CHAPITRE PREMIER Victor III, Urbain II, Pascal II et Gélase ir
Uobert Guiscard et Anselme de Lucques suivent de près Grégoire \I1 dans la tombe. — L'abbé Didier, du Mont-Cassin, est nommé pape sous le nom de Victor III. — Héroïsme de la comtesse Mathilde.
— Les princes normands de la Sicile restent fidèles au saint-siége.
— Des moines français concourent à la restauration catholique de l'Espagne — Henri IV est battu à Bleichsseld le 10 août 1080.
— Mort de Burkhard, évéque d.> Halberstadt — Henri IV rejette les offres de paix des princes catholiques. — Belle lettre du comte de Thuringe à l'archevêque de Miigdebourg. — Le moine Manegald réconcilie l'Alsace avec le saint-siége, — Mariage regrettable de la comtesse Mathilde avec b duc Welf. — Urbain II restaure les églises de la Sicile et érige en méiropole celle de Pise. — Saint Bruno fonde l'ordre des Chartreux. — Sa mort. — Les villes lombardes s'arment contre Henri IV. — Grande détresse du pape, qui est secouru par Geofroy l'Angevin. — Confession publique de l'impératrice Adélaïde au ce cile de Plaisance.
Grégoire mourut à Salerne, le jour de sainl Urbain pape et martyr (25 mai 1085). On l'enterra auprès des reliijues de l'apôtre et évangeliste saint Matthieu, qu'il avait toujours spécialement vénéré. Il fut pleuré par les pauvres^ les
1. De cujus obilu onines reli^iosi utriusquc sexus, et inaxiaie pauperes, doluerunl. Beutii. Co.vst. Cliron. ad ann. 1085.
moines^ les Normands', et tous ceux qui avaient été ses alliés devant Dieu et devant les hommes. Robert (juiscard, qui Pavait aimé comme un père, d'un constant et pieux amour, descendit dans la tombe quelques mois après son ami% à la fin d'une campagne victorieuse contre les scliismaliques grecs. On l'inhuma, comme il convenait à un preux de son temps et de sa race, dans une abbaye bénédictine, fondée par lui à Venouse*. Ce grand coup n'ébranla en rien la cause de l'Église : Grégoire ne laissait pas, en mourant, un empire à partager entre ses lieutenants ; il avait fondé, au sein de la chrétienté, un esprit désormais impérissable : il avait appris à tous les catholiques, à tous les cœurs généreux et purs, à se liguer contre les traîtres et les oppresseurs; il avait créé, avec celle élite, une armée qui, maintes fois encore, devait être vaincue, mais plus jamais anéantie. Aussi la mort du grand homme n'amena-t-elle aucun