mai
2. Convocavit regni proceres, et majores episcopos et abbates et vires relij^nosos.... eteommuniter et concorditer elegerunt..,. Roder. ToLET., 1. VI, c. 24.
3. Bauon., ann. 1093, c. 10. Une chronique citée par Baronius le qualifie de « in conversatione Cluniacensis abbatis obedientiarius. »
4. Labore populi christiani. Diplôme donné à Anagni, le 15 octobre 1088. On peut voir dans rarclievêque Rodéric de Tolède, 1. VT,
Bernard et les autres moines de Cluny établis en Espagne, et dont l'ascendant y était très-considérable, contribuèrent de tous leurs efforts à la substitution de la liturgie gallo-romaine au rit mozarabe \ Un autre moine français, Adelme% abbé de la Chaise-Dieu, avait assisté, avec l'armée du roi de Castille, au passage du Tage. Monté sur son âne, il s'était élancé dans le fleuve débordé, en chantant le verset du psalmisle : lli in curribus et hi in eqnis : nos autem in nomine Domini. L'exemple du bon moine fit honte aux soldats effrayés; ils suivirent l'étranger à la nage, et le fleuve fut ainsi franchi par toute l'armée chrétienne^.
Adelme s'en alla, pied nus, jusqu'à Rome, d'où il revint se cacher à l'abbaye de la Chaise-Dieu*.
0. 26, la curieuse histoire de la colère du roi Alphonse contre le primat Bernard, parce que celui-ci avait transformé en église la grande mosquée qu'Alphonse avait juré de laisser aux Maures ; Alphonse voulut le faire brûler vif en expiation du parjure commis; mais les Maures eux-mêmes, craignant l'indignation des chrétiens, obtinrent sa grâce. Bernard remplaça comme légat en Espagne un autre moine, Kichard, abbé de Marseille, dont on a parlé au livre précédent.
1. Monachi Cluniacenses, qui magna in Hispania auctoritate poliebant, quique natione Galli erant, usus Gallicos, quantum poterant, introducebant. Pagi. ad. ann. 1091, c. 11.
2. Adelme était né à Loudun, en Poitou, et de très-grande maison. Ingenuitate conspicuus... parentes ejus cum secundum sœculi pomporam gloriam illustres fuissent. Act. S. S. 0. B., t. IX, p. 860.
3. Radulfus, auct. Vit. S. Adelmi, in Act. SS. 0. B., t. IX, p. 870.
4. Balteum militare.... prsecinxit, in cujus status exercitamentis nonnuUos sago miles, corde monachus, transegit annos.... Ne ab amiois detineretur, intempeste nocte, cum armigero quodam suo.... clam discessit. Aliquantulum progressus, permutatis cum comité vestibus preciosis, nudis pedibus itcr arripiens, etc. Ibid., 867.
80 Ll!:S PRÉDÉCESSEURS DE CÂLIXTE IL
Le bruit de ses vertus et de ses miracles franchit les Pyrénées : la reine Constance, femme d'Alphonse YI, conjura son mari de faire venir le saint moine en Espagne, dans l'espoir que son exemple sanctifierait leurs peuples. On lui donna, aux portes de Burgos, une chapelle et un hôpital qui devint une abbaye célèbre, sous le nom de Saint- Jean de la Vouga, où il acheva sa vie au milieu des exploits de la charité et de la pénitence', mais non sans avoir préalablement propagé la stricte observance de la règle bénédictine, suivie à la Chaise-Dieu en ce temps-là. Les Français semblent avoir été appelés, à cette époque, à prendre une part glorieuse et considérable à la restauration catholique de l'Espagne : d'un côté de saints moines, i'Espa?ne. ^^ l'autre de nombreux chevaliers, étaient accourus de toutes les provinces de la France, à l'appel d'Alphonse', lorsque l'invasion des Almiravides vint donner une nouvelle force à la domination sarrasine dans la Péninsule. Parmi ces Français se distinguait surtout le Normand Guillaume \ La présence ou l'influence des hommes de cette race
1. Gloriosis facinoribus aulam et urbes illustrabat. Ibld., 8G9. — Les Espagnols le vénèrent sous le nom de saint Élesmes. Il mourut en 1097.
2. Hoc accepto nuncio Gallorum proceres certatim milites congregant ; denique tam urbana quam rustica plebs se offert. Milites vero grej-atim convenientes, etc. Le seul bruit de leur arrivée met en fuite les Sarrasins. Fragm. histor., ap. Dcchesne, Scrijyf., t. IV, p. 88.
5. Interquos unus Guillelmus.... qucm vidimus, et erat Normannus. C/iroii. Malleac, ad ann. 1087.
bcb
moines français
concourent
l;i restauration
«atliolique
de
en Espagne, comme en Italie, y indique presque toujours la prépondérance d'un sentiment profond de dévouement à l'Église romaine ; et, en effet, telle avait été la conséquence de Talliance des Normands et des Catalans, par le mariage de Raymond Bérenger IIÏ, comte de Barcelone, avec Matliilde, fille de Robert Guiscard ^
Raymond voulut, en 1090, faire don de tout son comté à l'Église romaine, se déclarant tributaire et vassal du successeur de saint Pierre, tant par amour de Dieu et des apôtres que pour mieux garantir son indépendance à l'égard de toute autre puissance-. Il y ajouta le don spécial de la ville de Tarragone, où le pape Urbain s'empressa de rétablir l'ancienne métropole, supprimée depuis près de quatre siècles par suite de la conquête musulmane. « Le Seigneur est juste, disait le pape dans (( le diplôme relatifà cette reconstitution, il est juste « et saint dans tout ce qu'il fait ; et, bien que ses « jugements soient souvent incompréhensibles, « c'est lui qui règle les révolutions des royaumes