lluGO Flavixiac, CJiron., ad ami
(( (l'être dévorés ou troublés dans votre humble « existence, la maison de Saint-Bénigne est là pour « recevoir, avec bonheur, les enfants fugitifs de l'É- « giiseS). Mais il ne fallut pas en venir à celte extrémité. L'énergique intervention de la noblesse du pays força Févêque Albert à rétablir non-seulement l'abbé Thierry à Saint -Hubert, mais encore celui de Saint-Laurent de Liège dans sa ville épiscopale% d'où on l'avait chassé. Les mauvais évêques intrus ou schismatiques redoutaient avec raison ces saintes maisons où se maintenait le zèle de la justice et de la vérité. De là sortaient généralement les pasteurs légitimes qui parvenaient à maintenir un certain nombre de sièges à l'abri du schisme ou remplaçaient les schismatiques sur leur trône usurpé. Au concile de Reims, en 1105, l'abbé Eudes, le réformateur de Tournay, fut élu évêque de Cambrai au grand désespoir de ses moines, par les évêques de la province qui le substituèrent au schismatique Gaucher, toujours obstiné dans sa révolte contre le pape \ Au concile de Troyes, l'année précé-
i. Tuba Satansc graviter inlonat.... totum libentcr accipit Christi caritas, ut neque inors neque vita, terreat nos a defensione verita lis, et.... nequeainus.... a semita Romanse exorbitare scdis.... S. Beiiigni domus fugam filiorum Ecclesise in Christi gratia bénigne susci- [tiet. Cod. S. Yiton. ap. Mabill., Ann. Ben., 1. lxx, c. 53.
2. V. le curieux récit de Yflisl. Andacjlnensis in Anipliss. Collect., t. IV, sur lequel nous reviendrons ailleurs.
r». Mais il ne ptit être installé à Cambrai qu'après la mort de Henri IV, en 1100, Gaucher ayant résisté par les armes aux décrets (lu concile. IIerman., De inst. S. Mari. Tornac. in Spicil.
Graves
accusations
contre
Albert de Liège.
dente \ le siège d'Amiens, dans la même province de Reims, avait été confié à un moine très-connu par son zèle à défendre le célibat ecclésiastique. Ce moine, nommé Godefroy et abbé de Nogentsous-Coucy, avait aussi réformé son abbaye qui était réduite à six moines, et il Pavait repeuplée de religieux fervents. Il resta toujours moine de cœur comme de nom au sein de sa nouvelle dignité ^
L'année suivante^ Albert de Liège fut à la veille d'éprouver le même sort que Gaucher de Cambrai : accusé, devant le concile provincial d'Aix-la-Chapelle, par son archidiacre et au nom de tout son clergé *, d'avoir bouleversé tous les droits tant ecclésiastiques que civils, d'avoir vendu les abbayes, foulé aux pieds les libertés garanties par les ancêtres % il fut sévèrement réprimandé, puis suspendu
i. Avril M04.
2. vu. s. Godefr.y ap. Sur'mm. 8 nov. Goib. Novig., De vita sua, c. 22. Il s'intitulait toujours : frater Godefridus, Dei gratia Ambianiensium episcopus. Mabill., Ann., 1. lxxi, n. Go. Il obtint d'Enguerrand, comte de Boves, le rétablissement de l'abl.aye de Saint-Fuscion . Appartenant par sa naissance à la noblesse du pays, il intervint avec succès dans les luttes des seigneurs de la Picardie entre eux, notamment lorsqu'il obtint la délivrance d'Adam de Saint-Omer, en excommuniant le vidame de Picquigny, qui l'avait emprisonné en l'arrachant au cortège de l'évêque.