Tanquam ad propriam B. Pétri sedem. Suger, 1. c
3. Hoc memorabilo, et Romanis insolitum, et posteris reliquit exemplum, quod nec auriim.... quod multum timebatur.... non tantum non allectabat, sed nec respicere dignabatur.... Sanctorum pignoribus bumillirne prostratus, lacryinas compunctionis offerebat.... Ne displiceat, inquiens, si de vestimentis ejus noljis vol parum reddideritis, qui eum vobis apostolalu Gallia3 insignitum absque niunere dcstinavirnus. Suger, 1. c.
Le vieil arbre
planté
par saint Benoît
pousse
en France
les
plus vigoureux
rameaux.
couronne devant le successeur de Pierre le pêcheur \ Pascal implora leur assistance contre les tyrans, les suppliant de tenir la main à la défense de l'Eglise, comme il convenait à des successeurs de Cliarlemagne et des pieux rois de France \ Les deux souverains jurèrent de prêter aide et assistance, et ils mirent leur royaume à sa disposition^; puis ils sollicitèrent au monastère plusieurs prélats, entre autres Adam, l'abbé de Saint-Denis que Suger avait accompagné à Tours, de les suivre à Ghâlons où ils devaient avoir avec les ambassadeurs du roi Henri une entrevue décisive.
Pascal trouva de plus, en France, un secours encore plus efficace que celui de la bienveillance royale, dans la ferveur et le zèle toujours plus vifs de l'Ordre Monastique, où se recrutaient, comme sous Grégoire \l[, presque tous les champions de l'Eglise. Le vieil arbre planté par saint Benoît, loin de se dessécher, poussait en France, plus qu'ailleurs, de vigoureuses branches qui, dirigées par des hommes habiles, prenaient à leur insu un
1. Gratantcr et votive, amore Dei majestatem regiam pedibus ejus incurvantes, quemadmodum consueverunt ad sepulcrum piscatoris Pétri rcges submisso diademate inclinari. Quos dominus papa manu erigens.... Suger, 1. c.
2. De statu Ecclcsise, ut sapiens sapienter agens.... eosque blande demulcens.... Ecclesiam manu tenere, et sicut antecessorum regum Francorum Caroli Magni, etc., tyrannis et Ecclesise hostibus, et potissimum Ilenrico audacter resistere. Ibiil.
3. Qui amicitiœ, auxilii et consilii dexlras dederunt, regnum exposuerunt. Ibid.
LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 597 aspect nouveau. C'est ainsi qu'on \'it naître Tordre de Grandmont et celui des Chartreux; c'est ainsi qu'on vit, tout à coup, resplendir l'ordre de Cîteaux, né dans un coin obscur de la Bourgogne. A l'époque où Pascal II visitait la province qu'honoraient, à un si haut degré, les vertus d'Yves de Chartres et d'Hildebert du Mans, trois nouvelles fondations, dues à trois saints amis, commençaient à attirer le respect des fidèles, et promettaient de nouvelles consolations à l'épiscopat gallican.
Le Breton Robert d'Arbrissel, dont on a vu éclater le courage au concile de Poitiers ^ en 1100, après avoir été archiprétre de Rennes et écolâtre d'Angers, avait quitté le monde pour vivre en ermite dans la forêt de Craon, en Anjou, où il dirigeait une abbaye de chanoines réguliers. Urbain II l'en avait tiré pour l'obliger à prêcher dans les diocèses voisins. Robert parcourut la Normandie, la Bretagne, l'Anjou, laTouraine. Il remplit sa mission avec un éclatant succès, entraînant sur ses pas de grandes troupes de pénitents de l'un et de l'autre sexe, qui campaient dans les bois afin d'être plus à portée d'entendre le saint prédicateur. Robert, avec une hardiesse inouïe, dénonçait tous les désordres, même ceuxdecertains supérieurs ecclésiastiques. Quelques imprudences commises par la foule errante d'hommes et de femmes au milieu desquels vivait nuit et jour l'ardent missionnaire, et surtout le zèle par-