‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 209 sur 267 · Pétri cantoris verbum abbreviatum, 1059, c · texte numérisé non relu

Pétri cantoris verbum abbreviatum, 1059, c

4. 15 juillet 1117. — Il forma une foule de prélats pour tous les pays : en Italie, Odalric el Anselme, tous deux archevêques de Milan; en Belgique, Krancon, abbé de Lobbe, Jean, abbé de SainL-Aniand, Piiilippe, abbé de Bonne-Espérance, Wibald, abbé de Stevelot, Bernard, évéque d'Utrecht ; en Angleterre, Guillaume et Raoul, archcvéfjues de Cantoibéry, les évêcjues de Ilereford, de Rochester et de Londres, et l'abbé Gilbert de Sempringham, fondateur de l'ordre qui porte son nom; en Allemagne, le B. Uiltmar, écolàtre de Brème, Jdunge de Rati^bonnc, écrivai assez célèbre, le B. WVdin, évéque

petite ville de Laon, une véritable université fréquentée par la jeunesse de toutes les contrées de l'Europe.

La France, malgré tant de pertes cruelles, possédait encore un certain nombre d'hommes d'élite : llildebert, évoque du Mans; Geoffroy, abbé de Vendôme; Joceran, archevêque de Lyon, etbiend'autres zélés prélats et savants docteurs, parmi lesquels figuraient, au premier rang, les deux légats Gérard d'Angoulême et Guy de Vienne, qui, pendant les dernières années de Pascal II, avaient continué de remplir, au profit de la liberté, de la discipline ecclésiastique, de la justice et du bon droit de tous, la glorieuse mission qu'ils s'étaient imposée depuis tant d'années. Gérard eut à réduire le comte Conan de Bretagne, qui, après avoir dépouillé les moines de Ouimperlé d'une donation faite par ses ancêtres^, voulait les empêcher d'en appeler au

d'Anf(Oulême. Samt-SlCg

saint-siéofe. Gérard en vint à bout dans un concile

d'Oldenbourg et apôtre du Ilolstcin; en France, Raoul, son frère et son successeur comme ccolàlre de Laon; saint Bruno, Mathieu de Laon, cardinal évêque d'Albano, Hugues Melet, abbé de Saint-Léon de Toul ; Gilbert de la Porrée et Guillaume de Champeaux ; Haoul Lcvert, archevêque de Reims; Geoffroy le Breton et Hugues d'Amiens, archevêques de Rouen; un archevêque de Rouen, des ôvêques de Coutances et du Mans, et enfin Abélard (qui en dit beaucoup de mal) étaient tous sortis des écoles d'Anselme. Ilist. liit. de France, t. X, 175, et Df.visjik, Ilisl. de Laon, 1. 1*=', p. 251. — Cette énumération, bien incomplète d'ailleurs, indique assez l'unité et l'activité de la culture intellectuelle au douzième siècle.

1. Il s'agissait de Belle-Isle en Mer, que l'abbé de Redon avait usurpée.

qu'il réunit à Angoulome^ et qu'avait précédé une correspondance animée où il disait au comte : « Nous « avons appris que vous aimez la justice et la paix, et « nous nous en sommes vivement réjouis, car c'est « ainsi que les bons princes se procurent la faveur rt du Roi suprême ; mais, si vous empêchez vos suce jets de recourir à la justice de l'Eglise romaine, « ce que nul autre roi ni prince n'ose faire, vous, « dont les ancêtres ont tenu la principauté de Brc- « tagne sous l'autorité du Vicaire de saint Pierre^, « sachez bien que, certainement, la sentence de « cette sainte Eglise et le glaive de saint Pierre « iront vous frapper, vous et votre principauté ^ »

Pendant que Gérard d'Angoulême exerçait sa condies légation dans l'Ouest, son colégat, l'archevêque de Dijcn,Lan-ies, Vienne Guy de Bourgogne, tenait, de son côté, ^^oT^' divers conciles à Tourn-us, à Dijon, à Langres, afin ''' ^"^"^'^ ^^^^^^' de régler les droits et déterminer les contestations de tout genre qu'on lui soumettait. Ce n'était pas

1. Au carême de 1118. Adversus pullulanlia vitia et enormitates in Ecclesia et populo Dei émergentes, dit-il dans ses lettres de convocation.

2. Sicut in scripturis reperitur, a Vicario B. Pétri principatum tenuisse manifestum sit.

3. Noveritis pro certo S. R. Ecclesiœ scntentiam etgladium B. Pétri vobis et principatui vestro imminere. Annal. Bened., t. VI, apjy. n" 2^ — Pascal II avait écrit, sur le même sujet, au comte Conon ces belles paroles : Nosse debes, fdi carissime, quia non est potestas nisi a Dco. Per ipsum igitur potestate accepta, noli adversus eum cervicem cordis erigerc, nec ejus Ecclcsiam impugnare, sed potius cjus omnipotentiam cogita, et humiliter Ecclesiœ priecepta custodi, ut qui magna sruscepisti, majora mère aris suscipere. loid.

r)42 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II.

seulement les évoques et les abbés, ni la noblesse^ qui assistaient h ces assemblées : le peuple s'y portait avec ardeur et y intervenait en masse, car elles étaient toujours publiques ^ Au sein de ces délibérations, où se faisaient entendre les plaintes et les accusations les plus diverses, où étaient réparées les injures faites aux pauvres et punis l'orgueil et la révolte des puissants, le peuple chrétien prenait part à l'administration de ses plus chers intérêts. Ces assemblées avaient remplacé les plaids de Dieu des anciens Francs. L'affluence y était si grande, qu'au concile de Luz, entre Langres et Bôze, tenu par le légat Guy% il fallut, pour loger la foule innombrable qui s'y pressait, dresser un véritable camp, avec des tentes et des huttes de branchages, au milieu desquelles on plaça, sous un vaste pavillon, des châsses d'or et d'argent, qui contenaient les reliques de divers saints. Devant ces restes sacrés, on jugea les causes de nombreux plaideurs qui avaient à se plaindre de quelques injures, et on les vida à la grande satisfaction de la foule ^

1. Presque tous les décrets des conciles sont rendus approbanle immensa clericorum ci laicorum vndtUudinc.^. Collecl. co«ct7.,passim. — La publicité de leurs délibérations est prouvée par les incidents des conciles de Poitiers, de Rockingliam et d'une foule d'autres dont nous n'avons pu parler.

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