VI, 14).
2. Sacrificate sacrificium justitise, ct spcrate in Domino. Psahn. iv,
Ep. I, 50.
3. Neque ad hoc prœlati sumus, ut nostrce conmiissos providentia? potentermagis quam juste tractcmus. Ep. I, 81.
4. Certo lutius nohis est defcndendo veritatem pro sui ipsius salute ad usque sanguinem nostrum sibi resistere, quam ad u.xpleudaiu ejus
Grégoire termine la lettre qu'on vient de lire par cette belle parole : « L'abandon de la justice c'est « le naufrage de l'àmeV » — « Ma plus grande (( crainte, écrit-il aux Allemands, c'est d'être acu cusé devant le Juge suprême de négligence dans « l'administration de ma charge'. » Puis, s'adres- « sant au duc de Bohême : ce C'est Dieu, dit-il, qui « me pousse et me menace, par son prophète Ezé- « chiel, quand il dit : c< Si tu ne dénonces pas « au criminel son crime, il y mourra, et c'est à « loi que je redemanderai son sang\ » — « Je suis « prêt à tous les tempéraments pour modérer la « rigueur de la doctrine des saints Pères, sauf « l'honneur du Roi éternel et le danger de nos « âmes*. » Je ferai pour le roi Henri tout ce que « la justice ou la miséricorde me permettront de
voluntatein ini(iuitali consenticndo secum, quod absit, ad inleritum ruere. Ep. 1, 11 . Mori tiitius est quam legeni ejus (Christi) derelinquere, aut pro mundi gloria impioruin potins, si sint potentes, quam eorum personas respicere, qui, licet sint pauperes, legem sui conditoris exquirunt, mandata diligunt, vitam potius quam justitiam deserunt. Ep. il, 12.
1. Cum nobis.... Deserere justitiam, animaî, sit naufragium. Ep. I, 39.
2. Urgente me, prse omnibus, cum eo timoré, ne susceptjB me apud supernum Judicein negligentia disponsalionis accuset. Ep. I, 39.
3. Per Ezecliielem namque prophetam sub interminatione nostri iuteritus impellimur dicentem : Si non annuntiaveris iniquo iniquilalem suam, ipse iniquus in iniquitate sua morietur; sanguinem autem ejus de manu tua requiram. Ep. I, 17.
4. In quo salvo aiterni Régis honore, et sine periculo animarum nostrarum.... temperare possemus.... eorum consiliis condescenderemus, Ep. 111, 10.
La tendresse de (jivgoire VII éclate surtout
dans ses «'•pancliemeuts
avec
'es princesses
Héatrice
et Malhilde.
« faire sans danger pour mon ame cl pour ia
« sienne. »
On remarque que cette reserve ne diffère en rien de celle que le pape avait déjà faite au sujet de Robert Guiscard, le seul défenseur du Saint- Siège* qu'il y eût en ce moment, et qu'il était si essentiel de ménager !
La tendresse de cœur de saint Grégoire éclatait surtout dans ses épanchements avec Béatrice et Mathilde, ces nobles et courageuses princesses qu'il nommait, à juste tilre, les filles de saint Pierre, ses propres sœurs^ dont il faisait mémoire chaque jour dans ses prières', et qui lui rappelaient les saintes femmes de l'Evangile au tombeau du Seigneur, oii elles aussi venaient chercher, avec un pieux amour, TEglise captive et ensevelie, pour ainsi dire, dans le sépulcre des afflictions, afin de travailler à la résurrection de sa liberté*. Le pape écrivait dans tout l'abandon de la paternité
1. Sicut ei te agere et me suscipere decot sine periculo anima; tuae et ineae. Acte d'investiture, inséré dans le FiegisL, lib. VIII, ep. 1 et 2.
2. Sicut sororum nostrarum et liliarum sancli Pétri. Ep. II, 9.