‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 134 sur 267 · Au commencement de 11 OG · texte numérisé non relu

Au commencement de 11 OG

4. Totius clcrl Leodiensis, ce qui doit être une exagération ; car il est difficile de croire que ceux d'entre le clergé liégeois qui adoptaient les doctrines impérialistes de la lettre de Sigebert de Gemblours, se soient ainsi prononcés contre Olbert, le principal partisan de l'empereur,

5. ...Et, quod est deterius, corrumpi conscnscrit.... quod contra

(le sa charge. 11 obtint néanmoins un délai pour venir î\ résipiscence; mais il n'en profila que pour lier plus élroilementsa cause à celle de Henri qui, poursuivant le cours desapolitique, portait gravement atteinte à l'indépendance de l'Eglise, en substituant des créatures de son choix aux prélats sortis des rangs monastiques et dévoués au saint-siége. Fidèle à son système, l'empereur, en 1102, expulsa du siège d'Osnabriick Marquard, auparavant abbé de Gorbie et zélé catholique^; puis, en 1105, il remplaça par un intrus sur le siège de Constance", le saint et courageux Gebhard, ce grand moine de Hirschau, à qui Pascal II avait continué les pouvoirs de légat dont il avait si vigoureusement usé sous Urbain IL Le pape se montra particulièrement ému de ce dernier attentat. Ecrivant le 10 février 1105 aux ducs Welf de Bavière, à Berlhold de Souabe et aux autres princes et seigneurs de cette dernière province, il leur reprocha leur lâcheté et leur complicité avec l'ennemi acharné de l'Eglise. Or, ce crime était d'autant plus inexcusable chez les seigneurs, qu'ils avaient été jadis les défenseurs et les fils dé-

libertatcm publici juris, leges a majoribus nostris hactcnus habitas violenter infringere contenderit. Hisi. Andaginens. monast., n. 12G, in Amphss. Collect., t. lY, p. 1020.

1. Catliolicarum partium studiosissimus. Mabill. 1. 70, c. 5i.

2. Arnoul, moine de Saint-Gall. — Nous avons déjà fait remarquer que Saint-Gall était du petit nombre des abbayes en! achécs do schisme, et que Hirschau était, au contraire, le foyer do l'orthodoxie en Allemagne. L'abbé de Saint-Gall, Udalric, avait été fait par Henri patriarclie d'A(]ui)ée.

voués de cette mère outragée. Le saint-père terminait sa lettre en exhortant les coupables à revenir au bien et à suivre les instructions de Gebhard, qu'il appelait l'œil de l'Eglise. S'ils agissaient ainsi , il leur promettait l'absolution de toutes les censures qu'ils avaient pu encourir, et qu'il se proposait de fulminer de nouveau contre l'intrus qui venait d'être rejeté, comme un membre pourri, hors de l'unité catholique ^

Le môme jour, le pape adressa aux moines de Hirschau et à tous les abbés et religieux catholiques^ de la Souabe l'ordre de prendre Gebhard pour modèle, de l'entourer de leur amour, et de chercher auprès de lui les secours dont ils avaient besoin au milieu de leurs tribulations ^ « Mais, « ajouta-t-il, ces tribulations sont votre gloire. Le « monde sévit plus que jamais contre vous, les (( persécutions s'accroissent, les flots de cet océan « grossissent et semblent vouloir vous engloutir. « Mais ces flots, le Seigneur les a foulés sous ses « pieds. Sachons imiter nos pères, sachons nous « réjouir au milieu des angoisses. Votre tristesse

1. Perverso capiti adliœsistis, memLra ejusdem EcclesiT quœvosin Cliristo generavit, injurias irrogantcs, et cum malorum omnium capite ipsam matrem vestram infestationibus aggravantes.... qui cjns vos defensores, ejus vos novimus amatores.... habetis juxta vos summi capitis membrumetEcclesiœoculum.... Porro ... excommunicatum el a catholicse Ecclesise unitate tanquam putridum membrum esse prœcisum. Hune quasi mortiferuni vcnenum per omnia fugat. Keugabt, Codex diplomalicus Alemannlœ. S. Blasii, 1798, t. II, p. 835.

2. Dilectis G. Ilirsaugieiisi et cœteris catliolicis abbatibus per Sucviam [Ibid., \\° 852).

« sera bientôt changée en joie. Bientôt, par les (( mérites des saints apôlrcs, un terme sera mis « à vos persécutions par Celui qui a dit : J'ai « vaincu le monde^ ». Cette dernière prédiction du pontife allait bientôt s'accomplir: le terme des péripéties traversées par V ennemi personnel de l'Église approchait ; ses propres évêques, ceux du moins dont la vie répondait à leur haute dignité, lui échappaient ; Bruner lui-même , seigneur franconien, plein de talents et de courage, qu'il avait fait archevêque de Trêves et à qui il avait donné l'investiture par la crosse et par l'anneau, voulut, au bout de trois ans, obtenir la confirmation du pape, et se rendit à Rome où le souverain pontife, dans son concile annueP, le réprimanda sévèrement de ce qu'il avait reçu l'investiture laïque. Le prélat dut se démettre de sa dignité, que le pape, en considération des services qu'il pouvait rendre à rEglise% lui restitua trois jours plus tard, à la prière des évêques, après lui avoir imposé une pénitence publique. Il y avait encore à la cour impériale un gentilhomme de la Souabe, peu riche, mais très-pieux et très-instruit, nommé Otton, dont Henri avait fait

1. Audiviiiius, carissimi, quia plus solito.... in vos Uuctus maris acrius surgant; sed admirabilis in excelsis Dominus, qui suis ea pedi- Lus calcat.... in tribulationibus vestris quse est gloria vestra.... Tristitia cniin noslra vertatur in gaudium, etc. Ibid.

Page 1