‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 156 sur 267 · Pâques, 10 avril · texte numérisé non relu

Pâques, 10 avril

MOINES d'oCC. VII. 27

ce pouvait être un danger sérieux au cas où Henri V manquerait aux promesses faites à Ratisbonne.

Cependant, le pape, pour ne laisser aucun doute sur sa résolution, malgré les préparatifs du roi, renouvela, dans le concile tenu au Latran le 7 mars, la condamnation formelle des investitures et de toute intervention laïque dans la disposition des choses ou des biens de l'Église ^ Il y confirma, de plus, le canon, souvent renouvelé pendant les siècles catholiques, qui plaçait les naufragés sous la garde de l'Église et frappait d'excommunication, comme des voleurs et des meurtriers, ceux qui s'appropriaient les débris d'un naufrage\ Pascal n'oublia point ceux qui avaient été les dévoués champions de ses prédécesseurs dans les moments les plus critiques : il se rendit en Apulie, où il réunit le duc Roger, leprince deCapoue, tous les comtes normands vassaux de l'Église, et il leur fit prêter serment de lui porter secours contre Henri, en cas de besoin. Les chefs de la noblesse romaine prirent^ envers lui le même engagement. Cela fait, le pape attendit

1. Si quis ergo principum vel aliorum laicorum dispositionem seu donationem rerum sive possessionum Ecclesiasticarum sibi vindieaverit, ut sacrilegus judicetur. Conc.,t. XII, p. 1150, éd. Coletti.

2. Quicumque res naufragorum diripiunt, ut raptores et fratrum necatorcs ab Ecclesise liminibus excludantur. Ibid.

5. Ducem ac principcm, omnesque Apulice comités evocans, cum eis paciscitur, ut si opus csset, contra Ilonricum imperatorem dimicent.... Omnes Romanorum proceres simili sacramento constrinxit. Petu. Duc, Chron. Cassin, 1. iv, c. 57.

Iranquillemenl dans Rome l'arrivée du roi, trompé sans doute par les protestations de dévouement au siège apostolique, qui, à Ratisbonne, avaient produit tant d'effet ^

Au mois d'août, Henri passa les Alpes, à la tête d'une armée immense % où l'on comptait une élite de trente mille cavaliers \ Le roi avait en outre avec lui bon nombre de clercs et de docteurs lettrés, tout prêts à argumenter au profit de la puissance laïque contre les docteurs de l'Eglise*. Depuis son aïeul Henri HI, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, l'Italie n'avait pas vu un déploiement de forces aussi formidable. Les villes du Piémont et de la Lombardie avaient profité de l'affaiblissement du pou-

1. Le protestant Lûden, ne sachant trop comment se rendre compte de cette tranquille confiance du pape, déclare qu'il devait exister quelque plan protond et secret, tramé contre Henri par le pape et son confident Pierre de Léon. Malheureusement il est obligé d'avouer qu'il ne peut pas deviner en quoi cette trame pouvait consister. Tome IX, p. 385.

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