Mabillon., An7i., 1. lxxiv, c
3. Cœnobium lune in toto rcgno Francorum erat cxcellcntissirr.a? religionis, quoniam nondum geiminaveral rigor Cislercicnsis, nec de domno Koitberto aliqiia nienlio crat IbicL, et Mabillon. V, I. C9.
LES PRÉDÉCESSEURS Dr] CALIXTE II. 557
Gand, et pour refaire de ces abbayes des citadelles orthodoxes \ Lorsque le comte Robert se mit en devoir d'obéir au pape, en réduisant les Liégeois dont Févêque Albert, l'un des plus chauds partisans de l'empereur excommunié, venait de publier un long et virulent manifeste contre les droits et les doctrines du saint-siége\ il put compter sur l'appui de plus d'une de ces citadelles situées dans le diocèse même de Liège et contre lesquelles s'acharnèrent le schisme et la tyrannie. Au sein des Ardennes, Labbuye
• (-le
que de premiers moines avaient autrefois déin- saim-Hubert chées, l'abbaye de Saint-Hubert, gouvernée succès- les Ardennes.
1. La réforme ne fut introduite dans Blandin, près Gand, ({u'eii 1117 et par l'influence de saint Berlin.
2. Cette lettre, dont la rédaction est attribuée au moine Sigebert de Gemblours, est reproduite dans la Collection des conciles (cd. Golelti, t. XII, pp. 973-985) et analysée par Fleury (1. lxv, n. 40). L'Église de Liège s'y plaint des exhortations adressées par le pape au comte de Flandre (V. plus haut) pour l'engager à faire la guerre à l'empereur et aux schismatiques de Liège. L'auteur reconnaît Pascal comme pape légitime, ainsi que Grégoire VIL Eu principe, il dénie à l'Église le droit du glaive, lui conteste le droit d'excommunier les rois, approuve les serments prêtés par les évoques aux princes, soutient qu'on doit obéir môme aux souverains hérétiques.
Il dit que llildebrand a été le premier auteur d'un nouveau schisme et qu'il a le premier dirigé la lance sacerdotale contre le diadème royal. Il triompha de la défaite des papes jusqu'alors, et dit : « Le seigneur Pascal ferait bien de se rappeler comment les excès inouïs de llildebrand ont été réprimés, comment les faux papes ont été condanmcs et déposés, et comment la force impériale a plus valu que l'excommunication de llildebrand, d'Odon, d'Urbain II et de Pascal : Ibi plus valuit virtus imperialis quam excominunlcatio.... »
Ce ({ui ne l'empêche pas de les accabler d'injures : Evoniuit cor dotnini Paschalis vile convicium prout vetulœ et textriccs faciunU
sîvement par deux abbés du nom de Thierry, dont le premier était un intime ami de Grégoire VII, et le second, le protégé d'Urbain II, s'était ouvertement déclarée contre Henri IV : les cruelles persécutions et les pillages de l'évêque Albert, l'expulsion violente du second abbé Thierry, ne purent ébranler le courage des religieux*. Du fond de la Bourgogne une voix pleine d'aulorité vint les fortifier. Jarenton, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, avait été formé, comme Thierry, à l'école de Grégoire VII ; et depuis, il avait été chargé par Urbain II de négocier avec Guillaume le Boux. En 1092, il était venu installer à Metz un évêque orthodoxe, au péril de sa vie^ Un tel homme était fait pour donner des leçons de courage et de persévérance aux moines de Saint-Hubert : « Nous vous souhaitons, leur « écrivait-il, au nom de son couvent, nous vous « souhaitons l'esprit de Moïse en face de Pharaon « et de tous ses esclaves... La trompette de Satan « retentit autour de nous et menace nos biens terce restres de ruine, et de tourments notre chair pé- « rissable. Mais qu'importe à la charité chrétienne, « pourvu que ni la mort ni la vie ne nous fassent « abandonner la défense de la vérité, perdre le zèle « de la justice, déserter le giron de notre mère et « nous écarter du sentier de Borne? Béjouissez-vous « donc du pillage de vos biens. Mais si vous craignez
1. Chron. Andagin., ap. Martels . Ampl . Co//., lY, 978-1019.