Il était de la maison des comtes de Saarbrïick
3. Cnjiis oris et cordis iinanimitatc ipse impcrator agcbat. Scger, }h: vit. LmL Gr., C 0.
4. Ilujns maximi sccleris aiictor dicilur Albertus. Oit. Frhing. chron., VII, 44.
contre la papauté, qu'il devint tout à coup l'adversaire le plus implacable et le plus dangereux de Henri V. On a longtemps cherché, mais sans succès, à expliquer, par des motifs temporels, cette transformation surprenante*; mais les intelligences catholiques sauront y retrouver une de ces révolutions merveilleuses par où Dieu se plaît à transformer des ennemis en serviteurs de sa miséricorde, soit par un coup foudroyant de sa grâce, comme saint Paul, soit par la grâce seule de l'épiscopat,
1. Ambitione magis quam pro justitia, dit la Chron. Petersliusdnnn. ap. Usscrmann. Germ. sacr. prodroynus. Mais quelle pouvait être cette ambition, si ce n'est celle de rendre à l'Église sa liberté et ses droits? Gervais (T, p. 101) pense qu'il faut attribuer ce changement au désir que devait éprouver Adalbert d'être sacré par le pape et d'obtenir le chapeau de cardinal. Mais on est stp.péfait devoir un historien ordinairement sérieux s'arrêter à des raisons aussi futiles. Adalbert n'avait nul besoin du pape pour être sacré, et on ne voit pas qu'aucun de ses prédécesseurs immédiats ait eu recours au saint-siégepour l'être; quand lui-même se fit sacrer, après sa mise en liberté, il le fut par un de ses suffraganls. D'ailleurs Pascal, qui avait consenti à coironner Henri, n'aurait probablement pas refusé de sacrer le premier ministre de celui ci, s'il l'avait fallu. — Quant au cardinalat 'le chapeau de cardinal était inconnu alors et jusqu'au concile de Lyon en 1250), cette dignité élait certainement inférieure à celle d'archcvêque-primat de l'Allemagne, dont Adalbert était revêtu. A cette époque, les cvêques siégeaient et signaient avant les cardinnux-prêlres, dans les conciles tenus à Rome même, et l'on ne voit jamais ligurer un évêque étranger parmi les cardinaux-évêques. On remarque même que si les simples prêtres, investis du caractère de légat, étaient presque toujours cardinaux, les évêques légats, comme Guy de Vienne et Gérard d'Angoulême, ne l'étaient pas. Richard, cardinal et abbé de Saint-Victor de Marseille, légat de Grégoire VU, après avoir été élu archevêque de Narbonne en 1100, ne prit plus le titre de cardinal. D. Vais^ette, llisl. de Languedoc, II, 544.
488 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. comme saint Thomas de Canlorbëry et comme cet Adalbert dont nous allons raconter les vicissitudes^ Déjà plusieurs symptômes du changement de l'archevêque avaient inquiété l'empereur, qui lui reprochait une hauteur et des prétentions incompatibles avec ses antécédents" ; puis, lorsque le bruit de la sentence d'excommunication prononcée h Vienne sur le territoire même de l'empire, eut été répandu par les soins de l'archevêque (iuy% l'altitude d'Adalbert devint si hostile que l'empereur crut devoir le faire arrêter. Conduit devant Henri et sommé de s'expliquer sur ses intelligences avec les princes insurgés et sur diverses usurpations de territoire, l'archevêque répondit « qu'il n'avait « fait que défendre la cause de l'Église, qu'il ne lui « était pas permis d'abandonner, et qu'il ne per- Âdaibcrt « mettrait à personne de dépouiller celte Édise*. »
est enfermé i i o
dans sa L'empercur le fit enfermer dans sa propre for-
])ropre forteresse ^ ^ ^ ^ ^
de Trifeis. tcrcssc de Trifcls, où il lui fut donné de pouvoir
■1. Hic simul ut infulas acccpit cpiscopales, mutatur in virum alterum.... Baron., y4y/?î., 1112, c. 19.
2. Voir la Ictlrc où Henri cniimcrc ses griefs contre lui. Raumef, Hist. des Ilohenstaiifcn, t. I", 1. ii, c. 2; ex Cod. Païat., MS. n. 271; et Conf. Lûden, IX, 658, n. 1.
5. Citron. Ursperg., an. 1112. Gervais croit qu'Adalbert était d'intelligence avec les Pères du concile de Vienne, par cela seul qu'il ne fut pas compris dans le décret d'excommunication. La raison semble peu concluante, llelmold, dans sa Chron. Slav. (I, c 40), dit expressément que ce fut rcxcomnnmication qui souleva Adalbert contre l'emperc'ir.
4. Citron, llalbcrsl., p. 151, in Lccbrnt. sciipt. Briinsw, Rcr., 1. 1".
lémoigiier, au milieu des lourments de la faim et des Irailemenls^ les plus indignes, son obéissance envers celle Église qu'il avait naguère si indignement trahie".
Le pape tenta vainement d'intervenir en faveur' du prélat et de faire cesser cet emprisonnement qui, décrété sans jugement des pairs de l'accusé, constituait une nouvelle et flagrante violation des libertés de l'empire et du droit des princes*, dans la personne du premier d'entre eux^ Il fallut se résoudre à recourir aux armes ^ Mais la prise et l'incendie de la ville épiscopale de Halberstadt par l'empereur, la victoire remportée par son lieutenant Roger de Mansfeld, sur les princes ligués, à Warnslâdt\ où le comte palatin Sigefroy fut mortellement blessé et le comte de Groïtsch fait prisonnier, mirentfinà tous ces faits dès la première
1. Diversis tormentis et iricredibili famis inedia afflixit eiim. Ott. Frisixg., vil, 14.
2. Imperator non nisi propter Romanse Ecclesise obedientiam carceris etiam milii captivo tenebras intulit. Guden, Coll. dipl-, p. 118, ap. Gervais, p. 102.
5. Par lettre du 25 janvier 1115. Le ton amical de cette lettre ne s'accorde guère avec la ratification du décret du concile de Vienne, rendu trois mois auparavant, et témoigne de l'attitude équivoque du pape.