‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 245 sur 267 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

T). Cum conscnsu prfcscntium principum electione regulari prœ-

là l'empereur envoya une ambassade solennelle, avec de riches présents, à Calixle, comme à son cher cousine Quant à Tantipape Burdin, il n'en fut point parlé; nulle réclamation ne fut élevée en faveur de ce malheureux qui avait consenti à servir d'instrument à l'asservissement de l'Eglise et au rétablissement de tous les abus détruits par Grégoire VIÏ. Selon le mode d'équité ordinaire ici-bas, Burdin fut trahi et sacrifié par ceux-là mêmes pour qui il avait trahi et sacrifié l'Eglise.

La joie de Calixte ne fut ni moins vive ni moins ta

légitime que celle qui transportait l'Allemagne. A "^ aussiVofonde l'active et indomptable énergie qu'il avait déployée ceiiedespeupics. contre les usurpations impériales, avant comme après son exaltation au trône papal, l'éminent pontife avait su à propos substituer un esprit de conciliation et de miséricorde, dont la victoire la plus complète fut la conséquence et le prix. Il répondit à Henri dans les termes les plus affectueux, en le félicitant d'être rentré, après une si longue résistance, dans le sein de l'Eglise et d'avoir humblement obéi à ses décrets salutaires". « Nous t'ouvrons, lui disait- « il, comme à un fils de Saint-Pierre, les bras de

missa.... ejusdem congregationis frater.... juxta privilegium pncscriptum regalia vel iiscalia eidem cœnobio pertinentia ab imperatore suscepit. Chron. Ursp., 1. c.

1. Domno Apostûlico Calixto, consaiiguiiieo scilicet jain sibi mitissimo. Ibid.

'2. Te jamdudum nimmm reluctantem.... Lettre du 15 décembre 1122, in Conc. XII, 1531.

« notre paternelle affection, et nous voulons d'au- « tant plus chérir ta personne et honorer ta cou- « ronne, que tu as obéi plus dévotement que tes préce décesseurs à l'Eglise romaine, et que tu nous es « plus étroitement uni par les liens du sang. Fais « donc en sorte, très-cher fils, que nous puissions c( jouir l'un de l'autre dans le Seigneur, et réfléchis « combien cette longue discorde de l'Eglise et de « l'empire a nui aux fidèles de toute l'Europe et com- « bien notre univers sera fécond en biens, avec le c( secours de Dieu. . . Nos frères les évêques, les cardi- « naux et tout le clergé romain se joignent à nous « pour te saluer, toi, tes princes et tes barons\ » Concile Ensuitc, pour imprimer à cette paix le sceau de

la confirmation la plus solennelle, Calixte 11 convoqua au Latranun concile œcuménique, le premier qui ait été tenu à Rome avec ce caractère*. Le concile s'ouvrit pendant le carême de 1 1 25 (le 1 8 mars) , et on y compta presque tous les prélats de la chrétienté% trente-deux cardinaux, plus de trois cents évêques et de six cents abbés* venus de toutes les

1. Nos ergo te in B. Pétri lilium paternîc affectionis brachiis te suscipimns.... Age ergo, fili carissimc..- perpendat imperialis cxcellentia tua, quantum diuturna, etc....Europse fidelibus intulerit detrimentum. IbUL

2. On le compte pour le neuvième des conciles œcuméniques et le premier du Latran en Occident. Fleury, 1. 67, n° 51. — Ilist. litt., t. X, p. 527.

3. V. leur nom au bas du diplôme sur la juridiction métropolitaine en Corse. Coiic. XII, 1542.

4. SiMÉoN Dv^iEui., de gesl.Angl., ann, 1122. L'itra montanos omncs

œcuménique au l.alran.

contrées du monde chiétien. Dans cette auguste et immense assemblée le pape fit lire le concordat de Worms, qui fut ratifié et approuvé par l'unanimité des mille prélats présents ^ Calixte, de l'avis du concile, prononça ensuite l'absolution de la sentence d'excommunication dont l'empereur avait été frappé par les quatre cent vingt-sept prélats du concile de Reims ^; puis il canonisa le saint moine Gebbard, évêque de Constance, qui avait été si longtemps l'indomptable champion de la liberté de l'Eglise en Allemagne contre Henri lY et Henri Y^ ; enfin il publia vingt-deux canons destinés, comme ceux de Reims, à consolider les nouvelles conquêtes faites au profit de la discipline et de l'indépendance de l'Eglise, à garantir les propriétés, à maintenir la liberté et la pureté de ses ministres. Par le vingt et unième de ces canons, le mariage des prêtres, de tout temps prohibé dans l'Eglise latine, mais que Grégoire Yll le premier avait su déraciner, reçut un dernier coup : l'engagement dans les ordres sacrés fut déclaré empêchement dirimant au mariage*. Le plus nouveau de ces défère episcopos, et archiep'scopos, et abbates, et totius ut ita dicain Italitc ecclcsiaruin pastores. Falco Benevent., Cliron. anii. 1123.

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