‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 247 sur 267 · Mort en · texte numérisé non relu

Mort en

5. Mort en 1107. Order. Vit., passini. Mabill., Aitn., 1. 05, n. 07. G. Balderic, archevêque de Dol, fait de cet abbé un grand éloge.

Ap. Mabill., Ann., 1. 71, n. 53, et Nciistria Pia, c. 53. 11 y avait surtout un religieux célèbre par sa science, Adhelnie, d'abord moine à Flaix ou Saint-Germer en Picardie : Litlcris libcralibus apprime eruditus. Order. Vit., 1. VIII, p. 709.

7. Le plus célèbre des abbés qu'elle fournit à l'Angleterre, après

LES PRÉDÉCESSEUPxS DE CALIXTE II. GIT

mantlie. On y cullivait les sciences avec tant d'ar- Los

1 , , • • 1 1 • . • I 1 moines du Hoc

(leur, qu un contemporain, qui liai)itait le pays, .taiom

. • . 1 T .1 • 'les philosophes.

n a pas craint de dire que presque tous les moines jes

de celte communauté privilégiée pouvaient passer ,iessiv;mis. pour des philosophes, et que les moins cultivés d'entre eux étaient capables d'en remontrer aux grammairiens les plus infatués de leur mérite ^

Si la règle des nouveaux religieux de la Chartreuse s'opposait à ce qu'ils eussent des écoles, ils en dédommageaint la science par l'ardeur qu'ils déployaient à copier, à répandre les manuscrits. La bibliothèque qu'ils avaient formée était réputée une des plus riches de l'Ordre Monastique, où l'on en comptait pourtant un si grand nombre ^

Les abbayes de filles elles-mêmes entretenaient non-seulement des écoles, mais des bibliothèques, et l'on n'y donnait le voile qu'à celles qui savaient le latin '\

saint Anselme, fut Gislebcrt Crespin, petit-fîls du comte de Brioiine et abbé de Westminster.

1. Sic ex bono usu in tantam Beccenses cœnobitœ studiis literarum sunt dediti, et in quœstione seu probatione sacrorum œnigmatum utiliumve sermonum insistunt seduli, ut pêne omnes videanlur philosophi, et ex collocutione eorum etiani qui videntur inter eos illiterati et vocanlur ruslici, possint ediscere sibi commoda spumantcs grammatici. Ord. Vit., 1. IV, p. 24G.

'2. L'Histoire lUléraire cite surtout pour cette époque les bibliothèques de Saint-Père de Chartres, de Fleury, Corbic, Vendôme, Sainl-Victor de Marseille, Saint-Pierrc-lc-Vilde Sens, et Saint-Reiny de Reims. On peut en voir la longue cnuinération au t. IX, p. 140 et suiv. de cette Histoire.

3. llist. litl. de Fr., t. IX, p. 127-129. On vantait les religieuses

Guilhmiae

lie Chaïupeaux

ol les

écoles do Paris,

Les chanoines réguliers, de plus en plus assimilés, danscetlepériode,auxenfantsdesaintBenoît, ne le cédaient en rien aux moines de cet ordre. Aucune école en effet ne fut plus célèbre ni plus fréquentée que celle qui se forma autour de l'illustre afflifeni Guillaumc de Champeaux, lorsque, après avoir os étrangers, longtemps profcssé la dialectique et la rhétorique à l'école de la cathédrale de Paris, il abandonna le monde pour fonder l'abbaye de Saint-Victor*, d'où, plus tard, on le vint chercher pour le placer sur le siège épiscopal deChâlons et pour l'employer comme plénipotentiaire de l'Église dans la lutte de la papauté contre Henri Y. Personne n'ignore que l'éclat jeté par l'enseignement du célèbre professeur de rhétorique et de dialectique avait attiré à l'école de Paris une telle multitude d'élèves, qu'il devint impossible de les conserver dans le cloître où

d'Admont comme valcle litcratœ et scienlia S. Scriplurœ mirabiliter exercUatœ. [Uist. nigr. Silv., II, 91, ap. IIurteb, III, 580.) Ce titre de literaiie était ordinairement employé pour distinguer les religieuses de chœur des convcrsœ, qui s'occupaient plus s[)écialement des travaux manuels de la maison. Mais, parmi celles-ci même, il s'en trouvait qui savaient écrire et copier des manuscrits. V. IIubter, 1. c, not.412 et p. 52G.

1. Cette célèbre abbaye, dont le dernier vestige a été détruiten 1842, par les soins de l'administration municipale de Paris, et malgré de nombreuses et énergiques réclamations, n'était en 1108, quand Guillaume de Champeaux s'y retira, qu'une celle dépendant de Saint-Victor do Marseille. Elle ne fui érigée en abbaye qu'en 1115, quand Guillaume fut élu évêque de Cliâlons. Elle devint plus tard chef de congrégation, et plusieurs monastères de chanoines réguliers en ont suivi l'observance. Mabili.on, 1. C9, n. 70; Fleuuy, 1. GO, n. 25.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. CiO régnait, d'ailleur-s, la ferveur lapins exemplaire. Ni la diversité des langues et des nations, ni les voyages lointains et dangereux, ni les guerres g(^nérales et privées, ni le contre-coup de tant d'événements contemporains, si graves pour l'Eglise et la société, ne purent diminuer l'activité et l'intensité des études au sein de ces écoles diverses. On en voit une preuve frappante dans le curieux récit que nous a laissé de son voyage, en 1118, Ruperl, alors moine de Saint-Laurent de Liège et depuis abbé de Dentz près Cologne. C'était un des auteurs les plus féconds mais les plus contestés de son temps. Or, ayant appris, un jour, que sa doctrine sur l'oiigine du mal était attaquée par Anselme de Laon et par Guillaume de Cliampeaux, les deux grands lumières des écoles françaises, Rupert prend sur-le-champ la résolution d'aller en France, et, monté sur un pauvre petit âne, avec un seul compagnon \ il pousse jusqu'à Paris pour y réfuter ses redoutables adversaires, au pied de leurs propres chaires. La lutte terminée, le bon religieux s'empresse de rentrer, ce sont ses propres expressions, c( dans sa solitude monastique par la porte de l'o- « béissance^ »

1. Mirum miliimet nunc est illud recordationis meœ spectaculum, quomodo solus ego vili asello résidons, juvenculus,uno tantum puero comitatus, ad exteras tam longe civilates, ad conflictum contra taies profectus sum. Rupeuti Tuitiens s, Comment . in Heg. S. Dened., 1. I.

'2. l'erjanuam obixlientiic eductus. /^«W. 11 trouva Anselme de Laon déjà mort; mais il se rendit de Laon à Cliâlons, où il eut avccl'évêquc

fioO LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE H.

En Angleterre, quatre moines normands, transplantés de Saint-Evroul à Croyland, avec l'éloquent et savant abbé Joffride\ antérieurement professeur à Orléans, s'avisèrent d'ouvrir un cours public dans un grenier, qu'ils louèrent à la porte de la ville de Cambridge. Mais, comme ni ce grenier ni d'autres édifices plus vastes ne purent bientôt contenir la foule d'hommes et de femmes accourue pour les entendre, les moines de Croyland imaginèrent d'organiser renseignement donné par les professeurs sur le modèle des exercices monastiques de la communauté. Ainsi, frère Odon était chargé d'expliquer la grammaire, dès le point du jour, d'après Priscien et Remy ; frère Terric, à prime, la logique d'Aristole, avec les commentaires de Porphyre et d'Averroès; frère Guillaume, à tierce, la rhétorique deCicéronetde Quintilien, tandis que le religieux le plus instruit de la communauté, frère Gislebcrt, expliquait, à chaque férié, les saintes Écritures aux prêtres et aux lettrés^ et, déplus, prêchait tous les dimanches au peuple, malgré son

acerbum conflictum. Les supérieurs de cet ardent polémiste l'envoyèrent de Saint-Laurent à Siegburg où nous le retrouverons plus tard.

1. Sermonem suc more ad populum liabebat, concurrentibus ad eum ex vicinis eliam locis viris et mulieribus, qui, licet Latine vel Gallicc loqucntem minime intclligerent, tamcn in illum intendcntes, \irtute vcrbi Dei et vultu ejus gralia ad lacrymas ita compuncti erant ut, etc. Mabuxon, Ann. Ben., 1. 71, n. 88.

2. Sacras paginas cxponebat litcratis ac sacerdotibus ad ipsius audilorium specialius conflnentibus.... rudis in Anglicana lingua, sed expcdilus et diserlus in Latina et sua Gallicana.... Ib'uL, loc.cit.

peu criiabilude de la laniiiio anglaise ^ Tel fui le commencement de l'universilé de Cambridge, faible Fondation ruisseau devenu bientôt, selon 1 expression d un de

moine français, un grand neuve qui féconda toute l'Angleterre".

Ce n'était donc pas seulement, comme on le voit, la ihéologieque les moines étudiaient et enseignaient. Ils embrassaient, dans leurs études, l'ensemble de ce qu'on nommait alors les sept arts libéraux^ c'esl-à-dire la grammaire, la rbétorique, la dialectique, d'une part, et la musique, l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie de l'autre^. Ils y ajoutaient l'étude du droit et de la médecine, et l'on vit se former au sein des cloîtres de savants jurisconsultes, et des médecins renommés*, dont on •venait de très-loin interroger la science et qui la prodiguèrent à tous, jusqu'au jour où l'exercice public de ces deux professions fut interdit aux moines par le concile de Reims en lIoP.

Plus d'un des codes locaux, connus sous le nom de Coutumes, eurent alors des moines pour au-

1. Ex i?to itaque fonte parvo, qui crevit in fluvium jani magnum, videmus nunc Isetificatam civitatem Dei, et totam Angliam factam frugiferamper plurimos magistros ctdoctores de Cantabrigiaexeuntes ad similitudineni sanclissimi paradisi. Petu. Blese.nsis, ap. Ann., l. c.

1. On sait que les trois })iemiers formaient le Irlvium ou enseignement primaire, et les quatre derniers le rjuadrivium ou enseignement secondaire.

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