A Tinchebray
3. Auditis rumoribus de Victoria régis, rcligiosi quique lœtati sunt. Order. Vital, 1. xi, p. 821. — Et c'est malgré lui que le pape pencha vers Robert qui avait d'abord compromis son duché par son zèle pour la croisade.
4. C'ost ainsi qu'Élie de la Flèche, comte du Mans, dans la discussion avec Robert de Bellesme, qui faisait valoir le droit d'aînesse du duc Robert, lui objecta Vignavia de celui-ci, en ajoutant; « Hincturbfe pauperum puisse sunt in cxilium.... et rébus ac prœdiis quœ pii baronesantea dederant, spoliata sunt monachorum cœnobia. Order. Vital, XI, 822. — Les comtes du Mans, d'Évreux, de Meulan, les sires de Couches et de Montfort, Guillaume de Warenne et Robert de Grantemcsnil, c'est-à-dire les principaux seigneurs de Normandie, étaienl pour Henri. Robert n'avait de son côté que Robert de Bellesme, Grand Billard, le comte de Morteiiil et Robert d'Estouteville.
LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE 11. 591 guère aux populations, car, s'il faul en croire un juge impartial, les officiers royaux, qui s'étaient substitués aux seigneurs, empirèrent, par leurs exactions et leurs poursuites arbitraires, le sort des paysans pour qui le joug des sergents et des légistes de la royauté était autrement dur que celui des nobles \
Tel était l'état de la France lorsque, dans la dcr- voyage nière année du règne de Philippe, le pape Pascal i-apePascai voulut entreprendre, à l'instar de son prédécesseur diverses régions Urbain II, un de ces pèlerinages apostoliques où la France. un moine devenu pape s'en venait réchauffer la ferveur des populations, régénérer la discipline ecclésiastique, réprimer les usurpations locales et confirmer les droits et les libertés des monastères. Partout, en France, on accueillit le pontife avec une vénération profonde, comme un législateur céleste, et partout il montra une sollicitude vraiment apostolique pour les lidèles et les Eglises^
Après avoir passé l'hiver de 1106 à 1107 à Clu-
1. Insolitas exactiones imponebant, ac pro libitu suo judicia pcrvertebant : sunnmis cL mediocribus multas gravcdines infercbant, scd hîec non sua virtiite, imo tiniorc régis et potestate agitabant.... Officialcs mali prœdonibus pejorcs sunt. Pagenses nempelatrunculos, fugiendo sivc divertcndo dcvitare possunt ; \ersipelles vero bedellos nullatenus sine daiiino declinarc queunt. Order. Vital, 1 xii, p. 870.
2. Ab universis finium illarum Ecclesiis, utvere Cbristidiscipulus, et .'\poslolicus vicarius, ingenli bonore suscipitur... non aliter quam legiler de cœlo inissus audilur. — Sic igilur.... ut lidclisdispensator et prudens, qiiolidianain sollicitudineni onjniuiii Ecclesiaruni geiciis. Chron. Ursperfj., ad ann. 1107.
ny, Pascal se dirigea vers Paris, en consacrant, sur son chemin, les grandes églises monastiques nouvellement achevées ^ A Saint-Bénigne de Dijon, le pape
1. L'itinéraire de Pascal II, pendant son voyage en France, n'est pas aussi facile à établir que celui de son prédécesseur Urbain II ou de ses successeurs Calixte II et Innocent II. Voici les seules données que nous ayons pu recueillir :
H06. — 25 décembre. — A Cluny, célébration des fêtes de Noël.
1107. — 8 février. — A Saint-IIippolyte. Diplôme de confirmation des biens et immunités de Cluny. Ep. Pasch. n» G9, in Conc.,i. XII.
16 février. — A Dijon. Dédicace de l'église Saint-Bénigne. Ms. S. Ben. in Chifflet., De g. ill. S. Benen.
18 février. — A Bèze. Dédicace de l'église abbatiale. Pagi, Crit,, in 1107.
.... — A Langres. Confirmation de l'élection de Laon.
15 mars. — A la Charité-sur-Loire. Dédicace de l'église abbatiale. Chron. Fiscann., in Labbe, Bibl. ms., t. I.
.... —A Déols-en-Berry. Dédicace de l'église abbatiale.
24 mars. — A Tours, dimanche de Lœtarc. Le pape officie pontificalement à Saint-Martin de Tours. Suger. De vit. Lud. Gross.
14 avril. — A Chartres. Fête de Pâques, célébrée par Pascal avec Yves de Chartres. Order. Vital, 1. xi, p. 810.
. . . .— A Saint-Denis. Entrevue avec les rois Philippe et Louis,
Sl'ger, 1. c.
^ ^ . — A Châlons-sur-Marne. Entrevue avec les ambassadeurs de Henri V. Ibid.
23 mai. — A Troyes. Concile et condamnation nouvelle des investitures. Chron. Urspcrg. Ibid.
25 mai? — A Souvigny. Diplôme en faveur de Cluny. Ep. 71, in Concil., t. Xll, éd. Coletti, p. 1028, et Bibl. Cluniac, p. 550.
4 août. — A Aiguebellos [Aqiiani Bcllam). Nouveau diplôme en faveur de Cluny. Ep. 70. Ibid.
1" septembre. — A Modène.
18 septembre. — k Fiésole.
24 septembre. — A Florence.
11 est impossible de concilier la date du diplôme rendu à Souvigny le 25 mai, selon la Bibliot/ieca Cluniacensis, l'édition des Conciles de Colelti, avec la tenue du concile ù Troyes le jour de l'Ascension qui
dédia l'admirable basilique qui existe encore, et que l'abbé Jarenton avait ouverte, comme un asile assuré aux moines de la Lorraine persécutés pour la cause de l'Eglise \ A Bèze , antique et célèbre abbaye de Bourgogne, où, depuis vingt ans, l'abbé Etienne^ travaillait à réformer ses moines, en décuplait le nombre et créait une pépinière de pieux abbés, à Bèze, Pascal passa trois jours pleins, ravi du bon ordre, du beau site et de l'exacte discipline du monastère; il y tint lui-même le chapitre monastique, y prêcha aux religieux la vertu de patience, qui leur était le plus nécessaire, et, après son discours, il entonna sur la prière de l'abbé, le psaume Miserere et leur donna l'absolution
tombait cette année-là le 25 du même mois. Le pape n'aurait jamais pu se rendre à Souvigny, en Bourbonnais, le lendemain de son départ de Troycs. On sait cependant qu'il vint à Souvigny, et que Hildebert du Mans s'y trouva avec lui, car il est cité parmi les évêques témoins des diplômes, puisque ce fut là qu'il détourna Hildebert de son projet d'abdiquer 'épiscopat. V. D. Beaugendre, Not. in Epist. Hildeberti, 1. iir, n. 7, p. 17. — Dans la Vie de Hildebert (p. xxii), D. Beaugendre dit que la rencontre eut lieu à Savigmj ; mais cette abbaye, dans le Lyonnais, était encore plus éloignée de Troyes que Souvigny. La difficulté ne pourrait être levée qu'en supposant une faute d'impression dans les deux recueils de Marrier et de Coletti, et en suh^iW-Wd^ni juillet il juin dans la date du 8 des kalendes de juin, qu'ils indiquent tous deux, ou bien en admettant, avec la Chronique de Saint-Bénigne (in Labbe, t. I), que le concile de Troyes eut lieu aux ides de mai, le 15.
1. Voir plus haut les relations de Saint-Bénigne avec Ilirschau, (Saint- Vanne....?)
2. C'est ceiui qui, né d'une race chevaleresque, avait quitté le métier des armes pour se faire moine, à l'instar du comte Simon de Valois. V. plus haut.
Ohari té-sur-Loire
olà
Saint-Denis.
solennelle et la bénédiction pontificale. Après quoi il consacra l'autel des saints Pierre et Paul, en présence de cinq cardinaux, de cinq évêques et d'une
Le foule d'abbés, de clercs et de fidèles \ A la Charité-
pape Pascal w 1 1/^1 • J'
et sur-Loire, dépendance de tluny, — mais depen-
' ù la ° dance gigantesque et presque rivale de sa métropole , — à la Gbarité-sur-Loire, le pape accomplit la même cérémonie, au milieu d'un grand concours d'évêques et de barons, parmi lesquels se trouvait un moine de Saint-Denis, de basse naissance, nommé Suger, lequel devait rapporter de précieux souvenirs de son voyage dans le royal monastère qu'il était appelé à gouverner comme abbé, avant de gouverner la France elle-même ^
De la Charité, le souverain pontife se rendit à Tours, puis, aux fêtes de Pâques, dans la ville de Chartres où le conviait le grand évêque Yves qui, avec la respectueuse mais complète franchise des hommes de ce temps-là, fit entendre au chef de l'E-
1. Omiiia laudans, omnia bencdiccns, ad ultimum in capitulum venions consedit, ubi scrmonem faciens (il prit pour texte le verset 4 du ch. XV de l'ép. aux Romains)..,. Et quia monachis loquebatur quibus maxime neeessaria patientia est, eam posuit quasi fundamentum. Chron. Besuensc, in Spicileg., t. II, p. 444.
2. Celeberrimo arcliiepiscoporum.... conventu.... affuerunt et nobiliores regni proceres.... cui consecrationi et nos ipsi interfuimus. Suger, De Vit. ÎMd. vi, c. 9. — Il était né à Saint-Denis. Son origine obscure est attestée par lui- même, quand il dit qu'il a été élu « contra spem meriti, morum et generis.... d et dans plusieurs autres passages ap. Duciiesne, Script., t. Y, pp. 345, 354etpassim.
glise les plus vives observations critiques, et en même temps, les témoignages du dévouement le plus pur et le plus absolu. La comtesse Adèle de Blois, fille de Guillaume le Conquérant, avait voulu pourvoir elle seule à toutes les dépenses du papeV
Pascal alla visiter ensuite la grande et royale abbaye de Saint-Denis, qu'il regardait comme Tapanage spécial de Saint-Pierre en France % et il y scella de nouveau Talliance de la papauté avec la royautt' française. Le pape édifia tous les assistants par sa fervente dévotion devant les reliques de l'apôtre des Gaules, et par le désintéressement « assez peu romain », dit Suger, avec lequel il dédaigna tous les trésors du riche monastère, n'ayant voulu recevoir, pour tout présent, qu'une portion des vêtements épiscopaux de saint Denis, qui portaient encore la trace du sang de l'apôtre \
Après le public hommage rendu par le chef de l'Eglise militante au pontife-martyr, à l'élu de l'Eglise triomphante, les deux rois vinrent à leur tour, pleins d'amour pour Dieu, humilier leur
i. Order. Vital, 1, xi, p. 810.