‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 199 sur 267 · Il mourut en 1113. — V. plus haut · texte numérisé non relu

Il mourut en 1113. — V. plus haut

2. Gratiam et virgam pontificalem in ipso tlieatro suscepit. L\n- DULPii. junior, C/iron. MedioL, c. 30, ap. Muhat., t. V. — Landulphe raconte très en détail les longues luttes qui signalèrent tout le pontilicatde Grossulanus. Elles sont analysées par Fli-uhy, 1. LXVI, n° 38. Cf. C/uon. irsperg., ann. 1110. Cad. idcdr., n" 258-259.

de Rome, un homme dévoué à la liberté ecclésiastique et assez influent pour grouper autour de lui, au prolit de la cause catholique, les éléments de force et de résistance qui grandissaient chaque jour dans les municipalités lombardes. Milan commençait dès lors à devenir le foyer de la grande lutte qui devait durer un demi-siècle et lui valoir (ant de malheurs, mais aussi tant de gloire. Ce beau rôle convenait à cette vieille cité qui n'avait point cessé d'honorer la mémoire de son grand Ambroise, et de conserver le souvenir des salutaires humiliations infligées à l'empereur Théodose; il revenait de droit à la ville illustre où, pour la première fois, s'était révélé le prestige de la puissance répressive, jusqu'alors inconnue dans le monde, mais dont Dieu avait investi l'Eglise, à rencontre de la puissance humaine.

A peine de retour du concile, le nouvel archevêque, à l'instar de Conon et de Guy de Vienne, promulgua la sentence d'excommunication contre Henri ^ Les princes allemands insurgés contre l'empereur n'eurent garde de négliger l'alliance prédeFrécitiic cicuse quc leur offrait, au delà des Alpes, la petite Colore république catholique. L'archevêque Frédéric de Cologne adressa aux consuls, aux capitaines, à la milice et au peuple de Milan, une lettre où il leur

aux consuls • et

aux liabitauls (le Milan.

1. Ilenricuni.... una ciim clcro et populo suo Joanni Cremcnti cardiuali Uomano prsecipiciiti in pulpito sanctœ Thecla? cxconimunicavit. Landulph. jii«., c. 51 ; Muhat., V, 100.

disait ceci : « Nous admirons la grandeur et la mice séricorde de Dieu qui a doté votre ville de la (( liberté, à la grande joie du monde entier; car « vous résistez fièrement à toutes les puissances « de l'iniquité. Cité illustre, conservez précieuse- « ment votre liberté : c'est la condition de votre « gloire; et, sachez-le bien, aussi longtemps que « vous résisterez aux puissances ennemies de l'E- « glise, aussi longtemps vous jouirez d'une vérita- « ble liberté, avec le concours du Christ. Fondez c( donc votre confiance, très-chers amis, sur la jusv< tice de votre cause, sur la gloire du nom que « vous ont transmis vos pères, et à laquelle nous « rendons tous hommage [applaudens unanimi- « tas). Et en effet, tous tant que nous sommes, « princes de Lorraine, de Saxe, de Thuringe et de « toute la France, nous sommes unanimes pour « vous aimer : nous ne faisons tous qu'un corps, « et vous nous trouverez toujours prêts à dé- « fendre avec vous la justice et la liberté légale. « Demandez-nous tel concours que vous voudrez, (( et comptez sur notre diligence à vous l'accor- « der*. »

1. Magnus Dominus et laudabilis nimis.... Iltcc itaque gloriosa cum per universum orbcm de te sint dicta, civitas Pei inclyla, conserva libertatem. ut pariter retincas liominis liujus dignitatom : quia quandiu poteslatibus Ecclesiaî inimicis resistere niteris, verœ libertatis auctore, Christo Domino adjutore, perfrueris.... Sicut in uno corpore sociainur ita in eadeni justilia, eadem legunri liljertate una vobiscum parati invcniemur. Mautène, Ainpliss. Collecl., t. !•% p. GîO.

L'Eglise et la cité de Milan persévérèrent dans la voie que lui traçaient ses traditions, et, lorsque, plus tard S les grands feudalaires lombards^ essayèrent, dans une conférence tenue dans la ville, de plaider la cause de Tenipereur devant l'arclievéque et ses suffragants, ceux-ci maintinrent avec vigueur les droits de l'Eglise et l'excommunication de Henri Y". Malheureusement ils ne réussirent point à empêcher les Milanais de consumer leur énergie dans une guerre sanglante, qui dura deux années, contre leurs voisins de Gôme.

Cependant l'empereur, tout en s'occupant de réunir à ses domaines ceux de la comtesse Matliilde, rassemblait, de son côté, en concile les évêques lombards, dévoués pour la plupart à sa cause*, et envoyait trois d'entre eux^ au pape, dans le but d'obtenir une rétractation des sentences prononcées contre lui par plusieurs conciles. Pascal répondit que, fidèle au serment qui lui avait été arraché, il n'avait point fulminé lui-même l'ana thème contre Henri, mais que cette peine, ayant été prononcée par les membres les plus éininents de l'Eglise, ne pouvait être remise que d'a-

2. Maicliiones et comités I.oiigobar(lia\ Le philosophe Saint-Marc les qualifie de su(jcs miiUaircs, amis du bien de iÉtal. Histoire d'Italie, IV, 1057.

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