‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 210 sur 267 · juillet · texte numérisé non relu

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5. Adfuit nobiliuni populique lerc innumei'abilis muUitudo, crectis in quamdam speciem castrorum hic illic papillionibus, de ramis arborum tectis viridantibus, dispositisque sub amplissinio tentorio, veluli portatili teniplo, diversorum sanctorum capsis.... Id genus co-

LKS 1>RÉDÉGESSEURS DE CALIXTE lî. 545 Les assemblées ne se séparaient giièi'e sans avoir pris quelques mesures générales pour la proleefion (lu peuple des campagnes, comme le renouvellement de la Iréve de Dieu ou l'interdiction, toujours sous peine d'anathème, de l'incendie des chaumières, du vol des agneaux et brebis pendant les guerres \

Cette intervention active, puissante, continue, des légats apostoliques devait nécessairement entretenir les provinces dans des sentiments de fidélité et d'attachement à l'Eglise romaine ^ Aussi, quand le pape Gélase débarqua en France, y fut-il reçu par les prélats, par la noblesse, par le peuple, avec les démonstrations du respect et de la joie la plus affectueuse \ Chacun se disputait à

mitiorum placitum Dci.... dixere majores. Agilata ibi permulta de damnis et injuriis multorum : milita definita, nonnuUa rejecta vel compressa.... absque graviore casii... iinmo plurimorum solatio flnitus conventus. Vignerii, Chron. Lin(jon., vetcr. instrument, fide context., ap. CoLET., Concil. XII, 1254.

1. Ibi (àTroyss, en 1107) decretum, ut per nuUam guerram incendia domorum lièrent, ncc oves aut agni raperentur. Chron. Mallcac, ann. 1107. — Labbe, Bill. nov. ms.

2. Cependant Baluzc et Pagi [Crit., in ann. 1120, c. 7) croient que Gérard d'Angoulême, toujours fidèle à Pascal II et depuis à Calixte II, ne reconnut pas Gélase II; mais la preuve qu'ils en donnent paraît tout à fait insuffisante.

3. Excilati siint quique potentes cum mediocribus, ei occurrere. Eadm., Ilist. nov., 1. v.

Illuc omnes episcopi, abbates et monaclii, nobiles et ignobiles, cujuscumque ordinis pari modo conveniunl, quique suo modulo ei servire parati. Paxd. Pis., 1. c.

Archiepiscopi omnes, et episcopi, proceresque aliigaudio cuni iiicf-

ôii LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II.

l'cnvi le droit de soulager la pénurie, la noble misère el les souffrances du pontife. Gélase arrivait Irès-incommodé de son voyage par mer, dépourvu de tout, et dans un état voisin de l'indigence S ajoutant, de la sorte, les privations de la pauvreté aux outrages, aux violences, aux dangers, aux fatigues derexil,enunmot,à toutes les épreuves qui, depuis le commencement de son pontificat, couronnaient ses cheveux blancs de tous les mérites que peut ambitionner un digne vicaire du Dieu crucifié. C'était aux moines surtout que devait revenir l'honneur de subvenir aux besoins du chef de l'E- Les glise, moine comme eux. Le pape d'abord logé à

"''t'iaseii''"' l'abbaye de Saint-Gilles, y fut traité avec la plus une'^gJande libérale hospitalité ^ L'abbé Pons de Cluny, qu'il avait prévenu de son arrivée par un courrier expédié dePise, comme à un fils particulièrement chéri de l'Église romaine, accourut au-devant du pontife et le mena dans le domaine de son père, le comte de Melgueil, où il le combla de présents et le soigna jusqu'à ce que l'auguste vieillard fut re-

labili et honore immenso eum susceperunt. YAtcBenev. Chron., 1. c. Pauperie quippemultaangebatur. Sugeh, De vit. Ludov. Gross., c. 21. Pro maris inolcstia inlirmaium. Biblioth. Cluniac, p. 559.

1. Selon Suger, à Maguelonnc, et selon son compagnon Pandulphe, à Saint-Gilles, situé à une lieue du Rhône et assez loin de son embouchure; mais, selon la chronique deMaurigny, à Marseille (ce que confirme le diplôme daté de là, le 20 octobre 1118). Ann. Ben., 1. Lxxm, c 52.

2. Quam benc, quam largissime ab eis faerit diutius perlractatus, satis manifestum est. Pandulph. Pisan., 1. c.

libéralité.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CÂLIXTE II. 545 mis de ses falij^ues '. Là Norbert, ce jeune seigneur allemand, chapelain de l'empereur, que l'on avait vu, lors de l'arrestation de Pascal II, protester contre la conduite de son maître et de ses compatriotes, par un hommage public rendu à la victime, vint trouver Gélase, pieds nus, au milieu de l'hiver, afin d'obtenir de lui la permission de prêcher la parole de Dieu partout où il le voudrait; et le futur archevêque, le fondateur d'un grand ordre nouveau, le généreux jeune homme dont la vocation s'était révélée aux pieds d'un pape prisonnier, reçut alors d'un pape exilé sa mission définitive \

Là se rendit également un religieux destiné, lui aussi, à une grande célébrité, le moine Suger, de l'abbaye de Saint-Denis, qui avait été chargé par le roi Louis de France d'offrir au saint-père comme les prémices de son royaume% et de convenir avec lui d'une entrevue à l'abbaye de Vézelay.

L'abbé de Cluny donna au pape trente chevaux;

1. Cursore e Pisis emisso.... proprium et spécial cm filium.... Equitaturas et alla quam maxima elcgantissime ministrasti.... in

tuse solo nativitatis, quod patcr tuus Petrus potens et nobilis cornes Merguliensis juri npostolorum Pétri et Pauli contradidit et indc accepit, ut papam officiosissime confovisti.... qui dcnuo convalescens.... Dibl. Cluniac, 1. c.

2. Hugo, Vit. S. Norbert., ap. Rollan'd. Act. SS. Junii, VI, p. 821. — D'après un passagede la Chronique Ursperg., ann. 1118, Norbert passait alors pour convers bénédictin, nosler conversas in peregritio habifu.

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