‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 244 sur 267 · Autograph. Vatican, ap. Dauon., aiin · texte numérisé non relu

Autograph. Vatican, ap. Dauon., aiin

2. Teutonici regni , qui ad rcgnum pertinent ; c'est-à dire du royaume germanique, et non pas des autres pays tels que l'Italie, la Bourgogne, le royaume d'Arles, qui relevaient également du Saint- Empire romain, mais sans faire i)artio de l'Aliemagne.... 1/empercur, au contraire, avait concédé la liberté des élections in omnibus impcrii nici parlibus. Cl". Gehvais, I, 540.

MOINES d'ocC. VII, 40

m<j LES PRÉDÉCESSEURS DE GALIXTE II.

« tous ceux qui sont ou qui ont été de ton partie » Ce grand acte fut consommé avec toute la publicité que comportaient alors les événements delà vie politique, et avec le concours de tous les hommes libres qui constituaient la nation gcrmanique^

1. Il semble résulter de ces diverses dispositions qu'en Allemagne ces prélats librement élus devaient recevoir l'investiture des régales par le sceptre avant d'être sacrés, mais du consécrateur la crosse et l'anneau. En Italie et ailleurs, les prélats devaient être sacrés avant d'être investis par le sceptre. Toutefois, on ne voit pas, selon Gervais, un seul exemple d'un prélat italien qui soit allé chercher cette investiture auprès de l'empereur.

2. Rappelons, à cette occasion, que la nation germanique se composait, aux onzième et douzième siècles, de sept catégories ou classes, désignées sous le nom de Heerschilde ou boucliers, et dont la réunion formait les diètes générales et d'élection :

1° Le roi électif, qui prenait le titre d'empereur, après avoir été sacré en cette qualité par le pape;

2° Les princes ecclésiastiques, évêques et abbés, qui, au temporel, ne pouvaient être vassaux que du roi ;

5^ Les ducs, qui pouvaient être vassaux des princes ecclésiastiques;

4° Les comtes et libres barons, égaux en rang aux ducs, mais qui pouvaient être leurs vassaux, lorsqu'ils tenaient quelque partie de leurs terres en fief. Les trois premières classes composaient la haute noblesse, der hohere Adel, ce qu'on a nommé depuis les princes et seigneurs immédiats. Il est probable qu'ils prenaient seuls part à l'élection des rois;

5» Les Miltelfrcie ou bannerets, qui n'appartenaient pas, par leur naissance, à la haute noblesse, mais qui avaient des hommes libres pour vassaux : c'était la noblesse ordinaire;

C° Les simples chevaliers ou nobles, minisicriales, sans vassaux ;

7° Les hommes libres, ingenui, vassaux de la haute et moyenne no~ blesse, mais non serfs. Il y avait beaucoup de nobles dans les villes ; mais les bourgeois non nobles, quoique très-influents déjà par leur ricliesse et leur esprit belliqueux, ne firent partie que plus tard du corps politique de l'empire, lors de la création des villes impériales. Le peuple des campagnes était en général attaché àla'glèbc [Leibcigener)

LES PRÉD;ÉCESSEURS [DE CALIXTE II. Oi7

Le monde a vu rarement un spectacle plus noble Grand specucie et plus touchant que celui dont les bords du Rhin ^"ùu r.hin. furent témoins, lorsque princes, comtes, évoques, chevaliers, moines, prêtres, soldats et bourgeois, se réunirent dans la vaste plaine où coule, près de Worms, le plus beau fleuve de l'Europe. Au milieu de cette innombrable multitude^, l'empereur Henri V parut, et, s'humiliant en présence de tous, pour l'amour du Christ, il remit au vice-gérant du pape', et, par cet intermédiaire, au Seigneur Jésus lui-même, Sl'acle par lequel il abandonnait pour toujours à l'Eglise son ancien droit, et recevait en échange la concession du souverain pontife '. Les

avec des droits, des services et une juridiction réglée, qui ne permet pas de confondre cet état avec le servage tel qu'on le voit exister en Russie. Il y avait aussi des paysans tout à fait libres. Les six Heerichilde se réunissaient, en général, autour du roi, aux trois grandes fêtes de Noël, Pâques et la Pentecôte.

Les duchés qui représentaient les anciennes races dont se composait le peuple tcutonique, avaient en outre leurs diètes particulières. Il y en avait sept : la Franconie, la Saxe, la Souabe, la Bavière, la Carintbie, la haute et basse Lorraine. Il y avait six archevêchés (Mayence, Cologne, Trêves, Magdebourg, Saltzbourg, Brème) et trente-cinq évêchés. Giehuorn, Deutsche Staats und Redits Geschichte, § 29 i. Stentzel, t. I", p. 727 à 755. Pleffel, Abrégé du droit public d^ Allemagne : remarques sur les 5« et G® périodes .

1, Propter infiiiitse multitudinis [conventum loco campestri juxta Rlicnum. Chroii. Ursp.^ 1. c.

2. Ostiensem episcopum viccm domini Apostolici pcr omnia tcnentem. Ibid.

5. Qualiter.... humiliatus pro Christi coram mullitudine maxima abnegavcrit, et in manus Episcopi. .. ac peripsum domino.... suœqne in perpetuum jus Ecclesiœ dimiserit, rursusquc quule sibi.... auctoritas apostolica conccsserit. Ibid,

deux documents furent lus à la foule assemblée \ et aussitôt, toute cette multitude, toute cette armée catholique, animée d'un même sentiment, tomba à genoux, dans un transport de joie indicible, pour louer Dieu de la conclusion de la paix, tandis que le cardinal Lambert d'Ostie donnait à l'empereur et à tous les siens l'absolution, puis le baiser de paix et la sainte communion \

Après que l'empereur eut juré entre les mains du légat d'observer toutes les conditions des traités, il reçut de nouveau le serment de fidélité des princes, serment dont ils avaient été dégagés par décret du concile de Reims, et il leur jura, à son tour, de respecter leurs personnes, leurs possessions el leurs justices particulières'. L'assemblée se sépara au milieu d'une satisfaction universelle, et l'empereur alla n Bamberg' recueillir les suffrages de ceux d'entre les princes qui n'avaient pu se trouver à Worms. Leurs votes furent unanimes, et, avec leur consentement, Henri donna, pour la première fois, l'investiture des régales par le sceptre, conformément au privilège apostolique, au nouvel abbé deFulda, régulièrement et librement élu par les princes '. De

1, Scripta atque rescripta.... lecta sunt, data et accepta. 7^/r/.

2. Post muUimodas laudes rcrum Gubernatori redditas, celebratis a domiio Osliensi divinis sacramentis, inter quîc.... cum pacis osculo sanctiKiuc communioiie plenissiine rcconciliavit.... Disce^sum est ab omnibus cum infinita lœtitia. Ibid. Cf. Gervais, I, 348.

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