Zelo Dei innammutus et gladio Dei verbo accinctus. Ibid
-i Si, domine rex, negare vis.. . paratus sum sub testimonio religiosorum virorum qui inter te et me fucrunt jurare.... Ih/d.
5. Cumque omnium testimonio vinceretur, tandem compulsus est confiteri quod prius negaverat.
G. Imo palam onuiibus denuntians, ut in exhibitionc militia' et
ne pouvait que s'accroîlre par l'ahandon de prélenlions tout à fait contraires à la loi de Dieu. Henri se radoucit alors; niaisil demanda un délai jusqu'au lendemain, afin, disait-il, de conférer, pendant la nuit, avec les princes; il témoigna surtout le désir de voirCalixte. Les envoyés du pape cherchèrent à entretenir Henri Y à part; mais, toutes les fois qu'ils' l'essayaient, ils étaient aussitôt entourés d'une foule de gens de cour, qui brandissaient des lances et des épées pour les intimider \ et ne rappelaient que trop à leur souvenir les scènes violentes de Rome huit ans auparavant. Aussi, les envoyés pontificaux eurent-ils grand soin de tenir le pape éloigné du lieu de la conférence, de peur qu'il n'eût à subir le sort de Pascal II.
Les officiers impériaux ne manquèrent pas d'élever des difficultés au sujet de l'absolution que leur seigneur devait recevoir, disant qu'il serait intolérable de voir un empereur se présenter nupieds, comme les autres pécheurs pour demander l'absolution*. Les prélats promirent d'intervenir auprès du saint-père pour qu'il reçût Henri V secrètement et chaussé.
cicleris omnibus, in qiiibus tibi et antecessoribustuis servire consueverant, modis omn;bu.s deserviant.
1. Lanceas gladiosque suos vibrantes.... patrem patriim solerter et oculis ejus occultavimus, nnemores quam fraudulenter, etc. Discours dv cardinal de Crcma an concile^ ap. Ordeu.
2. Durum sibi, innmo imporfabile vidcri, si moro aliorunn, midis pedibus, dominas suus ad absohitioncm accoderet. IIesso, 1. c.
:jS-2 les prédécesseurs de CALIXTE II.
Après toute une journée passée en interminables pourparlers (vendredi, 24^ octobre), les prélats revinrent auprès de Calixle, qui, désespérant de la paix, voulait s'en retourner immédiatement à Reims. Mais, à la prière du comte de Troyes et d'autres seigneurs, le pape attendit jusqu'au lendemain, samedi 25, à midi.
Dès le point du jour, les prélats allèrent chercher la réponse de l'empereur. L'éveque de Châlons lui dit que, dès la veille, ses collègues et lui auraient eu le droit de se retirer, puisque le prince avait juré d'exécuter, ce jour-là même, les stipula* [ions arrêtées, mais qu'ils n'avaient pas voulu, à cause du relard d'une seule nuit, rendre impossible le bien qui se pouvait encore faire. Ils ajoutèrent que, si l'empereur voulait tenir sa promesse, le souverain pontife était prêt à accomplir la sienne ^ A ces mots, Henri V s'écria avec colère qu'il consentait à la libre élection des évêques et des abbés, mais qu'avant de renoncer à l'investilure des biens ecclésiastiques % il était indispensable qu'il convoquât une diète générale des princes, pour obtenir leur consentement. Henri ne voulait pas se souvenir que la diète de Tribur venait tout récemment d'au-
1. Ileri quidem, domine rex,. cum justilia posscmus a te rocedere, etc. Ibid.
2. Ilesso ne mentionne pas cette distinction, que nous croyon> cependant probable, et qui est formellement énoncée par Roger de lloveden, Ann. Anglic. ap. CoticiL, XII, 1308.
loriser le prince à traiter, d'après les préliminaires arrêtés à Strasbourg, préliminaires (jiii reposaient sur Tabandon des investitures. Convaincu de la mauvaise foi d'Henri, Tévéque de Cliàlons lui dit donc : « Comme ces demandes de délais prouvent « que vous refusez de tenir vos promesses, qu'il n'y « ait plus désormais rien de commun entre vous et « nous^ » Là-dessus, le prélatse retira, sans prendre cauxteii autrementcongé,etil rejoignitlcsaint-pèrequipartit dansundiùieau aussitôt de Mouzon})our gagner, en toute hâte, un autre château du voisinage, appartenant au comle de Champagne-. Henri, en apprenant le départ de Calixte, envoya supplier le comle de le retenir en ce lieu pendant la journée du dimanche, protestant qu'il accomplirait sans faute, le lundis la promesse qu'il avait tant de fois faite et retirée \ Mais le pape, indigné, répondit : « J'ai accompli par amour « de la paix, ce qu'aucun de mes prédécesseurs, « que je sache, n'avait encore fait : j'ai quitté un c< concile général assemblé pour venir, avec une « grande fatigue, rejoindre cet homme en qui je « ne trouve aucune disposition à la paix. Je ne veux « donc plus l'attendre : je vais retourner le [)bjs « vite possibleprès de mes frères ; mais, soit durant
1. fjuiasœpe iiiducias quîorendo, qiuc promisisti impicre clis.^imulas, nihil iiobis et tibi amplius : rcvcrtar ad dominuin papaiii. IIksso.
"1. Peut-être Vouziers. Le comte de Troycs, ou de Cliampagiie, était Hugues 1« , qui se fit plus tard teujplicr.
3. Pioniitteus se facturuui ouuiiuiodis l'eiia II iiuod tolies abncgavcrat. IIi>so,
584 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. « le concile, soit après, si Dieu nous accorde une (( vraie paix, je serai toujours disposé à recevoir « l'empereur à bras ouverts ^ »
Comme les prélats craignaient que Henri ne voulût poursuivre Calixte II avec toute son armée % le saint-père se mit en chemin, dès le dimanche 16 octobre, avant le jour, et il marcha si vite qu'il arriva à Reims, après un trajet de vingt lieues % assez tôt pour célébrer la messe et sacrer, le même jour, évêque de Liège, le candidat repoussé par l'empereur \
Après deux jours de repos, pendant lesquels le cardinal Jean de Créma fit au concile la relation du mauvais succès de leur voyage, Calixte rouvrit les sessions, et, le mercredi 29 octobre, il fit lire les cinq canons ou décrets que le concile devait rendre et qui résumaient et confirmaient les conquêtes faites en faveur de la liberté et de la discipline de l'Église depuis Grégoire YII.
1. Fcci, fratres, pro desiderio pacis.... ad hominem istum cum multo labore perveniens, ea quœ pacis sunt in eo non inveni. .. Si aulem in concilie vel post concilium, veram pacem Deus nobis dede rit, paratiis ero suscipcre et aniplecti. IIesso.
2. Iter rcpedandi, inmio fugiendi, velocitcr inivimus, quiiicliam ne formidabiliter tyrannus cum mullis legionibus quas secum ducebat persequeretur, nosvalde timuimus. Bccil du cardinal de Créma, ap. Ordebic, 1. c.
5. Tanta feslinatione Remis risque cueurril, itl viginti Icitcis consianmatis cadem die Bemismissam cchhrarct. IIesso. Il y a bien vingt lieues de Mouzoïi à Reims; mais le p;ipc ne les fil pas dans la même matinée, puisqu'il avait passé la nuit du samedi au dimanche dans im château du comie de Champagne en deçà de Mouzon.
LKS PKÉDKCKSSKURS DE CALIXTi: II. 58:i
Le premier canon interdisait la simonie sous toutes les formes; le second les investitures; le troisième maintenait Tinviolabilité des donations et obhuions faites à TEgiise; le quatrième défendait de léguer les bénéfices comme par droit héréditaire et de rien exiger pour les baptêmes et les autres sacrements et la sépulture ; le dernier imposait la continence à tous les clercs \
Chacun des canons prononçait l'ana thème contre tout violateur de ses décisions. Lorsqu'on lut le décret relatif aux investitures, dont les termes interdisaient aux laïques celle des églises et des biens ecclésiastiques, il s'éleva un grand murmure^ de la part de quelques ecclésiastiques et de nombre de laïques, car ils s'imaginaient que le pape
1 . Celte loi trouvait encore de la résistance dans certaines contrées, et surtout en Normandie, où l'archevêque Geoffroy de Rouen, ayant voulu proclamer ce canon dans un synode tenu dans cette ville en 1119, trouva une telle résistance chez ses curés, qu'il en résulta une émeute sanglante dans la métropole môme. Ordeu. Vital, 1. XII.